Baudis au poste de titulaire en défense

Dominique Baudis était de retour vendredi dernier dans sa ville. Lui, le maire historique, le chouchou des électeurs, était cette fois-ci là pour présenter son nouveau rôle : celui de défenseur des droits. Rencontre avec un homme toujours aussi à l’aise quand il est entouré de briques roses. C’était le cas à l’hôtel d’Assézat où il avait répondu à l’invitation de l’Académie de législation pour y tenir une conférence.

N’est-il pas étrange pour vous de revenir à Toulouse comme défenseur des droits ?

Bien plus qu’étrange… Cela me fait un grand plaisir de revenir à Toulouse, et d’y revenir pour porter des sujets dont je sais qu’ils sont chers à cette ville : la défense des droits de l’Homme et du plus faible. Cela correspond à l’identité toulousaine.

Que cela signifie-t-il d’être défenseur des droits en 2012 ?

En premier lieu, c’est énormément de travail, d’autant plus avec la situation de crise que nous traversons. Il y a des situations que l’on vivait, il y a vingt ou trente ans, de manière fataliste en se disant « C’est la vie … » Aujourd’hui chacun souhaite se défendre et ne plus se laisser faire par le système. Un exemple concret : une femme qui à la suite de sa grossesse et de son congés maternité se voit écartée de ses responsabilités professionnelles. En 2012, les femmes ne laissent plus passer de telles injustices, et tant mieux. Idem pour des personnes qui se voient refuser la location d’un logement en raison de leur origine ou de leur handicap… Il fallait donc une autorité sur laquelle chacun pouvait s’appuyer pour faire respecter ses droits.

S’il y a un défenseur des droits, cela veut-il dire qu’ils sont attaqués ?

Nous devons objectivement le constater. Nous sommes dans une société qui proclame des droits, mais dont on peut remarquer la difficulté quant à leur effectivité. Ils ne sont pas toujours reconnus dans notre vie quotidienne. Il faut donc établir une logique entre les droits théoriques et les droits réels. Il y a bien trop souvent un hiatus, un fossé.

Votre rôle est-il également de médiatiser cette action ?

Bien entendu. L’Institution est nouvelle, et je consacre donc une grande partie de mon emploi du temps à parler, comme aujourd’hui, devant des juristes, des avocats, des étudiants, des associations ou des médias, afin de présenter cette institution d’accès aux droits qui est ouverte à tous et gratuite. Chacun peut nous saisir confidentiellement.

En pleine crise, comment ressentez-vous les Français ?

Au-delà du moral, beaucoup sont «au bout du rouleau. » On nous saisit parfois pour des litiges avec des administrations, qui portent sur des sommes dérisoires de vingt ou vingt-cinq euros. Mais on sent bien à travers les courriers que cet argent va compter à la fin du mois. Ce n’est pas une démarche pour le principe. Ils en ont besoin ! Ce sont des situations de détresse.

Propos recueillis par Thomas Simonian



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