Vols en série avec violence : ils s’en prennent aux Smartphones

Kenny et Grégory ont été jugés conjointement pour des faits de vols avec violence, en comparution immédiate, lundi dernier, au TGI de Toulouse. Les faits remontent à cet été. Explications.

Le 29 juin dernier, il est 2h30 du matin, rue Bayard. Les deux prévenus étaient avec des amis, dans un certain état d’ébriété, quand Grégory demande à Kenny de voler le sac à main d’une passante. Celui-ci s’exécute, mais la victime résiste et s’accroche à son sac. Elle est traînée sur environ 10 mètres avant de céder. Son ami prend alors en poursuite le voleur avant d’être arrêté par Grégory, qui sort un cutter (ou un ciseau selon la version du prévenu, il lui aurait été donné par un ami pour « sa protection », ndlr) et le blesse à la cuisse. Les deux victimes ont été hospitalisées. Elle, écope de six jours d’incapacité totale de travail pour une blessure au genou. Lui, n’a eu aucun jour d’ITT, « contre toute attente » selon son avocate, « car il n’a pas pu aller travailler. » Encore sous le choc, « il doit faire séances de psychothérapie », précise-t-elle. Le jeune homme a tenu à témoigner devant les juges : « Il me criait « Tu vas mourir, tu vas crever » », raconte-t-il, « aujourd’hui encore, ça m’empêche de dormir et j’ai du mal à sortir dans la rue. » Les deux prévenus écoutent, têtes basses, visages penauds. L’autre victime, également présente ne s’est pas exprimée. Le président leur demande des explications.  Grégory, qui niait les faits jusqu’à cette audition, est revenu sur ses déclarations faites à la police : « Au début, je ne me souvenais pas car j’avais trop bu », se justifie-t-il. Kenny poursuit : « Sur le coup, j’ai pas réfléchi mais ce n’est pas dans mes habitudes de faire ça. J’ai attrapé le sac, j’ai couru et je me suis pas rendu compte que je la trainais… » Tous deux s’excusent platement face à leurs victimes, « si quelqu’un avait fait ça à ma copine, j’aurais pas aimé non plus », affirme même Grégory.

« Le mineur frappait les gens pendant que vous les dépouilliez »

La Procureur de la République n’est pas pour autant convaincue : « Comment ne pas s’apercevoir que l’on traîne un poids mort ? C’est fort de café », clame-t-elle. Kenny est d’autant plus difficile à croire qu’il a, quelques jours après ces faits, commis toute une série de vols avec violence. Dans la nuit du 5 au 6 juillet, en compagnie d’une autre personne, mineure qui plus est (et fait l’objet d’une procédure spécifique), il a volé trois téléphones portables de type Smartphone.

- « Le mineur frappait les gens pendant que vous les dépouilliez », relate le président de l’audience.

- « Je ne faisais que prendre les téléphones, je n’ai pas été violent », se défend le prévenu.

- « Que vouliez-vous faire de tous ces téléphones ? Les revendre ? »

- « C’était pour moi et aussi pour donner à mes amis. »

Là encore, la Procureur n’excuse rien. « On ne peut pas croire qu’ils se baladaient simplement la nuit et qu’ils ont agi sans réfléchir. Les portables volés sont tous de la même marque, haut-de-gamme et chers, tout le monde n’en a pas dans sa poche » remarque-t-elle. Selon son raisonnement, il y a clairement « une préméditation, car il fallait observer au préalable les gens pour savoir à qui s’attaquer. » Elle requiert six mois de détention, dont trois avec sursis pour Grégory, et douze mois dont six avec sursis pour Kenny. Ce dernier, âgé de 18 ans a déjà été condamné pour des faits similaires. Actuellement en deuxième année de formation au CFA de Blagnac, il veut devenir cuisinier. Grégory, quant à lui, n’a pas de casier judiciaire. Ancien militaire, il est aujourd’hui en recherche d’emploi.

Les deux prévenus écopent de la même peine : douze mois de prison dont six avec sursis, et une mise à l’épreuve de 18 mois. Ils ont en outre été maintenus en détention.

 

La peine : douze mois d’emprisonnement dont six avec sursis pour vols avec violence.

 

Coralie Bombail



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