Aux armes consommateurs !

Nos chères banques, il y a encore quelques mois étaient au bord du gouffre, implorant l’Etat de les aider à éviter la faillite. Cette situation consécutive à des prises de risques inconsidérées sur les places boursières montrait du doigt un système complètement dévoyé qui faisait de la spéculation l’activité première des établissements financiers oubliant que leur vocation première était d’aider au développement des entreprises tout en soutenant la consommation des citoyens.

 
Les banques dans le collimateur de l’EU

Meglena Kuneva, commissaire européen, responsable de la Protection des consommateurs, a présenté ce mardi 22 septembre un rapport accablant sur les frais bancaires en Europe qui pointe du doigt certains pays dont la France. Cette présentation est réalisée alors que vient d’être publié l’indicateur semestriel de la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) qui indique que les plaintes des consommateurs contre les banques françaises sont en nette augmentation : +15,1 %.
Pour Robert Rochefort, nouveau député européen Mo-Dem et ancien directeur du CREDOC (Centre de Recherche et d’Etude pour les Condition de vie) : «La France figure en Europe, parmi les pays champions en matière d’opacité des frais bancaires. Non seulement, pour certaines banques, nous sommes en présence de frais couteux et incompréhensibles pour leurs clients mais cela va jusqu’à des frais cachés». En fait, l’on observe que pour compenser des pertes dues à leur mauvaise gestion, la solution est simple : faire payer aux clients de nouveaux frais comme la mise à disposition de chéquiers. Au centre de la tourmente financière et médiatique, nos banques ont fait le dos rond, avec notamment l’adoption au niveau européen d’un code de conduite “volontaire” applicable dès novembre. Tout le monde aura compris qu’il s’agit là d’un écran de fumée et que les bonnes vieilles pratiques vont continuer de plus belle même si la situation actuelle est une entorse grave aux droits des consommateurs. Seul un vrai débat au sein de l’UE et un renforcement des règles pourrait déboucher sur du concret.

Arnaques en tous genres

Si l’arnaque du consommateur aujourd’hui se situe bien au niveau des frais dont la bonne compréhension nécessiterait un effort considérable, à l’échelon européen, de formation et d’information des citoyens en matière de gestion budgétaire, ne serait-ce que pour apprendre à gérer son budget personnel et familial en «bon père ou bonne mère de famille», elle ne se limite pas qu’à celà ! Les banques ont obtenu des capitaux astronomiques à 0.5% ou même 0% aux USA, en cadeau des banques centrales avec la bénédiction des Etats, et revendent des prêts de 4% à 20% aux particuliers et aux entreprises en empochant la différence ! Pas étonnant que mois d’un an après, elles soient déjà en mesure de rembourser des capitaux en milliards, alors que des millions d’emprunteurs sont engagés pieds et poings liés, pour parfois 30 ou 40 ans, à rembourser des dettes dont ils ne verront peut-être pas la fin.

 


Prêts à la loupe

Nombreux sont nos concitoyens qui se heurtent à la difficulté d’obtenir des prêts immobiliers. Certes, les banques officiellement ouvrent toujours les dossiers mais ont trouvé une astuce pour freiner les accords. L’arme secrète s’appelle le CNP assurance qui en arrière de l’établissement prêteur couvre le risque. La CNP est une filiale de la Caisse des dépôts dont le titre phare sur internet est : «un groupe public au service de l’intérêt général et de l’intérêt économique». Cet organisme étatique sert de filtre et de paravent aux banques. Si vous avez été opéré de la thyroïde, sans complications… ou si vous avez du diabète ou autre dérèglement de santé, la CNP va vous faire refuser le prêt. Où est l’intérêt général dans ces pratiques ? En fait l’Etat devant les caméras demande aux banques de soutenir l’économie et en off, par le bais de la CNP organise l’inverse… De nombreuses plaintes remontent vers les médiateurs, les associations de consommateurs, des recours s’organisent pour discrimination en matière de santé etc… Dommage que l’Etat vienne encore de refuser le principe des recours collectifs (Class action).

Avis de citoyen

Nous sommes paraît-il en pleine crise, il y a à peine quelques mois, les banques au bord de la faillite imploraient l’aide des pouvoirs publics. Six mois après, leur santé est revenue, elles remboursent les emprunts, repartent dans la spéculation boursière, les traders continuent à toucher des sommes folles, les paradis fiscaux vont bien, la Suisse garde jalousement ses secrets et les Français vivent de plus en plus mal avec des annonces de 6 % de chômage en plus en 2010. Notre dette par habitant est supérieure à 2 000 € ! Qui va les arrêter ? Les urnes en 2010 et 2011 et 2012 ? La réponse est entre nos mains.  

Gérard Arnaudé


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