Azf; Sept ans de réflexion…

Toulouse s’apprête à commémorer le septième et bien triste anniversaire de la catastrophe AZF. Mais, cette fois, le procès, qui se tiendra à partir du 23 février prochain, est dans toutes les têtes car sinistrés et collectivités attendent des réponses.
 


30 morts, 2 500 blessés, 30 000 logements endommagés, 1 500 entreprises détruites… L’explosion de l’usine AZF le 21 septembre 2001 est la plus grave catastrophe industrielle depuis la seconde guerre mondiale à Toulouse. A ce jour, 100 000 dossiers d’indemnisation ont été ouverts et Total a déboursé environ 2 milliards d’euros afin d’indemniser les victimes et réparer les dégâts. Mais ce que tous attendent, c’est le grand procès qui aura enfin lieu à partir du 23 février 2009 dans la Salle Jean Mermoz à Toulouse pour sa capacité d’accueil. Car pas moins de 291 entités se sont portées parties civiles pour le procès, du simple individu à l’entreprise en passant par les syndicats. Les victimes d’AZF seront représentées par deux associations dont celle des “sinistrés du 21 septembre 2001”. Pour son président Frédéric Arrou, il faut «dépasser le drame et solliciter la justice pour qu’elle désigne les responsables d’un accident qui ne saurait être le fruit du hasard.»

Dans le box des accusés : Serge Biechlin, ancien directeur d’AZF, et la société Grande Paroisse, filiale de Total. Ces deux entités, respectivement mises en examen en 2006 et 2002, ont été renvoyées devant le Tribunal Correctionnel pour «homicides et blessures involontaires». Douze autres personnes, parmi lesquelles un ouvrier soupçonné d’avoir été à l’origine du mélange chimique fatal, ont bénéficié d’un non-lieu durant l’instruction qui a duré pas moins de cinq ans. Car il s’agit bien pour les experts d’un accident chimique dû au mélange de nitrate d’ammonium et de chlore, thèse réfutée par Total.

 

La mairie, partie civile ?

Mais les associations de victimes comptent également sur ce procès pour faire état de zones d’ombre et évoquer d’autres griefs à l’encontre du géant pétrolier. Remonter la chaîne des responsabilités est une priorité. «Total était propriétaire du site et n’a jamais été inquiété dans cette affaire. Il aurait dû être mis en examen dès l’ouverture du dossier d’information car il est directement responsable de cette catastrophe industrielle», précise l’association dans un communiqué. C’est d’ailleurs dans cette optique que les associations ont porté plainte pour «mise en danger d’autrui» et «entrave à la justice». L’Association de Familles Endeuillées précise que «sous le terme trompeur d’enquête interne, l’industriel a pu se rendre sur les lieux, avoir accès aux preuves, interroger et contacter les témoins. Cette situation a gêné l’enquête officielle et a entraîné la disparition de pièces à conviction importantes.»
Certaines voix réclament également la participation de la ville de Toulouse au procès et que celle-ci se porte partie civile. Lors de son grand oral de rentrée, Pierre Cohen a cependant précisé : «Je n’ai aucun état d’âme, Total est entièrement responsable. Il faut que le procès réconcilie tous les gens qui ont souffert. En ce qui concerne la municipalité, elle a déjà obtenu un bon nombre de remboursements de la part de Total. Je ne vois donc pas la nécessité de se porter partie civile. Ceci dit, nous étudions avec les Conseils Régional et Général les possibilités d’aider ceux qui sont restés sur le bord de la route.» La Ville dispose de cinq mois pour y réfléchir avant l’ouverture d’un procès qui s’annonce lui aussi explosif…

Sophie Orus




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