Une balade peu rentable sur fond de récidive

Lundi 26 aout au Tribunal de Grande Instance les affaires se suivent et se ressemblent… Les petit délits sont jugés en comparution immédiate et ne nécessitent donc pas d’enquête approfondie. Et si pour la majorité des affaires jugées les prévenus de demandent pas leur reste, dans l’affaire David/Abassi, la défense spontanée des prévenus mérite le détour.

« Les faits sont d’une simplicité extrême », annonce le président. Le vendredi précédent, deux jeunes hommes arrivent sur un scooter « de petite taille, ajoute le président, il fallait vraiment avoir envie d’aller là-bas pour monter à deux sur cet engin… » Car c’est à la Salvetat Saint-Gilles, que les deux Toulousains se rendent en pleine après-midi avant d’être interpellés… « « On s’est dit qu’on allait faire un tour, on est partis se promener », explique William David, l’un des deux prévenus, avant de poursuivre « on n’avait pas décidé d’aller voler, ce n’était pas préparé. » Et la période estivale faisant, c’est devant une maison aux volets clos qu’ils arrivent. Une chose en entrainant une autre, l’un se retrouve à l’intérieur ayant pénétré dans l’habitation grâce à un piquet de tomate trouvé dans le jardin attenant, l’autre, Sami Abassi se trouve sur le point de rentrer quand la police arrive, alerté par un voisin qui a entendu sur bruit. « C’est là que vous résistez avec violence à l’arrestation », poursuit le président qui précise que la police municipale donne alors le relai à la police nationale.

Deux récidivistes bien connus de la justice

Alors les deux hommes tentent un mea culpa à pas piqué des vers : « Je suis endetté, je me suis fait escroqué et doit 13000 euros », déclare William David, qui ajoute que sa femme vient de le quitter. De son côté Sami Abassi précise que la mère de sa fille, dont il est séparé depuis 2009 lui demande de l’argent pour la rentrée. Les deux hommes sont récidivistes et ont été plusieurs fois condamnés, notamment de 3 mois ferme en 2005 pour le second. Les faits reprochés sont divers : vols, usage de stupéfiant, port d’arme de sixième catégorie, notamment. William David poursuit : « J’étais perdu cela fait des jours que je pleure en me levant et en me couchant, j’ai pété les plombs, je me suis rendu compte qu’en tant qu’auto-entrepreneur l’argent ne rentrait pas forcément comme je voulais… »

« Je ne sais pas ce qui « m’a pris par la tête » de le suivre »

Son acolyte, quant à lui, tente une défense maladroite : « Je ne sais pas ce qui m’a « pris par la tête » de le suivre, je suis sincèrement désolé, ça ne se fait pas. » La procureur agacée de comprendre que les hommes peuvent être réfléchis, avoue être « énervée que deux récidivistes se lancent à nouveau dans une tentative de cambriolage : qu’est-ce que ces messieurs ont compris à ce que la justice a voulu leur apprendre ? » A nouveau les casiers judiciaires sont épluchés : avec jusqu’à 11 mentions sur celui d’Abassi. Elle termine en précisant qu’un cambriolage est punissable de 10 ans. La procureur demande condamnation à hauteur de 6 mois d’emprisonnement pour Abassi un sursis et mise à l’épreuve pendant 2 mois pour William David. L’avocat des deux hommes plaide la non-préméditation, mettant l’accent sur le fait que ce sont des amis de longue date et que s’ils avaient préparé leur coup ils ne seraient pas arrivés sans outils et en pleine après-midi. L’enfance difficile de David est alors évoquée, lui qui est né de père inconnu et d’une mère alcoolique a été balloté de foyer en foyer entre 6 et 18 ans. Sami Abassi, lui qui a un lourd casier, a pourtant fait preuve de stabilité entre 2005 et 2009, période pendant laquelle il est notamment devenu père. « C’est facile de retomber en un instant, c’est une erreur de parcours », poursuit l’avocate. Après délibération, les deux hommes quittent la salle d’audience ; sourire au bord des lèvres, William David lance un clin d’œil pour le moins explicite à ses proches avant de disparaitre par où il était venu.

« Les faits ne posent pas questions, mais la peine qui pourrait être requise si ! Qu’ont-ils compris à ce que la justice a voulu leur enseigner par le passé ? »

La décision

Après délibération, Sami Abassi écope de 5 mois d’emprisonnement et révocation partielle du sursis et mise à l’épreuve à hauteur de 4 mois. William David s’en sort avec 5 mois dont deux avec sursis et mise à l’épreuve pendant 2 ans.

 

Aurélie Renne



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