Urgence Philippines: Une aide de 350 millions de dollars est nécessaire

Guy-Alain Lafont De Sentenac, Consul des Philippines à Toulouse, appelle aux dons en numéraire.

Le 8 novembre dernier, le typhon Haiyan dévastait de nombreuses îles des Philippines. Pour venir en aide à la population sinistrée, l’aide humanitaire internationale s’est organisée, mais les dégâts sur place sont tels que le matériel de premier secours a du mal à arriver à bon port. A Toulouse aussi, les associations et le Consulat se sont mobilisés et délivrent leurs préconisations à tous ceux qui souhaitent amener une pierre à l’édifice de la solidarité.

 

Officiellement, le gouvernement philippin fait état d’un bilan provisoire de 3 621 morts (au 15 novembre) après le passage du typhon Haiyan, quand l’ONU estime le nombre de victimes à 10 000. Des vents violents, mesurés à 340 kilomètres/heure, ont balayé les îles des Philippines d’Est en Ouest, détruisant habitations, infrastructures et télécommunications. Si toutes les îles de l’archipel n’ont pas été touchées, « les villes qui ont subi le plus de dommages sont localisées dans les provinces de Leyte, l’Est de Samar, de même que les régions du Sud, plus particulièrement Coron et Palawan », selon le ministère du Tourisme philippin. Quant à la différence du nombre de victimes évoqué par le gouvernement local et l’Organisation des Nations Unies, le Consul des Philippines à Toulouse, Guy-Alain Lafont De Sentenac, y amène deux explications possibles : « toutes les îles n’ont pas été dévastées, certaines n’ont pas été affectées du tout, ce qui permet au tourisme, activité essentielle pour l’économie locale, de poursuivre son développement. Le gouvernement tient alors à ne pas dramatiser les événements. De plus, les Philippines est un pays décentralisé et les différents gouverneurs régionaux ont du mal à faire remonter les informations. »

 

La logistique et l’insécurité ralentissent les secours

 

A Toulouse, les antennes régionales des associations humanitaires s’organisent mais constatent que l’acheminement des vivres sur le terrain reste difficile. « Notre principal problème reste l’accessibilité à certaines zones. Constitué de 7 000 îles, l’archipel est en lui-même une contrainte géographique. A cela s’ajoute la destruction des infrastructures, ce qui ralentit d’autant plus l’arrivée des premiers secours », explique Dorian Dreuil, délégué départemental d’Action contre la Faim en Haute-Garonne. Sur place, Aude Saintoyant, salariée de la Croix Rouge française confirme les craintes des ONG : « Les grands axes routiers commencent à être dégagés et au fur et à mesure l’on découvre l’ampleur des dégâts. » De quoi laisser présager d’un bilan voué à s’alourdir. Pour les associations, il s’agit tout d’abord d’identifier les lieux stratégiques pour y acheminer les vivres et les produits de première nécessité, « nous devons trouver les endroits sur lesquels nous pourrons toucher le plus de sinistrés », précise Philippe Cousy, responsable de la formation à la Croix Rouge. Mais la tâche se complique quand la population, en manque de tout, s’exaspère de la lenteur des secours. « Nous devons faire face à des pillages de convois humanitaires et sommes contraints de demander l’escorte de l’armée », déplore-t-il. Action contre la Faim confirme ces problèmes de sécurité, en se remémorant un blocage de ses équipes à l’aéroport en raison d’émeutes.

Mais les problèmes logistiques n’empêchent pas les ONG de venir en aide à une population désespérée et pourtant habituée aux catastrophes naturelles : « Une vingtaine de typhons par an s’abat sur leurs côtes, mais aucun n’a la puissance d’Haiyan. Les Philippins sont un peuple résigné qui préfère rester sur place, près de lieux familiers, même s’il n’en reste plus rien », explique le Consul des Philippines à Toulouse. Aude Saintoyant constate elle, que la population reste très solidaire mais souvent par obligation : « les gens veulent rester à côté de leur ancienne habitation, refusent de partir car ils n’auront sans doute pas les moyens de payer leur retour sur l’île. » Il convient donc de permettre aux sinistrés de survivre sur place.

 

Appel aux dons en numéraire

 

Astrium apporte sa contribution en fournissant aux ONG et aux autorités des images satellites des zones sinistrées

Alors les ONG s’organisent : « L’ONU estime à 350 millions de dollars l’aide nécessaire aux premiers secours » selon le Consul. Quatre avions ont déjà été affrétés par Action contre la Faim, transportant des stations de potabilisation de l’eau et 30 tonnes de biscuits protéinés. « Au total, ce sont 140 tonnes de produits de première nécessité qui seront envoyées par l’association », précise Dorian Dreuil. Parallèlement, la Croix Rouge a livré 3.5 tonnes de matériels, bâches, ustensiles de cuisine, produits d’hygiène, jerrycans… D’autres organisations débarquent des vêtements, quand Electriciens sans frontières a dépêché une équipe pour aider au rétablissement des systèmes de communication et d’électricité. L’urgence reste toutefois la potabilisation de l’eau et la nourriture. « Les Philippins boivent une eau marron, à même les gravats. Il faut absolument leur fournir de l’eau potable pour éviter les épidémies », témoigne Dorian Dreuil.

Pour permettre aux ONG d’agir sur place, le Consul des Philippines à Toulouse insiste sur la « nécessité de récolter des dons en numéraire. Envoyer des produits directement ne sert à rien car souvent ils ne correspondent pas aux besoins des sinistrés. » Effectivement, comme le confirme Philippe Cousy, « même si cela part d’un bon sentiment, les Européens ne connaissent pas les us et coutumes des Philippins et envoient souvent des produits qui ne pourront pas leur servir. En récoltant de l’argent, nous pouvons acheter ce dont ils ont besoin sur place, ce qui garantit l’adéquation de la nourriture au peuple à laquelle elle est destinée mais également la relance de l’industrie locale. » Unanimement, les institutions gouvernementales philippines et les ONG recommandent donc d’effectuer des dons numéraires pour venir en aide aux victimes du typhon Haiyan.

 

Séverine Sarrat

Appel aux dons :

-          Croix Rouge : « Urgence typhon Haiyan » 75678 Paris cedex 14.

-          Action contre la Faim : « Urgence Philippines », Libre réponse 64731, 75681 Paris cedex 14.

-          Secours populaire : « Urgence Typhon Haiyan », 147 avenue des Etats-Unis, 31200 Toulouse.

-          Unicef : « Urgence typhon Philippines, BP600, 75282 Paris cedex 06.



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