[En Vue] Anne Lelièvre, drôle de cirque 

Les personnes âgées aussi ont droit à la culture. C’est bien l’objectif du Gérontopôle de Toulouse. Son attachée culturelle, Anne Lelièvre, a mis en place avec l’association Par Haz’Art un projet de cirque adapté. Primé au concours des Villes amies des ainés, ‘’Des Rides et des Rêves’’ est une véritable prouesse acrobatique. En piste !

// Par Maylis Jean-Préau

Anne Lelièvre
Franck Alix / JT

Chapiteau. Depuis deux ans, les patients de l’hôpital Garonne peuvent manier des assiettes chinoises comme de vrais circassiens. « Tout a commencé par les rencontres de cirque extraordinaire Méli-Mélo.  J’y ai vu un atelier où des personnes hémiplégiques faisaient du cirque adapté, c’était très touchant », raconte Anne Lelièvre. Elle se lance alors un défi : imaginer un projet avec les personnes âgées de l’hôpital Garonne. Après avoir contacté l’association Par Haz’Art à Balma, ‘’Des Rides et des Rêves’’ est né.

Entrainement. « Nous avons proposé un atelier à titre expérimental », explique Anne Lelièvre. Plusieurs patients osent la suivre. Ils vont apprivoiser les arts du cirque, accompagnés par deux intervenants de Par Haz’Art et par l’équipe de rééducation fonctionnelle. Ils ont pu « travailler leur équilibre, redécouvrir leur corps, créer et surtout briser la solitude ».

Scène. Le 25 mars 2017, Juana, Henri, René et Françoise, quatre patients de l’unité de soins longue durée, présentent une restitution des ateliers à Méli-Mélo. « Il y avait la musique, l’éclairage, le public… c’était magique ! L’un des participants, Henri, a dit que c’était extraordinaire, qu’il ne pensait pas être capable de faire du cirque ! », raconte Anne Lelièvre, ravie de cette nouvelle relation créée avec les patients. Grâce à cette aventure, elle a aussi réussi à « changer le regard qu’on leur porte ».

Duo. Anne Lelièvre a toujours été persuadée des bienfaits de l’art sur la santé : « j’ai fait les Beaux-arts tout en étant attirée par les personnes empêchées. Je me suis donc dirigée vers une formation d’art-thérapeute ». Depuis qu’elle est arrivée au Gérontopôle, il y a huit ans, avec la double casquette d’attachée culturelle et d’art-thérapeute, elle n’a eu de cesse d’intégrer la culture aux soins. Ateliers théâtre ou chorégraphies au chevet des malades font désormais partie de la vie de l’hôpital.

Inspiration. Soutenu par le CHU et par l’association Hôpital Sourire, le projet de cirque devrait se poursuivre cette fois « dans les chambres des personnes les plus grabataires et de façon individuelle ». Anne Lelièvre espère qu’il sera décliné ailleurs. Pour d’autres rides et d’autres rêves.



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