Alliance Centriste ; Une alternative à la droite et au PS ?

Dans la dimension politique Française, au Centre, il y avait une place à prendre. Elle semblait toute destinée à Français Bayrou et à l’UDF. Elle lui tendait les bras, diront les spécialistes. Mais force est de constater aujourd’hui que l’Homme de Pau, avec son MoDem, un ego surdimensionné, a perdu. Faisant de la Présidentielle son seul objectif politique en 2008, il aurait pu réussir le hold-up parfait, si une certaine Ségolène Royal ne l’avait logiquement privé d’un 2ème tour gagnant. Avec le MoDem, il tentait de rebondir seul. Faire de ce nouveau mouvement son outil de guerre était son nouveau credo. En fait, un pétard mouillé qui n’aura fait que participer un peu plus à diviser la famille centriste. Aujourd’hui pesant tout juste 5 %, ces Régionales pourraient demain signer sa fin politique. En fait François Bayrou se dit être un stratège, sauf que pour gagner, il faut savoir aussi passer à l’action, aller sur le terrain se battre pour défendre ses idées et faire passer ses convictions. Et surtout ne pas trahir celles et ceux qui lui ont fait confiance, se sont brûlés les ailes pour lui et son MoDem…
Et comme la nature a horreur du vide, le malheur des uns pourrait faire le bonheur d’Alliance Centriste, emmenée, dès juin 2009, par le Président de la commission des finances du Sénat, Jean Arthuis. Ce parti, déclaré de fait comme une alternative à la droite et au PS, veut démontrer son indépendance vis-à-vis des autres formations politiques et particulièrement à quelques semaines des élections régionales. Alors, ce n’est pas une surprise si Philippe Folliot, député du Tarn, l’une des figures locales à l’avoir rejoint, veut démontrer «qu’un fond centriste est bien vivant en Midi-Pyrénées».
2010 est une année douloureuse pour la France, estime Alliance centriste et Jean-Marie Belin, Président de la Fédération de Haute-Garonne s’en explique.
Rencontre.

 
Jean-Marie Belin, rappelez-nous l’origine d’Alliance Centriste ?
Alliance Centriste est un parti politique né dans la continuité du mouvement “Rassembler les Centristes” initié par Jean Arthuis. A Toulouse et en Midi-Pyrénées, nous étions présents dès le début de cette belle aventure.

C’est-à-dire ?
Devant l’éclatement de la famille centriste et les orientations des uns et des autres, Jean Arthuis, avec un groupe d’amis et plusieurs sénateurs, a pris l’initiative de la rassembler dès juin 2007. D’abord en créant l’association “Rassembler les Centristes”, puis devant l’évolution et le développement de celle-ci qui compte aujourd’hui plus de 45 fédérations départementales affiliées et l’adhésion de 12 parlementaires, il a pensé que le moment était venu de transformer “Rassembler les Centristes” en parti politique désormais appelé “Alliance Centriste”. Le parti est né le 27juin 2009.

Parlez-nous de Jean Arthuis ?
Jean Arthuis est le Président de la commission des finances du Sénat bien connu pour son indépendance, son intégrité, son sérieux, à l’origine de bons nombres de propositions de lois importantes relatives notamment à la création des maisons d’assistants maternels ou celle tendant à prévenir le surendettement et bien d’autres encore d’ordre social ou financier. Souvenez-vous, il a été ministre des Finances et sur le budget, les finances, ses avis sont craints et respectés !

Vous parlez de parlementaires : qui en Midi-Pyrénées ?
Philippe Folliot, député du Tarn et vice-président de la commission de la défense nationale à l’assemblée fait partie de notre bureau, à Paris. Qui plus est, il est porte-parole national. Il a quitté le Nouveau Centre et nous a rejoints il y a deux mois.

C’est un plus ?
Certainement. Qui dans les mouvements centristes de notre région peut se targuer d’avoir un député dans ses rangs ?

 

Une ambition collective

Quelle est la base de votre action politique ?
L’indépendance, le réalisme politique qui doivent nous donner le droit d’être fiers de nos idées, en réalité d’être centristes c’est-à-dire avec nos valeurs humanistes, libérales, sociales et européennes. Nous sommes partisans du développement durable et de l’économie sociale de marché.

Qu’entendez-vous par indépendance ?
Nous avons pour ambition de proposer un projet politique alternatif à la droite et au parti socialiste. Nous souhaitons, dans ce cadre, réaffirmer notre indépendance vis-à-vis des autres formations politiques.
 
Comment s’exprime votre réalisme politique ?
Le projet de l’Alliance Centriste ne servira pas une ambition personnelle, mais bien une ambition collective. Notre engagement est réaliste et place l’homme au cœur de nos préoccupations et de nos actions. Un parti qui fait par exemple des propositions pour une véritable justice fiscale, une écologie positive et un développement durable qui porte l’homme vers une meilleure gestion de sa vie (privée et professionnelle) avec pour but de le rendre plus heureux.
 
Tous les partis disent à peu près les mêmes choses : quelles sont vos différences ?
Comme nous l’avons déjà dit, c’est notre indépendance, nous ne sommes pas tributaires d’ambitions stratégiques paralysantes, et nous voulons seulement faire avancer les projets susceptibles d’améliorer la vie de nos concitoyens. Et puis, quel parti prévoit dans ses statuts sa dissolution une fois son objectif atteint, à savoir la réunification de toute la famille centriste ?

