Bernard Bosc ; « Il faut un consensus »

Les Bars à Ambiance Musicale (BAM) toulousains vont-ils rouvrir leurs portes toute la nuit les samedis et veilles de fête ? Le Tribunal Administratif vient en effet d’annuler l’arrêté pris en février 2009 obligeant ces établissements à fermer à 3h du matin. Dans un communiqué, la Préfecture de la Haute-Garonne fait savoir qu’elle «procède actuellement à l’étude des incidences de cette décision, dans la perspective d’un appel devant la cour administrative de Bordeaux.» Pour Bernard Bosc, Président des Cafés-Brasseries au sein de l’UMIH 31 (Union des Métiers et des Industries Hôtelières), l’heure n’est pas au triomphalisme mais à la vigilance et au consensus. Interview.

 
Bernard Bosc, que pensez-vous de la décision du Tribunal Administratif ?
C’est une grande et bonne surprise pour les malheureuses affaires qui ont subi de plein fouet cette interdiction. Mais il ne faut pas faire de triomphalisme à outrance. C’est un nouveau challenge qui s’offre à nous. Il va falloir en être dignes.

La Préfecture de la Haute-Garonne envisagerait un appel devant la cour administrative de Bordeaux. Que ferez-vous si cette dernière vous donne tort cette fois-ci ?
Pour l’instant, nous n’en sommes pas là. Vous savez, j’étais très pessimiste sur ce dossier, je ne pensais pas que nous gagnerions. Donc aujourd’hui, il nous appartient d’être vigilants, d’éviter tout dérapage, tout abus. C’est ce que je vais dire aux professionnels et notamment au collectif, regroupant une quarantaine d’établissements, qui a porté plainte contre la Préfecture en 2009.

Quand comptez-vous les rencontrer ?

Sûrement après l’Ascension.

Un consensus avec la Préfecture est-il envisageable ?
C’est ce que nous allons, en tant que membres du syndicat de l’UMIH, essayer de trouver, à savoir une solution intermédiaire pour que la Préfecture soit satisfaite, nos professionnels et les riverains également, mais aussi pour que les discothèques ne se sentent pas lésées. C’est un tout. Mais étant donné que ce n’est pas nous qui avons lancé cette procédure, nous ne ferons rien sans l’accord du collectif.

Ne pas revenir à la case départ

A quoi cet accord pourrait-il ressembler ?
Quand cette affaire nous est tombée dessus, nous avions proposé une fermeture à 4h du matin, parce que nous estimions que fermer tout d’un coup à 3h, alors que jusque-là nos établissements étaient ouverts toute la nuit, c’était un bond en arrière trop important. On nous écartelait. Mais ni la Préfecture, ni les discothèques ne se sont prononcées à l’époque. Nous nous sommes retrouvés seuls avec cette proposition et l’affaire a suivi son cours.

Cette mesure avait été prise pour notamment amoindrir les troubles à l’ordre public. A votre connaissance, l’ont-ils été ?
Il semblerait que non. La fermeture à 3h n’a apparemment pas arrêté les dérapages. Je suppose d’ailleurs que le Tribunal Administratif en a tenu compte dans ses motivations.

Quelle sera la marge de manœuvre de l’UMIH dans la décision que vous prendrez aux côtés des professionnels ?
Si les professionnels qui ont été touchés par cette avant dernière mesure, veulent rouvrir toute la nuit, c’est ce qui se fera. Vous savez, c’est très démocratique un syndicat ! Il n’y a aucun moyen de coercition. Je vais simplement leur conseiller d’essayer de trouver une solution pour que dans quatre, cinq ou six mois, tout dépendra de la durée de l’appel, on ne revienne pas à la case départ. Ce serait dommage.

Propos recueillis
par Claire Manaud


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