Entre détermination et lassitude chez les associations de victimes

Samedi 21 septembre, Toulouse commémorera le 12e anniversaire de l’explosion de l’usine AZF, route d’Espagne. A cette date, une association de victimes fermera ses portes, tandis que d’autres poursuivent le combat en cassation. Le point sur un engagement qui dure depuis 12 ans.

Le Comité de défense des victimes d’AZF a annoncé la fin de son activité après la commémoration de la catastrophe. Les 12 ans de procédure et de rebondissements ont été intenses, et l’association estime aujourd’hui que son rôle auprès des victimes est terminé. Y’aurait-il comme un épuisement parmi les collectifs de défense des victimes ? « Il y a une lassitude, vu la lenteur de la justice et les décisions qu’elle prend. Il y’a même une certaine aigreur, mais ce n’est pas suffisant pour nous décourager », clame Jacques Mignard, président de l’association « Mémoire et Solidarité », qui compte aujourd’hui encore « 400 adhérents », selon ses dires. L’association, qui s’est pourvue en cassation, remet en cause la théorie officielle, retenue par la Cour d’appel de Toulouse (explosion spontanée, due à la rencontre de deux produits chimiques incompatibles, ndlr) : « Une insulte à la science ! », s’indigne-t-il. Leur avocat, Me Waquet, a rédigé un mémoire, dans le cadre du pourvoi, qui remet en cause le travail de la Cour d’appel : « Nous avons demandé des compléments d’information qui nous ont été refusés. Nos questions sont restées sans réponse », regrette Jacques Mignard. Une seule priorité demeure toujours pour cette association : « Savoir ce qu’il s’est passé le 21 septembre 2001. »

Parmi les autres associations de victimes, seulement deux d’entre elles ont répondu au pourvoi en cassation formé par Total, car les avocats de la défense ont déposé leur recours en juillet, soit pendant les vacances. Ce que dénonce Jean-François Grelier, président de l’association des sinistrés du 21 septembre, dans un communiqué : « Les parties civiles ont reçu en recommandé le mémoire de Total (…) avec un petit mot les informant qu’elles avaient un mois pour répondre par l’intermédiaire d’un avocat auprès de la cour de cassation. Que ce délai coure du 15 juillet au 15 août où la France est arrêtée n’est certainement pas le fruit du hasard. » Malgré tout, l’association y a répondu dans les temps. Tout comme « Famille endeuillées », « toujours dans l’action » elle aussi, même si à l’instant présent, elle préfère respecter « le temps du recueillement », selon les termes de son président Gérard Ratier.

Un mémorial de l’usine

Les travaux pour la construction d’un mémorial de l’usine débutent lundi 23 septembre. Il s’agira de reconstruire les deux postes de garde de l’usine afin de reformer « la porte d’entrée qu’ont connu les toulousains pendant 80 ans », indique Jacques Mignard. Un des postes sera d’ailleurs consacré au local de l’association Mémoire et Solidarité.

 

Coralie Bombail



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