Approchez, approchez, ici tout est frais !

Depuis l’Antiquité, les marchés occupent les cœurs des villes et villages français. Lieu d’approvisionnement mais aussi de rencontre, de rendez-vous, de sociabilité, les marchés font partie de notre vie, de nos civilisations. Votre hebdomadaire en a visité deux. Découverte.

 

Des étals pleins de couleurs et de saveurs, une multitude d’odeurs, des petits bistrots où il fait bon boire son café, les marchés sont bien souvent des lieux chaleureux où chacun a ses petites habitudes. La ville de Toulouse est plutôt bien lotie avec ses marchés de plein vent mais aussi ses trois marchés couverts de Victor Hugo, des Carmes et de Saint Cyprien. Ouverts tous les jours de 6h à 13h, sauf le lundi, ils font partie intégrante de la vie des Toulousains et sont de véritables villes au cœur de la cité depuis plus d’un siècle. Victor Hugo est le plus important avec sa centaine d’emplacements, puis suit celui des Carmes. Chaque matin les marchands arrivent, dès l’aurore ils s’activent, déchargent leur produits et arrangent leurs échoppes. Des produits de saison, du frais, au marché on privilégie l’authentique. Ici, on conseille le client pour ses achats, des recettes, la conservation des produits. Ce qui prime, c’est l’échange et la convivialité. Les marchés couverts de Victor Hugo et des Carmes trouvent leur origine à la fin du 19e siècle. Leur architecture, emprunte de la révolution industrielle est basée sur une structure métallique, des lignes épurées, un comble surélevé assure une bonne aération de l’espace et la priorité est donnée à la fonctionnalité. A l’époque, le maire de Toulouse Camille Ournac ouvre un concours pour la construction de halles visant à accueillir un marché couvert aux Carmes et à Victor Hugo. C’est à l’architecte Joseph Galinier que nous devons ces halles. Le maître d’œuvre fut architecte de la ville à la fin du 19e siècle, parmi ses réalisations figurent le théâtre municipal de Castres, ancienne faculté des sciences de Toulouse, les aménagements du Parc Toulousain avant l’arrivée du Stadium, le marché de Saint Cyprien, l’arc de Triomphe.

 

 

Authenticité et convivialité

 

Mais revenons à nos marchés toulousains ! Les temps passent, notre civilisation évolue et les deux constructions souffrent du travail du temps, surtout le marché des Carmes qui dans les années 50 s’effondre même en partie. L’époque est à la voiture et à la densification. Les espaces doivent changer de visage et trouver de nouvelles fonctionnalités en accord avec la modernité. C’est ainsi qu’en 1958, le marché Victor Hugo est démoli pour être reconstruit dans un style plus citadin avec un parking aérien de quelques étages. Puis en 1963, c’est au tour du marché des Carmes de faire peau neuve, s’équipant lui aussi d’un parking aérien. Les deux chantiers sont confiés à l’architecte Georges Candilis qui fut élève de Le Corbusier et a participé avec ce dernier à la création de la cité radieuse de Marseille. Les Toulousains doivent aussi à ce maître d’œuvre certains aménagements du quartier du Mirail, ou encore l’Université du Mirail, l’école d’architecture de Toulouse.

Les années 60, ont donc été une période de rénovation intense de la ville, la rendant plus «adaptée» aux nouvelles conditions de vie urbaine. Si les constructions ont donc changé, évolué, les marchands ont gardé toute leur bonne humeur et les marchés, leur fonction sociale. Primeurs, fromagers, cavistes, bouchers, poissonniers, boulangers et autres artisans, sont toujours là, avec leur sourire, leur gouaille et leurs bons produits !

 

Marie-Agnès Espa

 

 



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