[Dossier] Val Tolosa : l’opposition fertile

OPTIONS – Empêtré dans les batailles judiciaires, le collectif “Non à Val Tolosa” a dû mettre, pour un temps, la construction d’un projet alternatif concret de côté. Mais les idées ne manquent pas et il suit de près la situation à Gonesse, en région parisienne, où un collectif, opposé à un programme commercial semblable, a élaboré un projet audacieux autour de l’agriculture périurbaine.

 

val tolosa
Voilà à quoi pourrait ressembler le futur Farm Lab de Gonesse, élément central du projet montré en exemple par le collectif ‘’Non à Val Tolosa’’

Soucieux de ne pas se laisser enfermer dans le simple rôle d’opposants, le collectif “Non à Val Tolosa” a très tôt essayé de creuser des pistes alternatives. Dès 2007, une liste était élaborée mentionnant plusieurs propositions. Il y était par exemple question de valoriser la zone en terres agricoles pour rapprocher production et consommation autour de Toulouse, de développer des champs de panneaux solaires, d’aménager des espaces verts pour des activités de loisirs de plein air, de créer d’un terrain de camping, de bâtir des locaux pour artisans et petits commerces ou encore de faire émerger une pépinière d’entreprises orientées vers les énergies renouvelables.

« Ce ne sont pas les idées qui manquaient mais nous avons vite été au bout de nos compétences. Pour le champ de panneaux solaires par exemple, nous avions rencontré un expert d’EDF mais il s’avérait que la législation ne permettait pas de stériliser la surface pour ce type d’usage. Il faut dire aussi que notre temps et notre énergie ont été pris par les batailles juridiques », raconte Jutta Dumas, membre du collectif.

« Créer tout un écosystème pour rapprocher production, transformation, distribution et consommation »

Autre écueil rencontré par le collectif, le manque de réelle coopération intercommunale du fait que Plaisance-du-Touch, où se trouve le plateau de la Ménude, ne fasse pas partie de Toulouse Métropole. Car pour “Non à Val Tolosa”, le problème n’est pas seulement environnemental mais concerne plus largement l’aménagement du territoire et la place accordée aux commerces. « Il existe plusieurs axes de réflexion pour empêcher le gigantisme de Val Tolosa qui ne correspond plus aux attentes de la population. On pourrait développer des pôles moyens de proximité, réhabiliter d’anciens centres commerciaux afin d’éviter le surplus et le risque de friches ou encore mettre en place un vrai réseau de transports collectifs pour sortir du tout voiture. Ce sont des solutions qui paraissent évidentes mais qui nécessiteraient une concertation à plus grande échelle », assure Jutta Dumas.

Pour cette dernière, la solution idéale pourrait bien résider dans le projet alternatif porté par les compagnons de lutte de Gonesse en région parisienne, opposés à Europa City, un programme commercial encore plus grand que Val Tolosa. Un groupement intitulé Carma (Coopération pour une ambition rurale métropolitaine et agricole), rassemblant des opérateurs du monde agricole et de la distribution alimentaire et des acteurs financiers, a en effet imaginé un espace de régénération de l’activité agricole périurbaine et urbaine.

L’enjeu serait non seulement de remettre en place une agriculture locale au service de la population, mais également de promouvoir de nouvelles formes de collaboration économique et de recherche agricole via notamment la création d’un Farm Lab. « C’est un projet très ambitieux qui consiste à élaborer tout un écosystème pour rapprocher production, transformation, distribution et consommation. Ce serait un rêve de faire cela ici, les caractéristiques sont semblables avec une très forte demande de terres à exploiter pour nourrir une population qui ne cesse d’augmenter. Mais la grande différence, qui n’est pas des moindres, est qu’ici le terrain a déjà été vendu au promoteur », regrette Jutta Dumas.

Dossier ” Val Tolosa : des alternatives en rayon ” :

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