Aéronautique; Une cellule pour éviter les turbulences

La Direction Départementale du Travail, la CGPME31 et les organisations syndicales ont renouvelé leur engagement dans la cellule de reclassement des salariés touchés par les restructurations de l’aéronautique, créée en 2007 suite à l’annonce du Plan Power 80.

 
Le ciel se voile au-dessus de l’aéronautique ces derniers mois et, après avoir annoncé la réduction de cadence de production de l’A380, Airbus a remis en question la semaine passée son objectif de commandes brutes. Entre janvier et avril 2009, l’avionneur européen n’a enregistré que 11 commandes nettes, contre 19 annulations. Ce marasme entraîne for- cément des décisions draconiennes de la part des patrons d’EADS, le Plan Power 8 en étant l’illustration, mais également des difficultés chez les sous-traitants et autres sociétés de services. Par ricochets, on estime entre 500 et 1 000 le nombre d’entreprises impactées par la crise de l’aéronautique dans la région.
Face à cette situation, la Direction Départementale du Travail, de l’Emploi et de la Formation Professionnelle (DDTEFP), la CGPME31 et les organisations syndicales ont décidé d’unir leur force en créant une cellule de reclassement des salariés du secteur, licenciés pour motif économique. «Il s’agit d’une structure unique qui aide les victimes les plus démunies», explique Anouk Déqué, présidente de la CGPME31. «Les entreprises touchées par des restructurations sont à 95 % des structures qui ne comptent pas plus de 50 salariés. Les petits patrons sont dans le dénuement et le déchirement vis-à-vis de leurs employés.»

 

« Un prêt-à-porter social »

Depuis septembre 2007, la cellule s’adresse aux entreprises de moins de 50 salariés, à celles dont les licenciements sont inférieurs à 10 personnes et aux structures mises en redressement ou liquidation judiciaire. Le dispositif mis en place avec le cabinet toulousain Sodie et ses 14 consultants propose d’accompagner, de conseiller et d’orienter les personnes en reclassement, du bilan professionnel à la recherche active de travail, en passant par la rédaction de CV ou éventuellement une formation. Depuis un an et demi, elle a pris en charge une trentaine de salariés et les différents partenaires ont décidé de renouveler leur participation la semaine dernière, tout en étendant le champ d’intervention du dispositif. «Cette cellule interentreprises s’adresse avant tout à celles qui ne sont pas soumises au Plan de Sauvegarde de l’Emploi ou qui n’ont pas les moyens d’organiser le reclassement de leurs employés», précise Dominique Maréchaud, directeur adjoint de la DDTEFP. «Il s’agit d’un prêt-à-porter social financé par l’Etat à hauteur de 2 000 € par salariés, par la Région pour 1 000 € et par l’entreprise entre 250 et 500 € si elle dispose de la trésorerie nécessaire.»
Les principales organisations syndicales (CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT, FO) sont impliquées dans la démarche et saluent la mise en place d’un tel outil : «Les restructurations ne concernent pas que les salariés mais les cadres, pas que les emplois directs mais indirects. Donc nous nous réjouissons de cette convention», déclare Jean-François Ecobicon, membre de la CFE-CGE. Pour la CGT et sa représentante Nathalie Simon, «cette cellule est également bénéfique aux syndicats qui disposent d’un outil et donc de réponses pour les salariés.» Il faut dire que ces dernières semaines, les questions se bousculent au standard : «Latécoère nous a assuré le maintien des CDI pour au moins 3 ans mais ne renouvellera pas les intérimaires et les CDD. La société va également beaucoup moins faire appel à la sous-traitance», confie Dominique Maréchaud. Anouk Dé-qué raconte de son côté une anecdote : «A Airbus, l’entreprise de nettoyage qui passait tous les jours, n’intervient plus qu’une fois par semaine !» En attendant qu’Airbus redécolle, la cellule de reclassement va pouvoir augmenter sa voilure : «Nous aurions préféré créer ce dispositif pour rien mais tant que la crise se durcit, nous sommes là», conclut Dominique Maréchaud.

Sophie Orus

Pour toutes informations :
Sodie (André Bergugnath,
05 34 61 19 80,
andre.bergugnath@sodie.com)


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