“Alliance Centriste”; Jean Arthuis l’avait promis…

… C’est aujourd’hui chose faite. Ce 27 juin 2009, plus de 200 délégués, venus de toute la France ont participé au Congrès fondateur d’“Alliance Centriste” ; ce nouveau parti qui se veut être, avant toute chose, rassembleur…

 
Comme attendu par tous, c’est le sénateur de Mayenne Jean Arthuis qui en a pris la destinée en acceptant d’en être le premier Président. C’est ainsi que celui qui avait refusé de suivre François Bayrou au MoDem ou Hervé Morin au nouveau Centre, ne s’est pas caché de vouloir ces prochains mois rassembler sous sa bannière l’ensemble de la famille Centriste : «marquer la fin d’un égarement collectif». Rappelant même, dans son discours de clôture, que le premier des statuts du nouveau parti précisait justement que «sa durée serait conditionnée par sa vocation à promouvoir l’unification des formations centristes». Ajoutant : «Alors que l’Etat est de retour pour tenter de rétablir la confiance, la voix du Centre reste silencieuse parce que le Centre est aujourd’hui éclaté, inaudible, victime aussi d’une obsession présidentialiste si contraire à notre culture». 

 


D’entrée de jeu, des ambitions révélées par la présentation d’un carnet de route qui autour d’une charte éthique, se veut engager des valeurs «humanistes, sociales, libérales et européennes» tout en n’omettant pas de rappeler tout son attachement aux notions de «développement durable et d’économie sociale de marché». Conscient aussi que l’invocation d’un catalogue de valeurs ne suffira pas, Jean Arthuis s’appliquera à rappeler que le premier défi à relever par “Alliance Centriste” sera de faire vivre le débat : «nous affranchir de toutes les conventions de langage, de tous les tabous qui nous enferment dans une vision passéiste et nostalgique de la France, de sa place dans le monde, de son modèle social» dira-t-il.
Dans son discours, l’homme se montrera décidé, serein, même s’il sait que le temps lui est compté pour réussir son pari qui voudrait qu’il gagne là où d’autres ne cessent d’échouer, depuis que l’UDF a été mis en hibernation. Oui, Jean Arthuis serait capable de le faire, car il n’a pas à proprement parler d’ambition personnelle, seulement d’être au service d’un collectif, au service de son pays. Réservé, secret, s’il en est, il a de quoi nourrir de réels arguments, d’autant si son ancien partenaire François Bayrou continuait à persister dans une stratégie Présidentielle du tout ou rien.
N’est-ce pas justement Jean Arthuis qui, lors de la campagne présidentielle de 2007, élaborait avec l’économiste Christian Saint-Etienne et le député Charles de Courson, le programme économique du Président du MoDem. Programme dans lequel, pressentant la crise et ces effets sur l’emploi, il envisageait déjà la mise en place d’une TVA sociale afin de freiner les délocalisations d’entreprises en diminuant de fait le coût du travail ? N’oublions pas aussi qu’il aura été tour à tour Secrétaire d’Etat, de Jacques Chirac, lors de la première cohabition, en 1985, et ministre à deux reprises, sous l’ère Juppé, tout d’abord du développement économique et du plan, puis des Finances et de l’Economie. Depuis 2002, il est président de la commission des Finances, du Contrôle budgétaire et des Comptes économiques de la Nation. Pour autant d’expériences et de responsabilités qui lui confèrent le respect et l’écoute de tous et lui donnent une vraie stature nationale. 

 

Avec ou sans Bayrou ?

Reste pour Jean Arthuis et Alliance Centriste à être capables de rassurer ses anciens partenaires afin de surmonter quelques réflexes de chapelle et d’amour propre. De parvenir à convaincre que la durée de vie du nouveau parti se prolongera bien demain dans la fusion avec les autres composantes centristes. Démontrer qu’il s’agit uniquement de prendre part à la refondation de la famille centriste. Avec un défi tout trouvé : celui des régionales de 2010 qui offrent, de fait, un terrain privilégié pour éprouver l’aptitude au rassemblement avec ou sans le MoDem. Reste à savoir quelle peut donc être justement la place d’Alliance Centriste sur l’échiquier politique ? D’autant s’il se confirme solidaire de la majorité présidentielle, sans pour autant se reconnaître ni dans l’UMP, ni a fortiori, dans le MoDem ? «Depuis l’éclatement de notre famille politique, nous sommes en attente, ressentant le malaise de l’apesanteur. L’aventure tentée par François Bayrou, après l’échec stratégique des législatives en juin 2007, la dé- convenue des élections municipales de mars 2008, le scrutin du 7 juin est éclairant.

Il convient de ne pas confondre indépendance et isolement. La cause européenne, pas plus que les enjeux législatifs ou territoriaux, ne peut être détournée au profit d’une ambition présidentielle pour 2012. Pas question de rester inertes, spectateurs d’un déclin fatal ! La politique, c’est l’action.», martèlera à ses délégués le nouveau Président. Conscient que son parti n’est pas en situation d’exercer à lui seul le pouvoir, qu’il a obligatoirement vocation à nouer des alliances, tant aux plans local que national voire même européen. «Notre valeur ajoutée doit être perceptible et fondée sur notre indépendance», rappellera à ses troupes, en guise de conclusion et de premier engagement le sénateur de Mayenne.
Alors, Alliance Centriste la fin d’un égarement collectif ?
 

André Gérôme Gallego
Directeur de la publication


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