Faire face : La voix de l’énergie des femmes pour prévenir les violences

Association FAIRE FACE

http://www.faireface-autodefense.fr/

Contact : faireface.association@gmail.com

 

La lutte contre les violences faites aux femmes constitue l’un des quatre volets de la loi cadre sur le droit des femmes qui sera examinée en Conseil des ministres début juillet.

Les violences faites aux femmes restent un sujet récurrent en France, très souvent représenté par les violences physiques et sexuelles, mais les violences faites aux femmes prennent d’autres formes, que ce soit dans la sphère privée, publique ou professionnelle, à savoir les violences verbales, psychologiques qui témoignent du socle culturel où s’enracine cette prise de pouvoir sur l’autre, identifiable à l’aune du rôle et de la place des femmes dans notre  société.

C’est fort de  ce constat qu’Elisabeth Fournier (ex-directrice du centre d’hébergement et de réinsertion sociale Olympe de Gouges) a créé en 2007 avec des militantes comme Monique Michaelis l’association Faire Face pour la prévention des violences contre les femmes, en plaçant au cœur de son action l’autodéfense avec une méthode originale le « fem do chi » qui développe, les capacités de faire face aux situations de violences physiques, sexuelles, psychologiques, ou verbales, l’autonomie et la confiance en soi.

« Avoir du pouvoir sur sa vie », c’est la découverte que propose, Faire Face, aux femmes, victimes ou pas de violences car le credo de l’association, c’est de travailler avant tout en amont, plus au niveau préventif que curatif, regrettant que les politiques publiques soient trop souvent dans l’après coup et précisant qu’il y a des pays où pratiquer l’autodéfense, est aussi naturel que faire des stages de premiers secours qui sont eux en France partagés par le plus grand nombre.

 

Janique Lauret, formatrice de l’association Faire Face présidée actuellement par Clarisse Agostini, nous conduit dans ce reportage, à la découverte d’une dimension de l’autodéfense inspirée d’une culture de la non-violence, d’une pédagogie de l’émancipation, qui offre aux femmes d’avoir du pouvoir sur leur vie.

 

Le Fem Do Chi : L’art  subtil de l’autodéfense pour toutes les femmes

 

Donner aux femmes des outils pour se défendre, assurer  leur liberté d’agir et de circuler, être autonome, c’est l’objectif de Faire Face qui organise des ateliers et stages d’autodéfense et dont les activités s’adressent à toutes les femmes sans distinction d’âge, de poids, de taille, de condition physique, de classe ou d’origine culturelle.

La méthode utilisée est le Fem Do Chi, c’est la voix de l’énergie des femmes, créée par et pour les femmes, au Quebec qui prend en compte la morphologie des femmes, la spécificité des violences exercées contre elles ainsi que les conditions sociales et politiques qui y mènent.

Le but de l’autodéfense pour femmes est de leur proposer une large palette d’outils et de stratégies, afin qu’elles puissent choisir ceux qui leur semblent les plus adaptés, en fonction de leurs vies, de leurs personnalités, de leurs capacités et des situations auxquelles elles sont confrontées dans leur quotidien. L’auto-défense c’est la non-violence, et l’objectif est d’élargir les capacités d’actions face aux violences de tout type.

Le Fem do chi est né du constat d’inefficacité des techniques classiques d’arts martiaux lors de violences spécifiques faites aux femmes. En effet, une femme, ceinture noire de karaté, avait alors été gravement agressée sans pouvoir opposer la résistance dont elle aurait été physiquement capable. À partir de cet événement, un groupe de femmes pratiquant divers arts martiaux à un haut niveau s’est questionné. De cette réflexion est née la méthode Fem do chi, qui tient compte de la spécificité du corps des femmes et surtout de leur socialisation.

 

Comment ne pas partager l’analyse de Janique Lauret lorsqu’elle évoque les conditionnements, les stéréotypes à l’œuvre : « L’éducation développe cette sociabilité propre aux femmes qui nous prépare mal à faire face aux  violences, nourrit ce sentiment de peur « ne sort pas toute seule… » d’impuissance, de passivité, d’incapacité à se défendre.

Il est important de casser « les mythes et les fantasmes » tels que « la peur de l’agression la nuit dans la rue par un individu « dérangé » ». Janique Lauret reconnaît que ce type de situations existe. « Il est important de souligner », dit-elle, « que cela ne représente qu’une petite partie des situations, car 80% des violences faites aux femmes le sont par des personnes qu’elles connaissent,  de leur entourage. Pour la personne  qui est agressée dans ces conditions, la parole devient tabou, elle se culpabilise, elle se disqualifie en pensant que sa parole n’aura pas de crédit. Tout ceci a pour effet au final de masquer la vérité des situations de violences.

