A Toulouse, les mangas ont la cote

La nouvelle va faire des heureux parmi les Toulousains férus de culture japonaise. Cette semaine, le premier atelier de manga de la Ville rose, Toulouse Manga, ouvre ses portes dans le quartier des Minimes. Une démonstration de l’ancrage de ce phénomène si particulier, au cœur de Toulouse.

Une porte rose. Un décor zen. Des origamis et des mangas punaisés aux murs. Pas de doute, dans cet atelier, le Japon est à l’honneur. Et pour cause, la créatrice à l’origine du concept est une véritable passionnée. «Quand j’étais petite, mes parents tenaient un restaurant japonais à Toulouse», confie Claire Pélier, fondatrice de Toulouse Manga. «J’ai donc été plongée très tôt dans l’univers nippon, qui m’exalte toujours.» Aujourd’hui, elle ouvre son propre atelier de manga. Ancienne professeure d’arts plastiques, elle veut proposer un concept novateur à Toulouse, entre formation et loisir. Son but : «partager sa passion».

La folie manga

Lorsqu’elle exerçait dans l’Education nationale, Claire Pélier avait pour habitude d’intéresser ses élèves aux arts plastiques en se référant aux jeux vidéo, aux mangas animés ou autres «nipponeries». La professeure a alors mis en place des ateliers de manga à la mi-journée pour les mangaka * en herbe, et a parfois été contrainte de refuser certains d’entre eux, tant l’engouement de ses élèves était prégnant.

Car les passionnés se plongent très jeunes dans l’univers manga. C’est le cas de Camille, jeune Toulousaine de 17 ans élevée aux jeux vidéo, accro au phénomène depuis des années. Parfois, lors de soirées pluvieuses passées chez elle, il lui arrive de dévorer ses BD japonaises toute la nuit. «Grâce aux mangas, je m’échappe de la réalité», confie la jeune fille. «C’est une échappatoire qui m’offre une autre ouverture sur le monde, une autre façon de penser pour réussir ma vie.» Sa passion est telle qu’elle a repris au quotidien certaines mimiques de ses personnages préférés. «Quand je suis en colère, je gonfle mes joues comme les héroïnes des mangas que j’aime lire !» s’amuse-t-elle.

Toulouse adhère

Claire Pélier

Après Paris, la Ville rose est la deuxième commune française consommatrice de manga. «Paradoxalement, la communauté japonaise est peu implantée à Toulouse, qui est par ailleurs la seule grande ville de France à ne pas être jumelée avec une cité nippone» constate Claire Pélier. «Et pourtant, ici, il y a vraiment de l’intérêt pour la culture japonaise et particulièrement pour le manga.»

Pour preuve, Toulouse propose chaque année plusieurs éditions du TGS (Toulouse Game Show), pour les fans de mangas, de jeux vidéo et de science-fiction. Un succès tel que l’événement, initialement organisé à l’espace Diagora, s’installe les 1er et 2 décembre prochains au Parc des expositions. Lors de ces rendez-vous, tous les mordus de manga se retrouvent et partagent leur passion. Certains viennent même déguisés en personnages issus des mangas, plus fantasques les uns que les autres.

Des cours pour tous

L’ouverture d’un atelier tel que Toulouse Manga s’inscrit donc dans un courant déjà bien actif au sein de la Ville rose. Et les possibilités de cours offertes par le site sont vastes. De 10 à 77 ans, les intéressés peuvent s’inscrire et bénéficier des précieux conseils de Claire à l’atelier, à domicile ou même en ligne.  Les cours durent 2 heures et se font en petit comité, pour «privilégier la qualité à la quantité». L’atelier fraîchement créé compte déjà 11 inscrits.

Chaque cours d’initiation combinera à la fois, bases du dessin et compréhension des spécificités du manga. Pour mettre en valeur les leçons, des projets d’exposition sont prévus, ainsi que l’impression à petit tirage d’un recueil des travaux des élèves en fin d’année. Des projets ambitieux et des valeurs honorables que la jeune entreprise rêve de consolider. Le souhait de sa fondatrice ? «Que Toulouse Manga, jeune pousse, devienne un bel arbre !»

* Mangaka = auteurs de manga

Ariane Riou

Stages en juillet et en août, cours collectifs hebdomadaires, cours à domiciles, cours en ligne, interventions et ateliers en centres de loisirs et en milieu scolaire. http://toulousemanga.fr ; toulousemanga@gmail.com ; 06 52 81 42 62.

 

Le manga, qu’ès aquò ?

Le manga est installé depuis près de 20 ans en France, aujourd’hui  deuxième pays consommateur de bandes dessinées japonaises au monde. Après le Japon bien sûr. Là-bas, le succès supplante celui de tous les autres Etats distributeurs. Chaque semaine, des milliards de mangas sont publiés et dévorés par les Japonais, férus de cette lecture facile, vive et ancrée dans la réalité.

Un dynamisme économique qui s’explique notamment par la diversité impressionnante des ouvrages mis en vente. Car, dans le manga, chacun trouve son compte. Peu importe l’âge, le sexe ou la classe sociale. Il existe plusieurs catégories de bandes dessinées créées pour différentes tranches d’âge. Le Kodomo, par exemple, est conçu pour les jeunes enfants, alors que le Shôjo est adapté aux jeunes filles entre 8 et 15 ans.

Le manga est sommairement défini comme l’équivalent japonais de notre fameuse bande dessinée franco-belge. Certes, nombreuses sont les correspondances entre les deux, mais la manière de raconter  – et bien sûr le format et le sens de la lecture (les Japonais lisent de droite à gauche) – n’est pas la même. Dans le manga, une importance particulière est accordée à l’émotion, au détriment du dessin. Il arrive même que le décor soit presque inexistant. Tout est fait pour que le lecteur ne s’attarde pas sur chaque case et que sa lecture soit fluide. En ce sens, le manga développe quelques similitudes avec le cinéma.  A vos mangas !

A.R.



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