AZF ; Total sur la piste de l’attentat

L’intervention dans l’affaire AZF de l’ex-magistrat spécialiste de la lutte anti-terrorisme, Jean-Louis Bruguière, provoque la colère de l’association des Familles endeuillées. Pour Maître Daniel Soulez Larivière, avocat de Total, la polémique n’a pas lieu d’être.

 
Hier, des anciens salariés de l’usine AZF ont assigné l’Etat français en responsabilité devant le Tribunal de Grande Instance de Paris. Considérant qu’ils ont été «injustement» mis en cause dans cette affaire et que la piste de l’attentat a été sous-estimée, cette procédure civile avait été engagée fin 2005.
En parallèle à cette action en justice, l’avocat de Total et de Serge Biechlin, (l’ancien directeur de l’usine), Maître Daniel Soulez Larivière, a demandé une consultation écrite de l’ancien juge Jean-Louis Bruguière, spécialisé dans la lutte anti-terrorisme. Cette initiative a fait bondir l’association de Familles endeuillées et son avocate Maître Stella Bisseuil qui s’en est émue auprès des médias : «Il s’agit là d’une tentative de diversion avant le procès en appel du 3 novembre prochain. (…) Notre association rappelle que la société Grande Paroisse a longtemps soutenu comme incontournable la thèse de l’arc électrique. Cette piste a été alimentée par les rapports d’experts de réputation mondiale pour être finalement abandonnée juste avant le procès» est-il précisé dans un communiqué.

 


« Marre des coups médiatiques »

Interrogé sur cette “polémique” qui pour lui n’en est pas une, Maître Daniel Soulez Larivière réagit vivement : «Maître Bisseuil est en train de faire un coup médiatique pour se faire mousser. On plaide dans les journaux ou devant les tribunaux ? J’en ai marre !» Pour ce dernier, l’intervention du juge Bruguière est un non événement : «Après le procès de Toulouse, on a compris un certain nombre de choses et notamment que l’enquête n’avait pas été bien faite. C’est le tribunal lui-même qui le dit. Dans son jugement, il apporte en quelque sorte de l’eau au moulin des salariés en disant qu’ils ont été mis en examen inutilement, injustement, que l’enquête a mal démarré et que le Procureur de la République a raconté des “extravagances”, selon le terme exact employé. Nous nous sommes donc dit qu’il serait peut-être intéressant d’avoir un avis de professionnel sur la manière dont les choses se sont passées. Dans cette consultation, le juge Bruguière dit ce qu’il pense, qu’effectivement des erreurs ont été commises, telles que des perquisitions qui n’ont pas été réalisées assez tôt ou des recoupements téléphoniques qui n’ont pas été faits. Mais ce n’est qu’une des 500 pièces produites devant le juge de Paris. Cela n’a rien d’extraordinaire. C’est simplement un élément technique d’appréciation.»
De son côté, l’association de Familles endeuillées a annoncé qu’elle entendait faire convoquer le juge Bruguière à l’audience du 3 novembre.

Claire Manaud


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