Pouponnières, foyers… protection de l’enfance: Enfants en périls ? Où est la Vérité ?

Le 8 août dernier, une centaine de personnes a manifesté dans plusieurs grandes villes de France contre les « placements abusifs ». Témoignages et vidéos à l’appui, des familles témoignent et dénoncent certaines pratiques des services sociaux. Le pavé est jeté dans la mare, les questions se posent. Que se passe-t-il vraiment ? Qu’en est-il à Toulouse ? Votre hebdomadaire ouvre l’enquête.

En plein été, le 8 août dernier, une marche nationale contre les placements abusifs a été organisée. Dans neuf villes de France, une centaine de personnes a dénoncé des abus des services sociaux. L’information a été relayée par un collectif citoyen nommé « le cercle des volontaires ». Dans le reportage, mis en ligne sur le site du collectif, des parents, des familles témoignent. Des histoires de vie, des récits poignants avec pour dénominateur commun, la soustraction d’enfants à leur famille et surtout le caractère estimé abusif de certaines décisions de placement d’enfants en institution. La question est douloureuse car les familles de ces enfants « placés » sont souvent dans des situations précaires, difficiles et bien souvent très différentes les unes des autres. Sont exclus de cette enquête les enfants confiés aux services sociaux pour des cas de maltraitance avérés, sur décision de justice, nous parlons de familles qui à un moment ou un autre ont eu des difficultés temporaires, des « passages à vide », des accidents de parcours. C’est le cas de Sandrine qui témoigne : « Toute petite, ma fille avait des problèmes de santé, les médecins ne trouvaient pas ce dont elle souffrait. Au troisième hôpital où nous l’amenons, un signalement est fait aux services sociaux. Mes enfants m’ont été enlevés. Quelque temps plus tard, les médecins découvrent qu’elle souffre d’une maladie du système immunitaire…Mes enfants sont toujours « placés », je ne peux les voir que quelques fois par mois, par créneaux horaires d’une ou deux heures.»

 

Une compétence du Département

Et cette maman n’est pas un cas isolé. Lorsque l’on regarde sur internet, les blogs et les forums foisonnent de témoignages. Il est beaucoup plus difficile de pouvoir rencontrer des témoins « de visu ». Les gens ont peur. La crainte de ne pas pouvoir, définitivement, récupérer leur enfants ou de ne plus les voir du tout, ne serait-ce qu’une heure par semaine, est prégnante comme nous l’indique ce témoin : « Je ne vois mon enfant qu’une fois par semaine. J’ai peur qu’on m’empêche de voir mon bébé si je vous parle. » Pourquoi une telle peur ? Pourquoi avoir peur des services à l’enfance dont la mission est d’aider, de protéger et d’accompagner les enfants confiés à l’Aide Sociale à l’Enfance ? Ce qui est sûr, c’est qu’en France il y aurait  134 000 enfants placés. Ce nombre est en constante augmentation depuis quelques années (125 947 en 2003). En parallèle, les cas d’enfants en situation de maltraitance s’élèveraient à 20 000. Autre chiffre, chez nos voisins anglais, seulement 1 000 enfants seraient retirés à leur famille… Comment expliquer cette disparité ? Conscients que l’on pouvait mieux faire, le 5 mars 2007, les députés français promulguaient une loi pour réformer la protection de l’enfance. Cette loi prévoit un certain nombre de dispositifs de prévention et vise à préserver, dans la mesure du possible, les liens familiaux. Elle fixe aussi que chaque département doit installer un observatoire départemental de la protection de l’enfance (ODPE). Fin 2012, seuls 54 départements ont créé leur observatoire, outil pourtant essentiel à la prévention. La protection de l’enfance en danger, en France, en dehors des affaires relevant de la protection judiciaire des mineurs, est une compétence confiée, depuis la décentralisation, aux départements (direction de la solidarité départementale, agrément des établissements et associations…).

 

« Je ne vois mon enfant qu’une heure par semaine »

En 2009, la Cour des Comptes produit un rapport accablant sur la protection de l’enfance. Présenté par Philippe Seguin, ce document soulève de nombreux dysfonctionnements, de multiples questions, que ce soit sur l’état des lieux de l’offre de la prise en charge des enfants, le contrôle des structures accueillantes, que sur la définition des rôles de chaque partie intervenante (qui fait quoi, ndlr). Les mots «maltraitance institutionnelle» sont là. Beaucoup plus récemment, dans l’avis sur le droit au respect de la vie privée et familiale et les placements d’enfants en France de la Commission Nationale Consultative des Droits de l’Homme (CNCDH), présidée par Dominique Baudis, publié dans le JO du 31 juillet 2013, il apparaît que la France « se situe dans le groupe des pays où le taux de placement est le plus élevé » en Europe. L’avis souligne également que six ans après la loi du 5 mars 2007, « les principaux objectifs visés par la réforme n’ont toujours pas été atteints. » Pour Sandrine : « les parents non maltraitants ne sont pas assez écoutés. Nous voulons que les lois soient respectées. Les administrations ne respectent pas les changements de la réforme du 5 mars 2007. Par endroit, ils ne savent même pas ce dont il s’agit ! » C’est pour tout cela que la marche du 8 août a été organisée et que le 16 septembre prochain, une autre manifestation pacifique du même type est prévue, pour le moment dans douze villes dont Castres.