Les potentiels de violences ne sont pas toujours directement identifiables. Ils ne sont pas là où nous croyons qu’ils se trouvent, il y a des violences qui ne sont pas qualifiés de violences. Face à cela, le but c’est d’apprendre à les identifier, de prévenir les situations de violences, faire confiance à ses intuitions, à son intuition, apprendre des techniques simples et efficaces d’auto-défense verbales et physiques, de découvrir ou redécouvrir nos capacités et de nos ressources. »

 

Le corps au centre de l’autodéfense

 

« Comparant les sociétés, les époques, les milieux sociaux, les travaux des historien-e-s et des sociologues multiplient les approches démontrant qu’effectivement, le corps est un construit social : les mises en jeu répétées du corps le forment, le déforment, le conforment, incorporant en quelque sorte les marquages sociaux, la différenciation des sexes et dans le même temps leur hiérarchisation.

Durant les ateliers ou stages, l’utilisation du corps des femmes comme arme est encouragée, en particulier comme arme de défense. Pour cela, un élément-clé est la réappropriation des armes dont nous disposons naturellement. Pour ce faire, la prise de conscience que des parties du corps humain peuvent servir d’armes, très efficaces d’ailleurs, est nécessaire, ainsi que le fait que ça ne nécessite pas de musculature importante. Il est étonnant de constater le nombre de femmes adultes qui ne savent pas crier ou former un poing correctement avec leur main.

 

 

Les ateliers « déclic », les stages,  un espace collectif d’apprentissage de l’autodéfense, une pédagogie de l’émancipation

 

« Au sein des ateliers, l’animation est collective, il ne s’agit pas d’un travail individuel, c’est un travail de partage des expériences de rapport à la violence, nous tenons compte  des différences, des individualités. ll s’agit donc de créer un espace de réassurance et de solidarité pour permettre la transmission d’outils, pour favoriser la confiance en soi et déconstruire collectivement les sentiments de culpabilité, de honte et d’impuissance des femmes.

Il devient possible de travailler sur l’estime de soi, dans un cadre collectif et d’échanges d’expériences et de ressentis pour que chaque participante prenne pleinement conscience du caractère social et culturel de ces conditionnements.

Il s’agit également d’amener les groupes de participantes à s’interroger sur la complexité du phénomène des violences envers les femmes pour questionner leur rapport à ces violences et tenter de sortir des stéréotypes et représentations. Un des enjeux centraux est de mettre en avant que la violence commence là où les limites de chacune se terminent.

Enfin, nous garantissons que le Fem do chi est une méthode d’autodéfense féministe au sens large diffusée dans une perspective de non-violence. Notre message est bel et bien d’affirmer que les techniques physiques ne sont à utiliser qu’en dernier recours et non pas dans le but de règlement de compte, vengeance ou démonstration de force. »

« Les ateliers s’appuient sur des jeux de rôles et exercices corporels (pour travailler sur les blocages physiques et psychologiques, prendre conscience des messages que transmet le corps sans paroles) des temps collectifs de réflexion et de discussions (pour réfléchir ensemble sur les conditionnements sociaux et culturels qui nous construisent) sur l’apprentissage de techniques verbales (méthodes pour poser ses limites et les faire respecter, dans tous les espaces de la vie quotidienne) et apprentissage de techniques physiques (apprentissage de mouvements simples et efficaces pour prendre conscience des énergies et forces que nous avons à notre disposition sans entraînement physique nécessaire). Nous transmettons également des informations concernant la loi de légitime défense, les démarches de dépôt de plainte et les associations locales d’accueil et d’accompagnement de femmes victimes de violences.»

Les ateliers « Déclic » sont d’une durée de 3 heures. Ils permettent aux participantes d’acquérir des outils et des techniques de base. Beaucoup d’entre elles témoignent de leur souhait de perfectionnement et d’approfondissement dans l’apprentissage de la méthode. C’est pourquoi en 2012, d’autres formules d’ateliers ont été mises en place ; quatre sessions de deux heures pour un même groupe.

L’équipe de Faire Face travaille à l’élaboration de réponses à différentes demandes afin d’ajuster l’offre aux besoins des femmes (en créant de nouveaux outils, en diversifiant les formules d’ateliers, en créant des espaces de discussions et de débats, en adaptant de nouveaux horaires…)

 

Alors n’hésitez pas,  expérimenter « la voix de l’énergie des femmes ».

 

 

 

 



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