Attaque du local du Parti de Gauche: Le CLAN dément son implication

 

Le local du Parti de Gauche, rue de Compans, a été attaqué dans la nuit du 27 au 28 octobre.

La semaine dernière, le local du Parti de Gauche toulousain rue de Compans a été attaqué. Vitres cassées et autocollants du CLAN (Comité de liaison et d’aide aux nationalistes) sont les seules traces laissées par le ou les auteurs des faits. Le Parti de Jean-Christophe Sellin dénonce un acte d’intimidation, le CLAN nie toute implication. Cette affaire remet sur le devant de la scène les problématiques liées aux groupuscules d’extrême droite et à leur dissolution. Explications.

 

 

« Dissolution : NON ! Révolution nationale » Tel est le slogan du CLAN, que l’on peut lire sur l’autocollant officiel du comité.       Pour Jean-Christophe Sellin, il n’y a guère de doute sur les auteurs de l’attaque : « Nous avons déposé plainte et les policiers scientifiques sont venus très rapidement pour faire des prélèvements. L’enquête suit son cours, on verra si elle confirme ce que suggèrent les autocollants ». Laura Lussaud, présidente du CLAN, nie en bloc   : « Ces autocollants sont en vente libre sur notre site internet, n’importe qui peut les acheter. Je ne sais pas qui a fait ça, mais nous ne sommes pas derrière cette action. » Elle va plus loin : « Des fois, on a vu la gauche faire ce genre de choses pour pouvoir nous accuser par la suite. » Laura Lussaud ne s’attarde pas sur l’événement, ne se sentant visiblement pas concernée. Elle précise que son association n’est pas un mouvement politique. Mais alors qu’est-ce que le CLAN ? Basé à Lyon, le comité de liaison et d’aide aux nationalistes, a été créé en octobre 2012. Présidente fondatrice, Laura Lussaud explique être « partie d’un constat simple : les nationalistes sont victimes de la répression judiciaire. L’objectif était de créer une entraide entre les militants et de trouver des spécialistes juridiques pour assurer notre défense dans les grandes villes de France. » A Toulouse, c’est maître Pierre-Marie Bonneau qui remplit cette mission. Celui-ci ne souhaite pas s’exprimer sur son implication présumée au CLAN, affirmant n’être « que l’avocat de l’association. » Pourtant, l’homme est connu pour être un proche des groupuscules d’extrême droite. Il a notamment défendu l’ancien leader du Bloc identitaire, Matthieu Clique, en juin 2012 (donc avant la création du CLAN). Celui-ci était soupçonné d’avoir violemment agressé un étudiant chilien lors d’une altercation place Arnaud Bernard. Puis lorsque les Jeunesses Nationalistes (le mouvement jeune de l’Œuvre française)  sont créées, on le voit auprès d’Alexandre Gabriac à Toulouse, venu inaugurer la création d’une section locale des JN en septembre 2012.

 

Des groupes dissous, mais pas morts

 

Aujourd’hui, l’Œuvre française et les Jeunesses nationalistes ont été dissous par le gouvernement. Deux jours avant l’attaque du local, le Conseil d’Etat a confirmé le décret de dissolution du 25 juillet dernier. Mais les deux groupes ne comptent pas s’arrêter là et prévoient un recours devant la Cour européenne des droits de l’homme ainsi qu’une question prioritaire de constitutionnalité. Pour le Parti de Gauche, il est clair que le CLAN « constitue la structure refuge des groupes dissous suite au meurtre de Clément Meric. » Ce que Laura Lussaud dément formellement : « Nous aidons les nationalistes poursuivis devant la justice, ce peut être des anciens membres des JN ou de l’Œuvre française, des militants individuels, des jeunes qui ont manifesté avec la Manif pour tous et même certains du Front national. » Mais l’association n’a pas vraiment de membres à proprement parler et n’organise pas de manifestations ou d’actions pro-nationalistes. « Les seules actions que l’on mène, sont des mobilisation de soutien devant les tribunaux ou les commissariats », précise Laura Lussaud. Et visiblement, ce travail paye car « sur une trentaine de procès où des nationalistes sont en cause, on en n’a pour l’instant perdu aucun et gagné une quinzaine », selon la présidente du comité. Du point de vue des idées, le CLAN est en parfaite adéquation avec les groupuscules d’extrême droite. Laura est elle-même une ancienne militante JN sur Toulouse. Comme beaucoup, elle a adhéré au mouvement après avoir été exclue du Front national. Si certains groupuscules ont été dissous, les militants, eux, sont toujours là. Ils ne sont pas très nombreux, mais n’ont pas arrêté la lutte. Organisés, ils savent diffuser leurs idées largement, notamment grâce à internet et aux réseaux sociaux (les pages Facebook par exemple n’ont pas été fermées). Bref, les nationalistes n’ont pas disparu, loin de là. Dans les colonnes de Libération, Yvan Benedetti, président de l’Œuvre française est presque menaçant : « En dissolvant l’Œuvre française et les Jeunesses nationalistes, ils vont laisser des militants dans la nature, des militants qui seront de potentiels loups solitaires. Ils pourront légitimement, à titre personnel, se lancer dans l’action directe contre des représentants de l’action publique. D’avance, nous contestons la moindre responsabilité dans une affaire comme celle-là.» Voilà qui est dit…

 

Coralie Bombail



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