Aéroport, turbulences sur les vols de nuit

Suite à une étude de 4 scenarii, les vols de nuit pourraient être diminués voire supprimés d’ici 2011. Le but affiché est de réduire les nuisances sonores, même si cette proposition ne fait pas l’unanimité.

 
Les murs qui tremblent, les oreilles qui bourdonnent ou les enfants réveillés en pleine nuit par le bruit des moteurs… C’est ce que vivent de nombreux riverains de l’aéroport Toulouse-Blagnac. Dans le but de diminuer ces nuisances sonores, la Commission Consultative de l’Environnement de l’aéroport, qui réunit la préfecture, les compagnies, les élus et les syndicats de pilotes, a décidé de commander une étude sur la possibilité de réduire les vols en soirée et de les supprimer de minuit à 6h. Le trafic effectué entre 22h et minuit représente 8 % des mouvements de l’année et les vols nocturnes sont en majorité des atterrissages. Quatre scenarii sont aujourd’hui dans la balance mais ce sera au secrétariat d’Etat aux transports de trancher début 2011.
Les différentes possibilités préconisent l’interdiction des avions les plus bruyants à différentes périodes de la nuit et le 4ème scénario, le plus strict, instaure un couvre-feu de minuit à 6h. Cependant, les études ne prennent en compte ni les répercussions en termes de santé publique ni celles sur l’économie locale, alors que les transports nocturnes ne concernent que l’Aéropostale et le fret. Un complément devrait être apporté dans les mois à venir. «Il ne faut pas se poser en ayatollah entre les pro et les anti aéroport», confie Françoise Souliman, secrétaire générale de la Préfecture. «Il faut concilier activité économique et problématique de santé publique. Pour cela, il faut faire œuvre de sagesse et de responsabilité collective. Si on écoute les compagnies, on ouvre l’aéroport tout le temps, alors que pour les associations environnementales, il faudrait le fermer !»

 


En attendant un possible arrêté ministériel, voire «un cadre réglementaire légal», les différentes partenaires ont décidé de mettre en œuvre “une charte de bonne conduite” où les pilotes s’engagent à réduire les nuisances sonores et l’impact sur l’environnement. «La culture du transport aérien, c’est avant tout la sécurité et la régularité. Aujourd’hui, le pilote doit intégrer une nouvelle problématique à sa démarche. C’est une révolution culturelle», selon le directeur de l’aéroport Jean-Michel Vernhes qui tente également de rassurer les habitants de l’agglomération : «Depuis 1999, le nombre de mouvements a baissé à Blagnac contrairement aux simulations de l’époque. L’activité se réduit», ce qui exclut d’office la nécessité d’un second aéroport dans la région.

Sophie Orus




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