Mon caddie au pas de course ?

Les courses c’est un peu comme le ménage : la corvée du weekend dont on se passerait bien. Foule, perte de temps, stress, bruits et autres néons agressifs sont encore le cauchemar de nombreux Toulousains. Pourtant un concept permet aujourd’hui de s’épargner ces tracas hebdomadaires : le concept « drive », qui consiste à faire ses courses en ligne avant de passer les chercher au magasin.

Ils en rêvaient, certains l’ont fait : la corvée des courses réduite à quelques clics et l’ouverture d’un coffre de voiture. Une bénédiction pour tout foyer qui se respecte ! Le principe pourtant enfantin révolutionne littéralement les douloureux remplissages de caddies du vendredi soir : après avoir fait sa petite liste de courses en ligne, il s’agit de récupérer ses achats soit sur un site accolé au supermarché, soit dans un entrepôt indépendant. Et le tout –tenez-vous bien- au même prix que ceux pratiqués dans la grande surface, sauf frais de préparation, qui peuvent être payants selon les enseignes. Le concept à l’appellation anglo-saxonne semble pourtant bien français. Inspiré du bien connu système lié aux fast-foods outre-Atlantique, ce sont pourtant bien les supermarchés français qui se seraient appropriés l’idée. Cette dernière prend une toute autre ampleur et ne manque pas de faire tinter la caisse enregistreuse…

La course à l’enseigne

Le cabinet Parabellum, qui a enquêté sur le sujet, met en lumière l’attrait que peut déclencher le drive pour un hypermarché : les analyses révèlent qu’une fois le concept testé, le taux de fidélisation du drive est de 91% en moyenne. De plus, ce système novateur possède de sacrés avantages économiques : moitié moins de références qu’un hypermarché, des stocks limités et des produits donc rapidement écoulés et ce d’autant plus qu’à 110 € de moyenne, le panier y est 2 à 3 fois plus élevé qu’habituellement, toujours selon l’étude du cabinet Parabellum. Autre argument non négligeable pour les géants de la distribution, l’investissement y est plus limité. En effet pour faire recette, suffisent un entrepôt et un système de commande performant. A savoir que les drives ne sont pas soumis aux autorisations commerciales nécessaires pour ouvrir un hypermarché, ce qui facilite grandement l’implantation. En Midi-Pyrénées, on a fait le grand saut depuis longtemps. Disséminés aux quatre coins de la région, seuls les départements de l’Ariège et du Lot ne possèdent pas le leur. Plus d’une trentaine de bornes drive existent dans la région, ce qui reste dans la moyenne haute comparé aux autres régions. Bien sûr, Toulouse se taille la plus belle part du gâteau avec déjà une quinzaine de lieux dédiés à la « consommation tranquille »… Leclerc a été précurseur en la matière ouvrant en 2007 un site à Roques-sur Garonne. Depuis les hyper font la course… Au niveau national, Auchan prévoit 100 magasins équipés d’un drive d’ici 2014. Et c’est sans compter Chronodrive, filiale du même groupe qui développe un service équivalent sur des sites situés à distance des hypermarchés. Fin 2012, il comptait 51 magasins et une vingtaine devrait ouvrir en 2013. Concernant les projets locaux, le mystère reste entier et les gérants muets, précisant simplement que : « le Drive est une activité en développement, sur lequel il y a un contexte concurrentiel très fort, c’est la raison pour laquelle nous ne communiquons que très exceptionnellement sur ce sujet », explique-t-on à la communication du groupe Auchan. Sur Toulouse, un seul site Chronodrive a ouvert, en 2012. Carrefour n’est pas parti premier mais totalise aujourd’hui huit points de retrait, derrière Leader Price drive (groupe Casino) qui compte neuf bornes sur le grand Toulouse.

Sans file d’attente, ça coince quand même

 

Mais tout n’est pas si simple dans le joli monde du drive, comme nous l’explique Julie, une utilisatrice régulière du drive chez un hypermarché discount : « j’utilise ce système depuis le début mais depuis un certain temps, il manque souvent des produits. Comme personne ne me le dit, je m’en rends compte une fois chez moi et je dois repartir… » Autre écueil expliqué par une salariée du magasin en charge du drive : « je suis seule pour préparer les commandes, or le site propose un retrait deux heures après commandes, lors du rush il est impossible de tenir la cadence », car à elle seule elle remplit les caddies, trie les produits, prépare les factures, répond aux clients aux bornes et charge les coffres. Un vrai marathon ! A Toulouse, la plupart des clients rencontrés, bien que séduits par le concept, regrettent souvent le manque de contact. Un axe que semblent vouloir perfectionner les enseignes offrant pour la plupart depuis quelque temps une prestation travaillée « à l’américaine » où le salarié se présente via son prénom avec une politesse inaccoutumée. Une toute nouvelle devanture humaine affichant convivialité, lien social et fidélisation ?

Aurélie Renne

L’institut d’études de marché Harris Interactive a interrogé les Français sur leur fréquentation du Drive

- Un français sur 5 déclare avoir déjà utilisé cette nouvelle forme de distribution.

- Le public séduit par le drive est constitué de 59% de femmes, de 52% personnes âgées de moins de 34 ans. 88% habitent en province.

- Parmi elles, plus de 50% déclarent le fréquenter de plus en plus contre 1/4 qui a abandonné.

-Les avantages évoqués : simplicité de vie, économie de temps et d’énergie.

-75% des Français déclarent que c’est facile (commande 7j/7 et 24h/24)

- 73% des Français saluent l’achat raisonné que permet le drive et donc la maîtrise de son budget.

-Pourtant seulement 13% des Français pensent que c’est l’avenir

-71% le qualifie d’univers « déshumanisé »

 

 



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