Avec la santé publique, doit-on être alarmiste ?

Peut-on être vraiment trop prévoyant ? Là serait la question à poser à nos éminents technocrates de salons, si comme toujours, et là comme ailleurs, des intérêts supérieurs ne venaient perturber la logique la plus basique. Car dans ce dossier, ce n’est pas le fait de voir la ministre de la Santé et des Sports Roselyne Bachelot se faire vacciner contre la grippe A qui aura garanti de l’évidence supérieure de se protéger contre le mal. D’autant que d’éminents professeurs de médecine, du même bord politique que notre Ministre, comme Bernard Debré, député UMP de surcroît, avaient d’entrée de jeu interpellé les pouvoirs publics sur le risque de dérive. Ce dernier avait même qualifié le virus H1N1 de «grippette».

 

Force est quand même de constater que la machine s’est trop vite emballée. Quand on sait que notre pays abrite tout juste 1 % de la population mondiale et qu’il a acheté près 10 % des vaccins disponibles dans le monde, on peut raisonnablement se poser des questions qui pourraient faire mal sous peu ? Sans oublier que nous avons en stock, 1/3 du Tamiflu disponible pour la planète, des millions de masques et des tonnes de solutions alcooliques pour se laver les mains d’une manière préventive.

Et puis on nous parlait de pandémie ?

Sauf que la grippe A n’a pas été plus forte que la grippe saisonnière, au contraire même. Rappelons que cette dernière touche, chaque année, plus de 15 millions de personnes et cause, dans le plus grand anonymat, plus de 5 000 morts. Alors aujourd’hui, si force est de constater que l’utilité du vaccin n’est pas en cause, il faut reconnaître quand même que le scénario catastrophe, que l’on nous sert depuis des mois, a de quoi réveiller quelques consciences responsables. Des Français qui en ont assez d’être roulés dans la farine par des pseudos experts qui quand ils se trompent, n’assument même pas leurs erreurs, n’assument pas l’addition.
Et puis, qu’on le veuille ou non, notre Ministre et son état major ont crié au loup trop vite. Ils ont crié beaucoup trop de fois et trop fort pour être encore crédible aujourd’hui. Le plus grave, comme dans la fable, ce sera demain, si la situation de santé publique s’avérait vraiment alarmiste imposait avec raison de crier au danger, combien de Français croiront encore à ce fameux principe de précaution ?

André Gérôme Gallego
Directeur de la Publication
andreg@aol.com


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