4 adolescents font 35 victimes

Vendredi 13 septembre 2013, comparaissaient devant le Tribunal de grande Instance de Toulouse, Bastoini, Shaeen, Nordine et Jonathan. Ces quatre jeunes adultes devaient être jugés en comparution immédiate, pour des faits commis entre le 26 mai et le 11 septembre 2013.

 

Les quatre accusés, tout justes majeurs, entrent dans le box, menottes aux poignets. Ils sont tous issus du quartier Empalot et doivent répondre de différents chefs d’accusations portés à leur encontre : extorsions avec violence, vols aggravés, vols en réunion et recels de biens provenant de vols. Mais en début d’audience, tout l’enjeu des débats repose non pas sur le fonds du dossier mais sur la mise en détention ou au contraire sur la mise en liberté dans l’attente du jugement. Le Procureur de la République fait savoir sa position, qualifiant « un comportement de groupe détestable » : «Même si les quatre prévenus ne sont pas jugés aujourd’hui, il n’en demeure pas moins que les faits qui leurs sont incriminés sont bels et bien réels. Ils ont commis leurs actes de manière violente, que ce soit autant sur un plan physique que moral. Ils doivent rapidement en connaître les conséquences. Compte tenu de la gravité de ces faits, je demande un mandat de dépôt pour l’ensemble de ces individus.» Et de saluer « le travail des policiers et le courage des victimes », présentes d’ailleurs pour la plupart.

 

« Ils doivent payer pour ce qu’ils ont fait »

 

Parmi elles, cet étudiant en sciences d’une vingtaine d’années : « je tenais à connaître la sentence. » dit-il, intimidé par les lieux et encore tout traumatisé par la manière dont les prévenus l’ont agressé : « C’était un dimanche de juillet, en plein après-midi, je rentrais sur le campus quand un jeune m’a demandé l’heure. Je ne me suis pas méfié. J’ai alors sorti mon téléphone portable de ma poche quand quatre individus m’ont entouré. Ils avaient un regard haineux qui m’a intimidé. Ils m’ont demandé mon argent et mon téléphone. J’étais seul. Pris de panique, je n’ai pas tenté de leur faire face. J’ai cédé, je leur ai tout donné pour qu’ils me laissent tranquille.» Mais, « même s’ils ne m’ont pas frappé » ajoute-t-il, « les faits sont là. Et puis je ne suis pas le seul. Le nombre de victimes est conséquent, ils doivent payer pour ce qu’ils ont fait.»

 

« L’absence ou la mort du père »

 

Précisément. Pas moins de 35 personnes ont été victimes des agissements de la bande. Chacun aurait agi à des degrés divers mais tous sont d’après leurs déclarations à la Présidente du tribunal, à la recherche d’un emploi ou dans l’attente d’une promesse d’embauche. La Défense prend alors la parole et fait valoir à la fois « les regrets » et les « excuses » de ses clients. L’un d’eux a même proposé d’indemniser les victimes : « Ce sont quatre gamins. Ils ont à peine 18 ans » plaide cet avocat, « je ne vais pas vous dire que ce qu’ils ont fait, est bien. Ils ont compris qu’ils allaient un peu loin et ont arrêté leurs imbécillités. » Et de justifier ces comportements par « l’absence ou la mort du père » dans chacun des cas : « je n’ai pas envie de faire pleurer votre juridiction mais l’absence du père peut expliquer ceci ou cela. Et la solution de les mettre en maison de détention n’arrangerait pas les choses, au contraire. Le mieux serait qu’ils soient placés sous contrôle judiciaire.»

Après en avoir délibéré, la Présidente décide finalement le renvoi des prévenus en mandat de dépôt. Les quatre jeunes ont ainsi quitté le tribunal sous escorte policière jusqu’à la maison d’arrêt. Ils y resteront en attendant la prochaine audience qui a été reportée au jeudi 24 octobre à 14h.

Elsa Nardari



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