ASN ; Centrales sous haute surveillance

L’Autorité de Sûreté Nucléaire vient de rendre son bilan 2010 avec un focus particulier sur la centrale de Golfech. Une présentation qui a une résonance particulière au lendemain de la catastrophe de Fukushima.

 

2010, année plutôt «satisfaisante» pour les dix-neuf centrales nucléaires françaises. C’est le bilan global que vient de communiquer l’Autorité de Sûreté Nucléaire, autorité administrative indépendante chargée de contrôler les activités nucléaires civiles en France.
Pour la division de Bordeaux qui regroupe les régions de Midi-Pyrénées, Aquitaine et Poitou-Charentes, ce sont ainsi 61 inspections qui ont été réalisées l’an passé : 25 sur le site du Blayais en Gironde, 16 sur celui de Civaux dans la Vienne, vingt sur celui de Golfech en Tarn-et-Garonne. «En 2009, Golfech était dans le Top des centrales. En 2010, elle a rejoint la moyenne» indique l’ASN qui fait état d’une «baisse de rigueur lors de certaines opérations d’exploitation.» Pointé du doigt, le manque de vigilance sur des événements pouvant avoir un impact sur l’environnement ; en référence à un déversement d’effluents radioactifs survenu en janvier 2010 dans une fosse inétanche, de 450 litres dénoncé alors par l’association Sortir du Nucléaire. «Nous avons demandé à EDF de renforcer la formation de son personnel à tous les niveaux de l’entreprise» explique Anne-Cécile Rigail, Chef de la Division de Bordeaux de l’ASN. En revanche, la centrale de Golfech «reste en pointe dans le domaine de la radioprotection, c’est-à-dire aux dispositions qui permettent de protéger le personnel contre les risques dus aux rayonnements ionisants.»

Un “ signal fugitif intempestif ”

Par ailleurs, impossible de ne pas évoquer l’incident qui début mai, a provoqué le déclenchement de la sirène de Golfech. L’ASN en donne la cause, très technique : «Il y a eu un signal fugitif intempestif, une variation de tension, envoyé par une carte électronique à une autre» explique Anne-Cécile Rigail, qui précise que l’exploitant devra par conséquent modifier son installation. «Il ne faut pas que les sirènes se déclenchent sans raison mais le jour où on en a besoin, il faut qu’elles se déclenchent à coup sûr.» De plus, le fait que les riverains n’aient pas respecté les règles de confinement fait dire à l’ASN qu’il faut «poursuivre la pédagogie sur les bonnes pratiques». Pour Patrice Russac, délégué territorial de l’ASN, «on pourrait imaginer faire un peu plus d’exercices», tout en nuançant l’événement : «Il faut relativiser. C’était une période où les individus étaient en fragilité psychologique par rapport au monde du nucléaire en général.»
Il n’empêche. La catastrophe de Fukushima aura laissé des traces. L’ASN considère en effet qu’il est «fondamental de tirer le retour d’expérience de cet accident». Ainsi les trois centrales du grand sud ouest sont-elles amenées à faire des évaluations complémentaires de sûreté, sur les risques d’inondation, de séisme, de perte des alimentations électriques et du refroidissement ainsi que sur la gestion opérationnelle des situations accidentelles. Les premières conclusions sont attendues le 15 novembre prochain.

 

22 incidents à Golfech

Quant à la situation de sécheresse qui sévit sur le territoire national, l’ASN se veut rassurante : «Une centrale peut-être rapidement mise à l’arrêt. Elle n’a pratiquement pas besoin des débits des rivières» poursuit Patrice Russac, «elle a ses propres pluies qui lui permettent en circuit fermé d’être en position de sûreté.» En 2010, la centrale de Golfech a déclaré 22 incidents contre 17 en 2009. Trois ont été classés au niveau 1 de l’échelle INES (qui compte huit niveaux de gravité de 0 à 7). Le reste, au niveau O.

Claire Manaud


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