AZF ; Un procès historique pour Toulouse

Le Procureur de la République et le Président du Tribunal de Grande Instance de Toulouse ont présenté l’organisation du procès AZF qui débutera le 23 février prochain.
A procès exceptionnel, organisation exceptionnelle. Un peu plus de sept ans après la catastrophe d’AZF et pas moins de cinq ans d’instruction, le procès tant attendu par des milliers de Toulousains va enfin s’ouvrir. Où, quand, comment ? Trois questions auxquelles Michel Valet, Procureur de la République de Toulouse et Bruno Steinmann, Président du Tribunal de Grande Instance, ont dû répondre. Et alors qu’un Palais de Justice flambant neuf vient d’être inauguré dans la Ville rose, c’est sur la salle Jean Mermoz que les magistrats ont arrêté leur choix. En effet, elle peut contenir jusqu’à 1 200 personnes assises et deux salles supplémentaires seront mises à disposition du public et de la presse.
Le procès débutera de façon certaine le 23 février prochain pour une durée encore inconnue : «Dans une affaire comme celle-ci, personne ne peut dire sérieusement combien de temps le procès durera. On peut dire que 3 à 4 mois est une estimation raisonnable», déclare Michel Valet. Les audiences se dérouleront l’après-midi à partir de 14 heures et ce trois à quatre jours par semaine. Devant l’ampleur des débats prévus, le Procureur de la République a décidé d’augmenter le nombre de représentants de la justice : 5 magistrats au lieu de 3 composeront le tribunal correctionnel et 2 au lieu d’1 seul occuperont le siège du ministère public.

3,5 millions d’euros

Pas moins de 51 avocats assisteront les 229 parties civiles (dont 210 personnes physiques) et les deux prévenus Serge Biechlin, ancien directeur de l’usine AZF, et la SA Grande Paroisse, cités à comparaître pour homicides involontaires, blessures involontaires, destructions et dégradations involontaires. Plusieurs dizaines d’experts et de témoins sont appelés à intervenir. Selon les dernières évaluations, l’organisation du procès devrait coûter dans les 3,5 millions d’euros, dont 800 000 sont destinés aux dépenses matérielles.
Même si l’ampleur du procès AZF représente une première pour Toulouse, les magistrats ne veulent pas lésiner sur les moyens : «Notre souci dans ce procès est de promettre la clarté et la sérénité des débats, en souhaitant vivement que l’audience soit orientée vers la pédagogie», précise Bruno Steinmann. «Le rituel judiciaire ne va pas de soi et le procès ne doit pas se tenir à marche forcée.» Malgré l’impatience des Toulousains, le Procureur de la République se montre quant à lui prudent : «Compte tenu de la somme des souffrances engendrées par la catastrophe, il y aura certainement un décalage entre le jugement rendu par la justice et les attentes des victimes.»

Un dispositif d’information pour les victimes

S’inspirant des affaires du Queen Mary et du Mont Saint-Odile, les magistrats ont mis en place un dispositif d’informations inédit à Toulouse. Deux magistrats référents du Tribunal de Grande Instance sont chargés des relations avec la presse. Dès l’ouverture du procès, un psychologue et des associations seront mis à disposition des victimes. En attendant, la SAVIM (Service d’Aide aux Victimes, d’Information et de Médiation) tiendra à partir du 6 octobre une permanence au Tribunal de Grande Instance les lundis après-midi à 13h30 (06 08 46 02 53). Un numéro de téléphone vient d’être mis en service pour toutes informations concernant le procès : 0820 900 444. Enfin, la Maison de l’Avocat de Toulouse se tient à la disposition des Toulousains au 05 62 17 51 57.

Sophie Orus


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