Association civique des naturalisées de France « Il faut assumer sa citoyenneté »

Créée il y a un peu plus d’un an, l’association civique des naturalisées de France (ACNF) s’adresse aux femmes d’origine étrangère. Charlotte Caron Tchegang, présidente de l’association, milite pour que les naturalisées apprennent ce qu’est la citoyenneté, avec ses droits et ses devoirs.

 

D’origine camerounaise, Charlotte Caron Tchegang est arrivée en France il y a onze ans. Etre naturalisée, c’est-à-dire devenir citoyenne française, n’est pas qu’un bout de papier pour elle. Et depuis plus de deux ans (avant même la création officielle de l’association, ndlr), elle se bat pour que les femmes françaises d’origine étrangère « assument mieux leur citoyenneté». Ce qui signifie participer à la vie publique, aux élections, connaître le fonctionnement des institutions. « Etre citoyen, ce n’est pas seulement attendre les allocations, cela implique des devoirs », rappelle-t-elle. Si elle a choisi de s’adresser particulièrement aux femmes, c’est d’abord parce qu’elle peut se mettre à leur place, mais aussi parce qu’elles « savent mieux parler à leurs enfants. » Ce point est important pour la présidente de l’association car « eux, sont nés Français mais ils n’ont fait pas la démarche et ne savent pas combien cela a été difficile pour leurs parents », explique Charlotte Caron Tchegang. Il faut en quelque sorte « aider ces enfants à se sentir Français. »

Apprendre la langue et l’histoire de France : deux priotités de l’association

L’association est basée à Colomiers, mais la fondatrice n’hésite pas à parcourir les routes de France pour « prêcher la bonne parole. » Elle se rend dans les cités, va à la rencontre des femmes et s’enquiert de leur situation. « Quand je m’aperçois que certaines ne parlent même pas la langue, je suis outrée », lance-t-elle. Charlotte Caron Tchegang organise des cours de français afin de remédier à ce problème qui est « un handicap dans la recherche d’emploi. » Elle-même comprend plusieurs langues d’Afrique centrale et parle anglais, ce qui facilite l’apprentissage. L’association tente également d’initier ses adhérents et sympathisants à l’histoire de France, « ce pays que l’on a choisi et qui nous a adoptés », afin de faciliter l’intégration. Pour mener à bien toutes ces missions, quelque 300 adhérents œuvrent sur toute la France. « Après les fêtes de Noël, nous allons élire des délégués dans les régions », précise-t-elle. Le mouvement est appelé à prendre de l’ampleur. Pour l’instant, c’est davantage l’association qui fait la démarche d’aller vers les femmes, que l’inverse : « On veut les aider à sortir de leur mutisme, à exister. Rien que le fait de sortir de chez soi tous les jours, se faire belle pour aller travailler, c’est important. » Avec son dynamisme et son franc-parler, Charlotte Caron Tchegang veut insuffler à ces femmes la force de « se battre. » Pour elles, pour leurs enfants, et pour leurs petits-enfants, car « s’ils ne sentent pas Français, ils sont quoi ? Moi quand je retourne au Cameroun, on m’appelle la blanche ou la Parisienne, parce que de là-bas la France, c’est Paris. »

Repère :

L’ACNF fête son anniversaire vendredi 15 novembre lors d’une soirée de 18h30 à 21h à Colomiers.

Le chiffre : L’association compte près de 300 bénévoles dans toute la France

La phrase : « Etre citoyen, ce n’est pas seulement attendre les allocations, cela implique des devoirs »

Contacts : 1 place du Revard 31770 Colomiers

Site internet : www.acnf.fr

 

Coralie Bombail

 



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