Afghanistan : Montauban pleure ses soldats perdus

«L’honneur est le capital des morts dont les vivants n’ont que l’usufruit», les mots inscrits sur le monument aux morts du 17ème RGP, prennent en ce jour de deuil, un sens bien particulier.
Deux sous-officiers particulièrement aguerris, du 17ème RGP, les adjudants Emmanuel Techer et Jean-Marc Gueniat ont trouvé la mort en Afghanistan. Un drame qui est venu endeuiller les cérémonies du 14 juillet, comme le relèvera le Colonel Patrick Poitou, chef de corps de ce régiment. Ce dernier confirmera par ailleurs les nouvelles rassurantes concernant le caporal chef Kreaber, blessé, lui aussi, dans l’attentat.

 
C’est près du village de Joybar en Kapisa, au nord-est de Kaboul, l’une des régions parmi les plus dangereuses du pays, qu’un engin explosif déclenché par un ou plusieurs individus a coûté la vie à 7 militaires français dont les deux adjudants du régiment montalbanais. La thèse de l’attentat est confirmée, reste à définir les responsabilités et surtout les complicités. Car les militaires français se trouvaient dans un poste de police afghan et entouré d’hommes en tenue de service.
Les corps des deux adjudants montalbanais comme ceux de leurs collègues décédés dans l’attentat ont été rapatriés sur Paris ce lundi. Un hommage national en présence du Président de la République Nicolas Sarkozy, des plus hautes autorités Militaires et politiques de l’État comme de Brigitte Barèges, député-Maire de Montauban ou le Colonel Patrick Poitou s’est déroulé mardi aux Invalides. Comme cela avait déjà été fait le 2 juin dernier après la mort du caporal-chef Nunes-Patego lors d’un accrochage avec des insurgés. Comme le veut aussi l’usage, les deux adjudants seront élevés au grade supérieur d’adjudant-chef et se verront attribuer la Légion d’Honneur à titre posthume.

 

Deux grands professionnels aguerris à ce type de missions

Les deux militaires étaient reconnus comme expérimentés et particulièrement aguerris et informés des dangers qu’ils encouraient en Afghanistan. Mais devant un acte aussi lâche qu’un attentat-kamikaze que pouvaient-ils anticiper pour se protéger et protéger leurs compagnons d’infortunes ? L’enquête lancée par les autorités afghanes comme par l’armée française, sur place, devront déterminer les complicités et prendre les mesures qui s’imposent en pareil circonstances. L’adjudant Emmanuel Techer était âgé de 38 ans, marié et sans enfant. Cet ancien formateur des techniques commandos, s’était engagé en 1993. Ses nombreuses campagnes au Tchad, au Sénégal, au Kosovo voire même en Nouvelle-Calédonie lui avaient valu de nombreuses décorations et citations. Il était chef de la section commandement de la 2ème Compagnie de combat.
De son côté, Jean-Marc Gueniat, était âgé de 39 ans. Dès l’âge de 20 ans, il s’était engagé au 17ème RGP. Très expérimenté, il faisait lui aussi partie des commandos parachutistes avec de nombreuses opérations à son actif, en Nouvelle Calédonie, ex-Yougoslavie, en Centre-Afrique, Côte-d’Ivoire. Elevé au grade d’adjudant en 2007, il avait reçu de nombreuses décorations qui étaient venues ponctuer sa longue et brillante carrière. Il était marié et père de deux enfants âgés de 4 et 8 ans. Il est à noter que, comme bien souvent, le 17ème RGP fournit un nombre important de ses soldats aux contingents français en opération pour l’Otan. C’est ainsi qu’en Afghanistan, ce ne sont pas moins de 170 de ses représentants qui honorent ses couleurs sous le commandement du Capitaine Zéni. Tous devraient rentrer au pays, au plus tard en novembre prochain.

AGG


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