 

Changer nos habitudes

Par quoi cela se traduit-il ?
Par des propositions pour une vraie justice fiscale et sociale, favoriser la liberté d’entreprendre. Jean Arthuis est également président du conseil général de la Mayenne, département au taux de chômage le plus bas de France, ceci explique peut-être cela. Quelques idées seraient certainement bonnes à prendre au plan national comme régional. D’ailleurs, le projet politique d’Alliance Centriste est en cours de débat, c’est une discussion formidable, un forum. Et nous avons pris à Toulouse une grande part dans sa rédaction.
 
Comment voit-on l’année 2010 à Alliance Centriste ?
L’année 2010 sera douloureuse. La croissance économique restera faible, le chômage va continuer à croître, les conditions de crédit aux entreprises demeureront restreintes. L’avenir de la France passe donc par de profonds changements qui nous obligeront à changer nos habitudes : des mesures d’austérité seront obligatoires, qui consisteront en une réduction des dépenses publiques et une augmentation probable des impôts (les élus vont souffrir !) afin de réduire le déficit public. 2010 révèlera encore plus le besoin d’une Europe politique efficace afin de résister aux tentations protectionnistes nationales faciles mais qui ne sont pas les solutions à la crise. Souhaitons, pour le bien-être de tous, que cette crise, qu’elle soit économique ou climatique, nous permette justement de faire avancer l’Union européenne vers la création d’un leadership européen qui parle d’une seule voix lors des prochaines négociations mondiales. Il en va de sa crédibilité, de son salut. Mais nous ne sommes pas pessimistes, les réformes attendues (collectivités territoriales, retraites, environnement…) seront l’occasion d’affirmer nos valeurs centristes. Ainsi les élections régionales doivent-elles être un moment privilégié de pragmatisme, de démocratie de proximité et de prise de décision responsable vis-à-vis de nos concitoyens.

 

Une vraie addition de nos forces

La région, parlons-en, les élections approchent. Quelle sera votre position ?
Notre position est conforme à la mission qui nous a été confiée, dans un premier temps : travailler pour rassembler la famille centriste. Ce sera notre base de discussion.

Vous y parvenez ?
Ce n’est pas l’exercice le plus simple ! Les discussions existent, ne sont pas faciles du fait des orientations divergentes des uns et des autres. Le “fond” centriste est bien vivant en Midi-Pyrénées. D’ailleurs, l’essentiel de nos adhérents n’a jamais milité dans un parti. Evidemment, quand on a l’esprit centriste, comment choisir entre des mouvements dont on sait à l’avance, et pour certains même plus qu’à l’avance, quels sont leurs objectifs ou leurs orientations, qui sont respectables par ailleurs. Soyons clairs et simples : le centre existe, en dehors d’une affiliation à l’UMP ou d’un ralliement de second tour au PS !
 
Si une fusion des centristes s’opérait, quelle forme pourrait-elle prendre ?
L’union, autour du partage des idées et des valeurs communes. La mise en commun des moyens, sans hégémonie de qui que ce soit envers qui que ce soit, dans une vraie addition de nos forces.

 

Les régionales : une étape

Sinon ?
Nous avons la ferme volonté “d’y aller”, nous nous y préparons. Mais nous ne serons pas un parti de complément. Et nous ne rejoindrons pas pour les étoffer, les dissidences qui commencent à naître ici ou là. Nous sommes un parti politique, donc responsable. Nous sommes ouverts et accueillants.

Pourriez-vous partir seuls ?
Certainement ; en tout cas, nous nous y préparons. La plupart de nos amis dans les autres départements sont prêts, nous essayons encore d’élargir notre liste en Haute-Garonne, et d’y accueillir d’autres centristes “orphelins”.

Pour quel programme ?
Des régions plus autonomes qui coopèrent avec d’autres régions européennes. Aller vers les euro-régions porteuses d’expansion et de richesses industrielles, scientifiques, touristiques, etc. Porter les revendications des territoires et des acteurs ruraux, rééquilibrer au profit de tous, favoriser un développement durable digne de ce nom ; Faire des propositions sur la formation professionnelle, les transports, l’eau, regarder avec minutie ce qui est utile ou superflu dans la gestion actuelle, toujours dans l’optique de favoriser le développement de nos concitoyens. Alliance Centriste a un projet politique qui le distingue bien des autres partis. A partir de ce projet, nous présenterons un programme de politique régionale, d’esprit clairement centriste et équilibré, avec des propositions de gestion, dynamique et ouverte, pour notre région. Et puis surtout, Alliance Centriste est à l’initiative du rassemblement qui doit pouvoir s’exprimer à travers un vote, lors des prochaines élections régionales. Ce choix n’existait plus.
L’échéance des régionales n’est pas un but en soi, pour nous c’est une étape. Les citoyens qui veulent s’exprimer en tant que centristes, n’oublieront pas ensuite qui a voulu les rassembler, pas les diviser, pas les instrumentaliser, servir leur choix.
 

Propos recueillis
par André Gérôme Gallego


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