Alliance Police Nationale ; Travailler mieux et gagner plus

Arrivé second aux dernières élections, le syndicat Alliance Police Nationale veut entre autres propositions, replacer le policier en tant qu’homme au cœur des préoccupations de sa propre hiérarchie et de l’Etat. Son Secrétaire général, Jean-Luc Delage, était de passage à Toulouse la semaine dernière pour un meeting.

 
Des violences aux personnes en hausse de 2.8 % mais une baisse globale de la délinquance de 1 % en 2009. Ces chiffres nationaux, Brice Hortefeux les a dévoilés il y a quelques jours. Lors de cette présentation, le ministre de l’Intérieur a par ailleurs rappelé aux fonctionnaires de police sa volonté de les voir ramener non pas du chiffre mais des résultats. En d’autres termes, du qualitatif et non du quantitatif. Précisément, l’une des principales revendications du syndicat Alliance Police Nationale à la veille des élections professionnelles. «Nous sommes totalement opposés à la culture du chiffre», déclare son Secrétaire général Jean-Luc Delage, de passage à Toulouse pour un meeting, «nous condamnons le rendement contre-productif et la statistique abrutissante», imposés selon lui par «certains chefs de service plus soucieux de leur carrière que de la sécurité des Français».

Respect et considération

Pour ces fonctionnaires toulousains, l’exemple le plus probant de cette politique, reste les débordements Place du Capitole en novembre dernier, suite au match Algérie/Egypte. Ils expliquent que la Compagnie de Sécurisation, réquisitionnée à Saint Sernin le dimanche matin, ne pouvait par conséquent pas être à 100 % de ses capacités sur le terrain, la veille au soir. «La délinquance à Toulouse ne s’améliore pas» confie Luc Escoda, Secrétaire zonal Alliance, «c’est une des villes où il y a le plus de violences urbaines et paradoxalement, elle n’est pas classée en zone difficile, malgré nos fortes demandes».
Ce qui amène tout naturellement à évoquer l’autre cheval de bataille de ce syndicat «majeur», tel qu’il se définit lui-même, mais non majoritaire : la diminution des effectifs. Face à ce qu’il considère comme une «erreur», «9 000 heures par an, sont consacrées à la garde des détenus hospitalisés» dénonce JL Delage, Alliance Police Nationale demande que les policiers soient recentrés sur leur cœur de métier, à savoir, assurer la sécurité du citoyen.
De même, ce syndicat veut replacer le policier en tant qu’homme au cœur des préoccupations. Un homme qui mérite respect, considération, et ce, au plus haut niveau de l’institution. Pour JL Delage, «il doit être autant protégé que le citoyen lambda, par sa hiérarchie et par l’Etat. Et lorsqu’il est blanchi dans une enquête qui le mettait en cause, nous requerrons une intervention publique du Préfet !»

Tolérance zéro !

Dans un registre équivalent, le syndicat Alliance Police Nationale prône la tolérance zéro envers les insultes, les menaces, les agressions physiques et morales, les propos calomnieux à l’encontre des policiers : «Nous identifions désormais ces personnes et portons plainte contre elles» rappelle JL Delage, «l’idée de l’impunité envers nos collègues ne doit pas se développer».
Une reconnaissance qui passe aussi par une meilleure rémunération. Alliance Police Nationale veut «travailler mieux et gagner plus», et réclame une revalorisation indiciaire pour les gradés et gardiens de la paix. Davantage de moyens, humains et financiers, pour ne pas tomber dans la démotivation, la démobilisation. «Le ministre (de l’Intérieur, ndlr) a compris notre lassitude» se félicite JL Delage, pour qui néanmoins la vigilance est de rigueur, «mais nous veillerons à ce que ses propos soient bien suivis d’effets».
Aux élections professionnelles de 2006, Alliance Police Nationale est arrivée en 2ème position avec 36 % des voix derrière Unité Police en tête avec 51 % (FPIP : 7 %, SGP/FO : 5 %).



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.