 

Philippe Seguin,  soulignait déjà la« Maltraitance institutionnelle » ?

Dominique Baudis le fait aujourd’hui…

Appel à témoin

Familles, associations, travailleurs sociaux, si vous souhaitez apporter votre témoignage à cette enquête, écrivez un courriel à marie-agnes.espa@première-reponse.com

 

 

Le chiffre

134 000

Enfants sont placés en France en famille d’accueil ou en institutions

 

 

 

Lien pour le site sous Cercle des volontaires

http://www.cercledesvolontaires.fr/2013/08/11/marche-nationale-des-familles-victimes-de-placements-abusifs/
- GRENOBLE (38) 15h devant le Conseil Général rue fantin latour
- BORDEAUX (33) esplanade Charles de gaulle
- BESANÇON (25) lieu en attente
- St ÉTIENNE (42) place de l’hôtel de ville
- BESANCON (25) lieu en attente
- AVESNES SUR HELPES (59) 15h Devant le TGI
- DIGNE LES BAINS (04) 15h Devant le TGI
- MOULINS ( 03 ) lieu en attente
- VALENCES (26) lieu en attente



5 COMMENTAIRES SUR Pouponnières, foyers… protection de l’enfance: Enfants en périls ? Où est la Vérité ?

  1. Gonzalez dit :

    Travailleuse social depuis 3 ans, mon expérience en Maison d’enfants à Caractère Social a été riche en émotion. Mon quotidien mais surtout celui des enfants ferait frémir plus d’un. La violence institutionnelle est telle que j’ai pensé à une réorientation professionnelle. Cette violence atteint les équipes, les partenaires, les parents, familles, amis mais surtout c’est une atteinte au bien être de ces enfants. Le travail avec les familles…??? Pas le temps ni les moyens !!!
    Sortons ces enfants de ces grandes maison où chaleur et sécurité sont inexistant!!!

  2. SOS parents Abusés dit :

    Prochaine marche le 16 Septembre 2013 à 15h dans 13 villes de France.

    - NICE (06) devant le conseil général centre administratif à 15h
    - LILLE (59) 15 h devant le conseil general
    - CASTRE (81) 15h devant le conseil général
    - PARIS (75) de 15 a 16h place du chatelet
    - ANNECY (74) devant le TGI 15h
    - GRENOBLE (38) devant le Conseil général 7 rue fantin Latour
    - BORDEAUX (33) devant le conseil général 15 h
    - BESANÇON (25) place de la révolution 15h
    - St ÉTIENNE (42) place de l’hôtel de ville
    - DIGNE LES BAINS (04) devant le tribunal
    - MOULINS ( 03 )
    - VALENCES (26) marche du Conseil général 15h à l’hôtel de ville vers 17h
    - AVESNE-SUR-HELPES (59) devant le TGI

    A lire aussi l’avis de la commission CNCDH sur les abus du système de la protection de l’enfance:

  3. Victoire.crispel dit :

    Toute leur vie, ces enfants maltraités par les institutions chercheront l’affection dont on les aura privés, toute leur vie, ils en porteront les stigmates, ils ne sauront peut-être pas aimer à leur tour. Est-ce cela le destin que nous voulons tracer pour eux? Oui, les institutions sont maltraitantes, il faut le faire savoir et réformer ce qui doit l’être depuis la plus petite unité en laissant de l’initiative à ceux qui se sont engagés dans ces métiers avec un appétit d’humanité et qui au combien désabusés.

  4. alautis dit :

    Le 16 Septembre 2013 a eu lieu la 2eme marche national organisé dans 13 villes de France, avec le soutiens aux parents de l’association SOS Parents Abusés, présent sur Nice avec la présidente et à Paris avec un menbre de l’antenne de Evreux. Les villes concernés était: Lille, Avesne sur Helpes, Paris, Grenoble, Annecy, Digne les Bains, Besançon, Castre, Bordeaux, St Etienne, Moulins, Valence et Nice.

    voir la vidéo: http://www.youtube.com/watch?v=v0NoVORCS6U&feature=c4-overview&list=UUmVgCTLK0h2l6g3K83omTIQ

    Bientot un nouvelle évènement avec SOS Parents Abusés.

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