Alta Juris International, groupe d’avocats ; La chaîne et le maillon pour ne plus exercer seul

Créé en 2000, Alta Juris International est un groupe qui rassemble 130 cabinets d’avocats français et étrangers. Organisé en association loi 1901, ce réseau est réparti sur l’ensemble du territoire national mais aussi en Europe, au Maghreb, aux USA et en Amérique du sud. Son objectif premier : promouvoir un nouveau modèle d’exercice de la profession d’avocat. Maître Mathieu Gény a adhéré à Alta Juris International en 2001. Avocat au sein de la SCP HPGT basée dans le Gers, il vient d’être nommé Président du groupe pour la région Midi-Pyrénées. Interview.

 
Maître Gény, vous avez fait vos études à Toulouse et débuté votre carrière à l’étranger. Qu’est-ce que cela vous a apporté ?
En effet, j’ai débuté dans le cabinet français international Gide Loyrette Nouel à Tokyo en tant qu’avocat collaborateur. Pendant quatre ans, j’y ai appris la rigueur et la puissance d’une organisation.

En 2000, vous devenez associé co-gérant de la SCP Prim-Gény avant d’adhérer un an plus tard au groupe Alta Juris International. Quelles ont été vos motivations ?
Nous avons fait le constat qu’il fallait sortir d’une structure isolée, au sein de laquelle nous commencions à toucher du doigt les limites de notre propre compétence. Il fallait aussi anticiper les évolutions qui s’annonçaient pour notre profession et par conséquent nous rapprocher d’autres cabinets pour répondre au mieux au besoin de nos clients. J’ajoute que ce mouvement au sein de notre profession, existe déjà depuis une dizaine d’années par exemple, dans les métiers de l’expertise en bâtiment ou chez les experts-comptables.

Quel est concrètement l’avantage pour un avocat de faire partie de ce groupe ?

Celui de ne plus exercer seul. Le matin quand j’entre dans mon cabinet de sept avocats, je suis potentiellement en lien avec 600 avocats en France et à l’étranger. J’ai à ma disponibilité des savoir-faire, des compétences, des complémentarités, des synergies, des moyens. J’ai accès à des gens qui partout, peuvent m’aider à régler les problématiques de mes clients. Mais je suis aussi en lien avec des personnes que je connais, qui travaillent avec des méthodes très proches des miennes, puisque la quasi totalité des cabinets sur l’ensemble du territoire national est certifiée ISO. Nous avons également une exigence commune en matière de formation, d’organisation des cabinets, de réactivité.

Une sécurité pour le client

Le président national d’Alta Juris, Jean-Pierre Raynaud, parle d’une “identité commune” à tous les avocats du groupe. Quelle est-elle ?
Cette identité est précisément centrée autour de la notion de groupe. Nous sommes aujourd’hui un vrai groupe qui veut dégager une unité et une image fortes pour ensemble, apporter plus de valeurs ajoutées à nos clients.

Quel est justement l’intérêt pour un particulier ou une entreprise, de faire appel à Alta Juris International ?

L’intérêt pour le client est qu’il va trouver au sein d’un cabinet, des interlocuteurs qui vont pouvoir l’accompagner, le conseiller, le représenter, le défendre, au mieux de ses intérêts. La relation humaine est pour nous très importante. Géographiquement proches, ils vont par conséquent être réactifs, capables de le rencontrer dans les meilleures conditions possibles, avec si besoin est, la possibilité de s’appuyer sur des compétences externes au cabinet. Un avocat qui intervient de manière récurrente dans un domaine d’activités, est plus compétent. Il pratique aussi des honoraires plus transparents et mieux maîtrisés, qu’un avocat qui va découvrir la matière à chaque intervention. Il y a pour le client de ce point de vue aussi, une sécurité quant à la prestation fournie.

Un mythe dépassé

Sans un groupe à ses côtés, un avocat a-t-il du mal à vivre de sa profession à l’heure actuelle ?
Très sincèrement, je pense qu’il y a aujourd’hui une vraie crainte pour celui qui va rester dans une démarche isolée et être enfermé dans les limites de sa propre compétence. Il va faire face à des matières de plus en plus techniques qui évoluent de plus en plus vite, à une libéralisation concurrentielle qui s’accentue. Il va être noyé dans son quotidien. L’avocat généraliste qui exerçait seul il y a 25 ans, c’est aujourd’hui un mythe dépassé.

Alta Juris est le premier groupe de Cabinets d’Avocats certifiés ISO Alta 9001-2008. Qu’est-ce que cela signifie et implique ?
Au niveau d’Alta Juris, nous avons une documentation qualité qui a été définie sur le plan national et approuvée par notre organisme certificateur, le Bureau Veritas. Dans chaque région, nous avons un coordinateur qualité et dans chaque cabinet, un responsable qualité. Très concrètement, il existe des procédures qui régissent au sein des cabinets la manière d’exercer notre métier : accueil du client, traitement du dossier, procédures documentaires, ressources humaines, satisfaction de nos clients, etc. Chaque année, nous établissons des plans d’entreprise qui visent à améliorer le fonctionnement de nos cabinets.

 

La région, un échelon important

Début 2011, a eu lieu la 11ème édition du congrès annuel du groupe à Séville. Quelle stratégie Alta Juris International met-il en place cette année ?
Nous avons décidé d’un plan d’actions qui devrait se décliner sur plusieurs années avec un renforcement des plates-formes de compétences. Alta Juris est déjà un organisme de formation agréé par le Conseil National des Barreaux. En plus de nos huit pôles de compétences, nous avons décidé de créer des ateliers de praticiens qualifiés. Nous visons également à retravailler notre implantation géographique sur le territoire national. Il y a encore des zones dans lesquelles il est possible de recruter des cabinets.

Vous venez d’être élu Président du groupe en Midi-Pyrénées. En quoi votre mission va-t-elle consister ?

Nous avons trois niveaux d’organisation : le niveau national avec un président et un conseil d’administration, des régions et les cabinets. Mon rôle consiste à animer ce développement régional. La région est vraiment un échelon important pour nous. Environ tous les deux mois, nous nous retrouvons entre avocats du groupe pour bâtir ensemble des projets, faire avancer les dossiers, échanger sur les difficultés, ou les projets de nos cabinets respectifs.

Alta Juris International dans notre région, ce sont 40 avocats implantés à Toulouse, Montauban, Auch, Agen. C’est peu, beaucoup ?
C’est à la fois peu et beaucoup. Sur le plan de l’implantation territoriale, nous pourrions intéresser des cabinets d’avocats dans d’autres villes de manière à mieux occuper le territoire de Midi-Pyrénées. Mais pour que le groupe vive bien, qu’il y ait à la fois de la cohésion et de la cohérence entre nous, il ne faut pas non plus que nous soyons trop nombreux pour pouvoir porter des projets communs.

Quel est votre objectif en Midi-Pyrénées ?
Nous aimerions bien que Midi-Pyrénées se dirige un peu plus vers l’Aquitaine : que les départements des Landes, des Pyrénées Atlantiques, de la Gironde, soient mieux représentés au sein de notre groupe.

Propos recueillis
par Claire Manaud

www.altajuris.com


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