Académie de Toulouse: Egalité, Mixité : ils en parlent, ils agissent

 

L’académie de Toulouse mène une politique volontariste en matière d’égalité filles/garçons, Femmes/hommes ; qu’il s’agisse de mixité et d’égalité notamment en matière d’orientation, de lutte contre les préjugés sexistes. Elle s’illustre par des initiatives qui ont conquis leur lettre de noblesse, c’est ainsi qu’elle est à l’origine d’une opération, le concours « Buzzons contre le sexisme » qui a acquis une dimension nationale et s’adresse maintenant à toutes les académies.

Madeleine Amelineau en charge de l’égalité filles/garçons à l’académie de Toulouse nous fait partager les missions de l’académie de Toulouse en matière d’égalité et leur traduction au quotidien

 

 

Madeleine Amélineau, quels sont les objectifs et la philosophie de votre mission ?

 

Ma mission est à la fois une obligation légale du code de l’éducation et une mission fondamentale. Avec tous les autres acteurs de l’école, je partage la responsabilité de faire réussir tous les élèves à l’école. Mais mon action est plus ciblée : il s’agit pour moi d’impulser et d’accompagner des projets et des équipes pour favoriser la mixité et l’égalité au sein du système éducatif. A l’école, comme dans le monde professionnel ou dans l’environnement social, on constate que les parcours sont différents entre les filles et les garçons. On sait aussi que dans les rapports humains, rien n’est simple et qu’il nous faut apprendre à vivre ensemble, en se respectant mutuellement.

Alors les actions sur le respect mutuel entre garçons et filles, mais aussi celles qui sont développées dans le cadre de l’orientation sont importantes car nos élèves sont les adultes de demain…

L’académie de Toulouse mène une politique volontariste dans ce sens depuis de nombreuses années déjà mais pour autant, il nous reste encore beaucoup de travail à faire… La prise de conscience de cette nécessité de travailler à l’égalité entre les sexes, me semble chaque jour plus présente dans les écoles et les établissements scolaires.

 

Depuis 2000 une convention interministérielle pour l’égalité filles/ garçons,  femmes/hommes met en œuvre une politique d’égalité commune à plusieurs ministères, elle engage les parties signataires à renforcer l’activité interministérielle pour la promotion de l’égalité dans  le système éducatif. Quels sont les axes de la convention 2013-2017 ?

 

Trois priorités y sont énoncées clairement : acquérir et transmettre une culture de l’égalité entre les sexes, renforcer l’éducation au respect mutuel et à l’égalité entre les filles et les garçons, les femmes et les hommes, s’engager pour une mixité plus forte des filières de formation à tous les niveaux d’étude. Cette convention guide et soutient les actions de déconstruction des représentations sexuées. Nous articulons le travail que nous menons avec les écoles et les établissements scolaires autour de ces trois axes. Le défi à relever pour notre système éducatif et pour la société dans son ensemble est important pour aller vers un avenir où progressivement seront effacées toutes les formes de discrimination.

 

Pour plus de mixité des métiers

 

La moitié des emplois occupés par les femmes sont concentrés dans douze familles professionnelles sur 87, la mixité des métiers et la diversification de l’orientation professionnelle sont des challenges importants, l’académie de Toulouse est très engagée sur ses sujets. Quelles actions mettez-vous en œuvre actuellement ?

 

C’est tout à fait juste : les données sur l’orientation continuent à révéler une meilleure scolarité mais une moins bonne orientation des filles, au niveau académique comme au niveau national. Leur parcours scolaire est plus fluide que celui des garçons… A la rentrée scolaire dernière, on pouvait faire le constat dans notre académie  de 55,1 % de garçons qui font le parcours direct de la 6e à la 3e contre 65,4 % de filles ! Et pourtant, les jeunes filles ne conservent pas cet atout scolaire par la suite… C’est bien dommage…

C’est pourquoi, l’année dernière nous avons construit des partenariats avec des entreprises pour monter des actions spécifiques en direction des jeunes filles. Notre objectif est de susciter de l’ambition scolaire et professionnelle chez les jeunes filles afin qu’elles diversifient leurs choix d’orientation.

« Girls’day à la SNCF », « Donnez des Elles à votre futur » avec AIRBUS et « Les Filles sont au courant » avec EDF ont permis à des jeunes filles de collèges et de lycées de venir découvrir des univers professionnels méconnus. Elles ont pu visiter les sites, bien sûr, mais surtout elles ont eu l’occasion d’échanger avec les femmes salariées des entreprises, à tous les niveaux de qualification de manière informelle et dans un climat très sympathique.

 

« Buzzons contre le sexisme »

 

Quelles questions ont été posées ?

 

Elles étaient diverses et traduisaient à la fois de la curiosité et du doute : « Ce n’est pas trop difficile de travailler dans un milieu d’hommes ? », « Vous avez des enfants ? », « Vous êtes payée combien ? »… En tout cas, elles ne sont pas restées indifférentes face à l’énergie et à l’enthousiasme des salariées des trois entreprises.

 

 

Peut-on mesurer l’impact immédiat de telles opérations sur les élèves ?

Cela reste bien difficile mais ce qui est sûr, c’est que ce sont des occasions d’enrichir leurs  connaissances sur les métiers et de les faire réfléchir à d’autres possibles professionnels qu’elles n’avaient peut-être pas envisagés ! Nous reconduisons ces actions cette année…

 

 

 « Buzzons contre le sexisme » est une opération qui mobilise de nombreux jeunes ? Sur quoi son succès repose-t-il ?

 

Le caractère ludique de cette opération participe certainement beaucoup à sa réussite… Les équipes éducatives se sont saisies de cette opportunité également pour travailler avec leurs élèves l’écriture d’un scénario, la lecture de l’image, les connaissances techniques autour d’un film, le montage…

 

 

 

 

Lutter contre les stéréotypes

 

 

L’académie de Toulouse  implique  activement les jeunes dans la définition des moyens pour lutter contre les stéréotypes qui font que filles et garçons se conforment bien souvent au niveau de leur orientation professionnelle à ce qui est reconnu comme leur domaine respectif de compétences dans les schémas professionnels. En ce sens, il est actuellement mis en place un concours, en quoi consiste-t-il ?

 

En effet, et c’est une première… Cette année nous allons expérimenter dans l’académie un nouveau concours qui va s’adresser aux élèves des collèges et lycées sur le thème « La mixité : vers les métiers de l’industrie »… En travaillant avec les élèves, nous constatons que le monde industriel est teinté de représentations et d’idées toutes faites  assez négatives et notamment chez les jeunes filles… : « l’industrie c’est sale, c’est dangereux », « il faut de la force physique », « c’est toujours en atelier »…

Alors, il nous faut travailler à déconstruire les préjugés et les stéréotypes sur les métiers industriels. Mais, cette fois-ci, plutôt que de les amener dans l’entreprise pour leur  montrer le travail au quotidien, nous souhaiterions les amener à réfléchir sur ces métiers par des discussions, et à produire un support de communication écrit ou numérique qui incite les jeunes filles à aller vers ces métiers. Je pense que le travail d’écriture ou d’élaboration d’un scénario est une entrée privilégiée pour faire des recherches, confronter les points de vue, rechercher des témoignages, inventer pour convaincre…

Nous espérons beaucoup que cette proposition va susciter des envies, être porteuse d’apprentissages et sera l’occasion de lutter contre les préjugés et les stéréotypes.

 



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.