Assises de la Mobilité; Les transports sur les rails

Depuis lundi dernier et
jusqu’au 28 juin, les Toulousains sont appelés à se prononcer sur l’offre de
transports et de déplacements au sein de leur cité. Le débat est ouvert sur un
sujet prioritaire pour la municipalité.

Pierre Cohen en a fait sa priorité de campagne municipale et le nouveau maire n’a pas tardé à mettre en œuvre un grand débat sur les transports toulousains, un mois et demi à peine après avoir enfilé l’écharpe tricolore. En effet, du 5 mai au 28 juin, la municipalité propose aux habitants, associations ou commerçants de s’exprimer à l’occasion des Assises de la Mobilité. Ce grand rendez-vous a pour but d’alimenter des réflexions sur le prochain Plan de Déplacements Urbains (PDU) qui organisera les transports pour Toulouse et son agglomération : «Ces Assises ont pour vocation de répondre aux promesses électorales en clôturant un débat, et de passer le relai. Il faut répondre à l’urgence en envisageant plus de bus et de navettes interquartiers, le développement des bus en site propre, des pistes cyclables plus sûres et des lignes de métro doublées par des tramways», annonce Pierre Cohen avant de pointer du doigt l’action de son prédécesseur : «Jean-Luc Moudenc a cru qu’en inaugurant la ligne B du métro, il serait exempt de toute interrogation. Mais il s’est trompé et son inaction lui est revenue comme un boomerang.»

 Les propositions des usagers

Même si le maire de la Ville rose se défend d’une quelconque volonté de mettre en pratique la démocratie participative chère à Ségolène Royal, les Toulousains seront les premiers à s’exprimer sur le sujet des transports car, comme le veut le slogan de ces Assises : «Les experts pour parler mobilité, c’est vous». Ainsi, sept débats seront organisés par quartiers, parallèlement à quatre réunions sur des thèmes structurants : les transports collectifs, les modes doux de déplacement, l’entreprise dans la ville et la place de la voiture en ville. Pas moins de 250 000 questionnaires seront distribués aux habitants doublés par la mise en ligne d’un site internet. Le dernier jour des Assises salle Jean Mermoz, un grand forum de synthèse permettra de faire le point sur les propositions des citoyens et de mettre en relation les diverses collectivités afin d’en débattre.

Mais les Toulousains n’ont pas attendu les Assises pour prendre le train des propositions : Bernard Marquié, adjoint délégué à la mobilité et aux transports, a déjà reçu de nombreux courriers sur le sujet, témoignant selon lui d’une «vraie préoccupation et d’un réel besoin d’organiser la demande». Au premier rang des réclamations, on retrouve la mise à plat de la réorganisation des lignes de bus, suite à l’ouverture de la seconde rame de métro. Celle-ci a entraîné un changement d’habitudes et de services de proximité qui ne satisfait pas l’ensemble des Toulousains. Dans le même temps, les habitants demandent vivement l’extension des horaires sur certaines lignes. Autre préoccupation de taille : la tarification des transports en commun. En effet, «il est difficile pour les familles de se déplacer en métro ou en bus. Cela leur revient plus cher que de prendre la voiture», explique Bernard Marquié. Sur ce point, Pierre Cohen avait annoncé durant sa campagne une volonté de rendre les transports gratuits au moins de 26 ans. Cette mesure devrait selon le maire rentrer en vigueur en septembre prochain, même si la décision ne revient pas qu’à la seule municipalité de Toulouse.

 Le ticket du partenariat

Car tout le débat est là : si la ville a montré son dynamisme sur la question des transports en votant une provision de 15 millions d’euros pour le prochain PDU, les élus toulousains ne sont pas les seuls décideurs en la matière. Les Assises de la Mobilité doivent donc permettre de mener les diverses collectivités au même terminus mais le trajet semble semé d’embuches. En effet, Tisséo doit avant toute mise en œuvre de chantier régler ses problèmes financiers et combler ses 1,2 milliards de déficit. Si le nouveau patron du réseau de transports de l’agglomération Stéphane Coppey n’exclut pas le recours à l’emprunt, le maire de Toulouse souhaite plutôt attendre le passage du Grand Toulouse en Communauté Urbaine et le retour du Conseil Général au sein de Tisséo. Mais ces projets risquent de prendre du temps : «Avant de parler de partenariat avec les autres collectivités, il faut en créer les conditions et ne pas le décréter d’office», prévient Joël Carreiras, adjoint délégué aux finances. En attendant, les élus toulousains veulent marquer leur ambition et faire des transports en commun «un outil concurrentiel de la voiture» grâce à la mise en route d’un «Plan Marshall» de la mobilité, ticket pour l’avenir. Autant dire que la municipalité toulousaine n’a pas l’intention de rater la rame de la modernité même si un consensus sur le sujet devra être trouvé.

 Sophie Orus

 Détail du programme sur www.assisesdelamobilite.toulouse.fr



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