Affaire de Camaret / Demongeot; Une association monte au filet

Par le biais d’une association et avec le soutien d’un avocat toulousain, adhérents du club de tennis landais du Gaillou, anciens joueurs et amis se réunissent pour que Régis de Camaret, impliqué dans une affaire de mœurs, puisse reprendre son activité.

 
La révélation de l’affaire avait fait grand bruit dans le monde policé de la petite balle jaune. En février 2007, l’ancienne championne de tennis Isabelle Demongeot, accompagnée d’une dizaine de joueuses, porte plainte pour viols aggravés et agressions sexuelles contre son ancien entraîneur Régis de Camaret. Les faits reprochés au célèbre coach remontent pourtant aux années 80, du temps où il officiait à Saint-Tropez sous les feux des projecteurs, avec ses deux protégées Nathalie Tauziat et Isabelle Demongeot. Depuis la mise en lumière de cette affaire ultramédiatisée, les langues se sont déliées dans un sport où le rapport entre un entraîneur et ses jeunes joueuses peuvent paraître ambigües. La Fédération Française de Tennis a même mis en place un plan d’action afin de lutter contre «les abus d’autorité».
Mais à Capbreton, personne ne croit aux accusations portées à l’encontre de Régis de Camaret qui a toujours nié les faits. Car lors de son inculpation, l’entraîneur avait depuis longtemps quitté son fief du Var pour monter un tennis-club dans les Landes, le Gaillou, associé à Nathalie Tauziat. Pascale Boulpiquante, secrétaire et trésorière du club, se souvient de l’incompréhension des parents et enfants à Capbreton : «On a failli rire car on ne croyait pas ces accusations. Puis ce fut la stupeur. Du jour au lendemain, on nous a enlevé un homme passionné qui n’a jamais eu de geste ou de parole déplacés. Il n’a jamais forcé quiconque à faire quoi que ce soit. D’ailleurs, les enfants ont continué à correspondre avec lui.»

 


Laisser la justice trancher

Depuis son incarcération, les membres du club multiplient les actions et devraient déposer dans les prochains jours les statuts d’une association visant à monter une véritable Académie de tennis et, du même coup, défendre Régis de Camaret dans la reprise de son activité. Aujourd’hui libéré sous contrôle judiciaire dans l’attente de son procès, l’ex-responsable du club n’a pour l’instant plus le droit de rentrer en contact avec le monde du tennis : «Depuis qu’il a été remis en liberté, il se claquemure à Capbreton. Mais les gens qui ont pu l’apprécier, les parents, les joueurs eux-mêmes, le réclament et se plaignent qu’il ne puisse pas continuer son activité», explique Maître Rastoul, avocat toulousain qui soutient la démarche du Gaillou. «Les faits qu’on lui reproche sont très anciens. De plus ils se sont déroulés à Saint-Tropez. Il dirige le Gaillou avec Nathalie Tauziat depuis au moins 10 ans et il ne s’est jamais rien passé là-bas». Pascale Boulpiquante poursuit : «C’est un homme effrayé, marqué par ce qui s’est passé. Quand nous l’avons retrouvé, les gens l’ont accueilli spontanément, comme si de rien n’était.»
Du côté des adhérents et des anciens joueurs et joueuses à Capbreton, l’on ne veut pas juger de la véracité des faits : «Nous ne voulons pas intervenir dans l’affaire mais laisser faire la justice. Avant de prendre la défense de Régis, nous nous sommes interrogés car les faits reprochés sont très graves. Mais, très vite, nous nous sommes rendus compte de beaucoup de mensonges et de préjugés. Cette affaire ressemble fortement à un règlement de compte.» Un règlement de compte entre deux ex-numéros 1 françaises ? Cette hypothèse a fait son chemin depuis un an. En effet, selon certains témoignages, Isabelle Demongeot aurait mal vécu que Régis de Camaret découvre et soutienne Nathalie Tauziat dans les années 80-90, la menant jusqu’en finale à Wimbledon. De là à monter de toutes pièces une sombre affaire de mœurs, la justice tranchera…

 


Sophie Orus




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