Portrait d’une femme engagée pour la qualité de vie : Patricia Roubelat Boutin « Connais-toi toi-même… »

« Connais-toi toi-même ». C’est le précepte qui a inspiré l’engagement et l’action de Patricia Roubelat Boutin, au service de la qualité de vie. Guidée par un profond intérêt pour la connaissance de l’être humain, elle a consacré sa vie à la connaissance de soi. Coach, membre de l’international coaching fédération (ICF), elle a également fondé l’institut européen de formation professionnelle Val Real et écrit un ouvrage qui a connu en 2008 un succès national : « Vivre la confiance en soi au féminin » édité chez Dunod, fruit d’une riche expérience et de milliers d’heures d’accompagnement de femmes et des hommes. Rencontre.

 

 

Comment définissez-vous la connaissance de soi ?

 

Nous venons à la Connaissance de Soi en croyant savoir qui nous sommes puis, peu à peu, nous nous rendons compte de notre inconscience. Nous nous apercevons que nous agissons comme un robot, que nous sommes dans l’éparpillement et le superficiel. Dans la démarche de connaissance de soi, nous venons questionner nos conditionnements, nos préjugés : qui sommes-nous vraiment ? Que voulons-nous ? La connaissance de soi, est une science de vie intérieure à laquelle Pythagore, Socrate, Platon ont apporté l’essentiel. C’est une démarche laïque qui vise l’autonomie de l’individu. Elle nous enseigne à être dans une attitude de réflexion interrogative, dans un examen sans jugement. Elle nous permet d’apprendre à nous connaître, à nous aimer, à poser un regard lucide, conscient mais bienveillant sur nous. Nous apprenons ainsi à identifier nos mécanismes de fonctionnement égotiques, afin de les distancier, à construire cette conscience de qui nous sommes. Nous posons tel un spectateur, une vision intérieure sur nous-mêmes. Le monde intérieur est comme une topographie : si nous ne connaissons pas les lieux, nous sommes perdus. C’est une liberté à laquelle il est difficile de consentir dans un monde d’accessoires où tout est pensé à la place de la personne. Et l’enseignement de la connaissance de soi est une pratique qui consiste à se rencontrer pour être plus lucide, plus efficaces, ne plus être « embarqués » par des choses affectives…

 

 

L’enseignement et la pratique de la connaissance de soi connaissent un nouvel essor, qui dépasse le cadre individuel, personnel, pour entrer dans les entreprises. Quelles sont les raisons de ce nouvel intérêt ?

 

Les femmes et les hommes ont des interrogations mais ils ne trouvent personne pour en parler,

la connaissance de soi nous apprend à voir au-delà de nous-mêmes, à avoir une vision autre que la vision du connu. C’est parce que nous sommes dans l’ignorance que nous sommes dans la souffrance. On voit qu’il y a de grands mécanismes à l’œuvre qui dépassent le cadre individuel. Ce qui nous oppresse, c’est le sentiment de solitude, et la connaissance de soi a un effet libérateur.

En apprenant à se connaître, on découvre des dépendances qui sont plus d’ordres culturel et social.

La souffrance, est la méconnaissance de qui on est car dès la naissance, on prend le chemin d’un certain conformisme. On est assujettis à des traditions, à un conformisme, à une image stéréotypée. Pour les femmes, il s’agit d’un désir de bien faire et de devoir…

La connaissance va donner une créativité personnelle au-delà de notre identité, une découverte de notre vraie nature… la culture de soi. L’état d’être de la personne influence sa capacité à réaliser ses projets.

 

 

Cette pratique nécessite-elle des qualités particulières ?

 

 

Il faut simplement de la détermination, de la motivation, une capacité à accepter le changement de vision ou de point de vue. La détermination maintient la rigueur à nous tenir à nos objectifs, elle transcende le commun, notre nature laxiste latente ou nos petites faiblesses à nous laisser aller.

L’humour et la confiance sont comme deux sœurs inséparables. L’humour ou la dérision de soi-même, nous prouvent notre capacité de détachement et de légèreté dans des situations où le sérieux nous enferme et nous alourdit.

 

 

La connaissance de soi dans le domaine de l’entreprise ce n’est plus un défi, c’est une réalité ?

 

La mondialisation et la concurrence internationale ont eu un impact sur les conditions de travail en entreprise qui sont devenues plus difficiles. La pression vers des objectifs de performance et de résultats est davantage accentuée avec pour effet, une forme de solitude du salarié, du dirigeant.

La prise en compte par les entreprises de cette dimension signe une nouvelle approche de management, un mode de gouvernance participative où la différence est  acceptée ; les qualités de chacun(e) sont reconnues et valorisées. Les effets se mesurent en termes de nouvelle énergie,  créativité, responsabilisation, développement des capacités d’adaptation. Les mots « confiance », « considération », « respect », « responsabilité » prennent corps dans l’action. Ce changement est beaucoup porté par les démarches de développement durable RSE. La connaissance de soi, permet dans ce domaine d’échanger sans contraintes, de connaître sa position, la considérer avec recul, se reconnaître sans surestimations, calmer son mental, ne pas avoir peur d’abandonner la surévaluation au profit d’une affirmation de soi respectueuse. Elle l’aide en outre les salariés, les managers à trouver leur place.

 

Vous êtes très engagée dans le domaine de l’égalité Femme/hommes, quel regard portez-vous sur l’évolution de la place des femmes et des hommes ?

Notre société a été conçue sur le modèle masculin. Notre début de siècle voit un changement important : Les hommes et les femmes initient un essai de féminisation. Les hommes développent leur intuition, leur sensibilité. Ils découvrent leur nature intérieure, qu’ils ont repoussée pendant longtemps, et petit à petit, la part de féminin et leur ouverture.

L’ouverture est un état d’être : être ouverte envers soi-même, sans calcul, sans intérêts, sans refus ni fuite. D’un autre côté, la femme entreprend ce chemin de découverte de ses qualités dont elle s’est éloignée, lors de la conquête de sa place professionnelle, sociale, en se fondant dans le moule jusqu’à délaisser cette part du féminin. La connaissance de soi parce qu’elle permet d’harmoniser les rapports Hommes/Femmes qui sans cela ne sont que des rapports de force, est le chemin le plus sûr pour qu’enfin, chacun trouve sa place intérieure et extérieure et que soit rejoint l’objectif d’une égalité d’accès des hommes et des femmes à toutes les possibilités et toutes les ressources.

L’enjeu de la connaissance de soi, c’est aussi la découverte du principe féminin, l’ouverture, que chacun, homme ou femme, peut découvrir en soi. Le féminin nous rapproche de ce que nous avons de plus beau : l’ouverture, l’accueil, la réceptivité.

 

 



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.