Béatrice Regnault; Contre la bêtise, l’intégrisme

Après des études de commerce, des certifications à l’Université de Dublin, un Master marketing management au CNAM, Béatrice Regnault débute sa carrière dans le vin et le fret à Bordeaux. Elle part ensuite à l’étranger, (Espagne, Grande-Bretagne, Irlande), où elle s’occupe du lancement de restaurants silver service, et du réceptif haut de gamme. De retour en France, elle pilote des projets de développement dans les loisirs, le tourisme fluvial. Aujourd’hui, Béatrice Regnault est Consultante développement touristique et culturel, Formatrice marketing, en Ingénierie événementielle gastronomie et terroir.

 
Béatrice, qu’évoque pour vous la Journée de la Femme ?
La reconnaissance d’un combat qu’elles mènent depuis des siècles pour exister et sortir de l’ancestrale division sexuelle des rôles et acquérir les droits dont elles étaient privées pour construire, avec les hommes, l’avenir de la planète.

Cette date est instaurée en France depuis 1982. Ressentez-vous particulièrement dans votre métier, des améliorations dans le traitement Homme/Femme ?

J’évolue dans un milieu professionnel assez mixte mais les postes de direction ont toujours été convoités et les hommes se les ont réservés. Aussi, quand on est une femme, il faut toujours en faire deux fois plus et après cela devient un défaut. Mais je constate avant tout que c’est aussi à cause des femmes si certaines choses stagnent. Elles véhiculent elles-mêmes certains modèles et stéréotypes.

Qu’avez-vous fait ce 8 mars ?

J’étais avec mes amis “théâtreux” et Tchékhov. D’ailleurs dans la pièce L’Ours, le créancier provoque en duel sa débitrice et la considère ainsi comme son égale.

Si vous deviez vous battre, ce serait contre quoi ?
Je me bats depuis toujours contre la bêtise, l’intégrisme. Contre ceux qui prennent la religion en otage pour écraser le libre arbitre et justifier une soi disante supériorité masculine. Contre les idées reçues du genre «bleu pour les garçons, rose pour les filles». Contre tout ce qui empêche un individu d’évoluer, de se révéler, d’agir, de vivre. Vous savez, je suis née et ai vécu dans un milieu sans préjugés de sexe, de religion, de couleur, de pensée. J’ai reçu comme modèle familial la complémentarité des talents et l’échange des rôles. J’ai débuté ma carrière professionnelle dans le monde anglo-saxon où vous êtes d’abord jugé au mérite et à la volonté. Résultat, j’ai toujours fait ce dont j’avais envie…

 

Quels sont vos projets réussis, vos références ?
Je dirais : 1ère femme chef de rayon dans un bastion de la misogynie de la grande distribution, une expérience professionnelle européenne, une reprise des études (2 ans) en parallèle à ma vie professionnelle, sortir Major de promotion. La création et la direction d’une compagnie de danses de la Renaissance – créer les spectacles, diriger des talents, les jouer dans des lieux magiques, donner du merveilleux aux spectateurs.

Vous avez un rêve caché à offrir aux autres, lequel ?

Remonter Le Ballet Comique de la Reine et organiser une fête “à la Médicis”.

Si vous aviez un vœu à formuler, quel serait-il ?

«Des filles au masculin, des garçons au féminin» – Arrêter de «se prendre la tête» sur les genres et considérer l’être humain dans son ensemble.

Un projet qui vous tient à cœur ?

L’événementiel gastronomie et terroir. Une manière originale d’animer les événements autour de la table et des 5 sens. Proposer des soirées thématiques, des parcours et des animations pour redécouvrir ses sens, des séminaires gourmands, mais aussi aller à la rencontre des producteurs. Mettre en scène des fêtes des saveurs, organiser des tours du goût… Travailler le bon vivre de la source à l’assiette, promouvoir nos régions, notre patrimoine culinaire, nos produits. Une aventure en équipe avec une autre femme qui partage les mêmes valeurs et surtout qui ne se prend pas la tête.

Un secret à nous dévoiler pour être une femme accomplie ?

Etre entourée, soutenue et épaulée. On ne peut rien faire seule : c’est aussi valable pour les hommes. Travailler en équipe, dans l’échange et la stimulation intellectuelle. Mon plus, ma grande chance c’est mon arme secrète, ma “cher” moitié.

Un message à faire passer aux hommes et aussi un autre aux femmes ?
Dieu créa l’homme et se rendit compte des erreurs. Il créa alors la femme et se rendit compte des erreurs. Il décida donc de les mettre ensemble pour que leur complémentarité réalise de grands desseins…

Propos recueillis
par Véronique Bréchaire


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