Année du Mexique ; Les Toulousains disent “oui”

Le gouvernement mexicain déclarait, le 14 février dernier, ne plus participer à l’année du Mexique en France. De ce fait, la mairie de Toulouse a annoncé, le mercredi 16 février, l’annulation des manifestations prévues à cette occasion, notamment celles au programme du Rio Loco. Un choix que les Toulousains n’approuvent pas forcément.

 
La Ville de Toulouse se retire de l’Année du Mexique en France. C’est ce qu’a annoncé la Mairie de Toulouse le mercredi 16 février. Et ce, en réponse à l’annonce, lundi 14 février, du gouvernement mexicain de ne plus participer à l’année du Mexique en France. «Dans ce contexte diplomatique tendu, des risques importants menacent la réussite des manifestations culturelles toulousaines en lien avec l’année du Mexique, dont le festival Rio Loco.», indique le communiqué de presse de la Mairie. Une décision qui fait débat dans la ville Rose.

Culture ne rime pas avec politique…

«Je trouve cela idiot !», s’exclame Maria, une jeune Franco-Mexicaine. «Rio Loco est un événement culturel avant tout et non politique. De plus, c’est dans plusieurs mois, on ne sait pas encore comment va tourner l’affaire !» Cette réaction, de nombreux citoyens toulousains semblent la partager. À ses côtés, Macx, son compagnon, cite un proverbe mexicain pour exprimer le fond de sa pensée : «Viajando se instruye la gente – c’est en voyageant que le monde s’instruit. Les festivals de ce genre existent pour permettre à ceux qui n’ont pas les moyens se rendre dans d’autres pays, de découvrir une nouvelle culture. C’est réellement dommage que cette démarche soit gâchée par une affaire politique !» Une vision approuvée par les plus anciens. Yvon a 63 ans et se manifeste en déclarant qu’«un événement tel que Rio Loco a comme fonction première de fédérer, rassembler un groupe de personnes ayant le même lobby : la musique ! Il est important de ne pas concilier politique et culture, sur une affaire, à ce jour, non statué.» C’est donc un sentiment d’incompréhension qui semble peser sur Toulouse. Cependant, d’autres prennent en compte le caractère politique de l’affaire et ont un jugement moins sévère.

 

… Et pourtant

Bernard Labatut, directeur de la Maison Universitaire Franco-Mexicaine se dit «surpris de voir que les événements sont annulés. Bien entendu, il y a une tout autre dimension, politique, derrière. Il est donc difficile de se positionner, car nous ne connaissons pas les détails de cette affaire. Mais les liens qui unissent la France et le Mexique sont anciens et profonds. En outre, le Mexique est un pays rempli de richesses. Ce serait très contraignant si ce dossier qui tourne en affaire d’État ternissait ces liens.» Du côté du consulat Honoraire du Mexique à Toulouse, le Docteur Raymond de Saint Martin – qui a suscité sa création en 1987 – ne néglige pas le côté politique de l’affaire. Bien qu’il précise que «l’année du Mexique se prépare depuis mars 2009. Entre 400 et 500 événements vont être annulés. Je ne peux dire si la décision prise par la mairie de Toulouse a été motivée par des raisons politiques ou financières, puisqu’une partie des événements était subventionnée par le Mexique. Mais nous ne pouvons pas prendre position à partir du moment où l’innocence de Florence Cassez n’a pas été prouvée.»

Rappel des faits

L’affaire Florence Cassez n’a pas cessé de faire parler d’elle. Cette ressortissante française accusée d’avoir participé à l’organisation criminelle “Los Zodiaco” («la bande du zodiaque») a été condamnée en 2009 à 60 ans d’emprisonnement par la justice mexicaine ; une peine confirmée le 10 février dernier. Elle est inculpée pour enlèvement, séquestration, délinquance organisée et possession d’armes à feu et de munitions à l’usage exclusif des forces armées. Depuis, la France s’efforce à ramener Florence Cassez sur le territoire français pour qu’elle puisse y purger sa peine. Une demande, jusqu’à ce jour, toujours refusée par le gouvernement mexicain. Ces derniers jours, ce désaccord a pris de l’ampleur, mettant en péril les manifestations prévues pour l’année du Mexique en France. Maintien de l’année du Mexique en France ou non, aujourd’hui encore, le bras de fer entre les deux gouvernements est à son apogée. Dans tous les cas, la mairie de Toulouse a, quant à elle, pris sa décision. La politique aura eu raison de la culture.

Céline Galbrun


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