3ème journée du CLAN; L’obésité, une préoccupation de poids en Midi-Pyrénées

Le Comité de Liaison Alimentation et Nutrition (CLAN) organise
sa 3ème Journée sur le thème de l’obésité au Centre de Congrès Pierre Baudis, ce jeudi. Entretien avec Patrick Ritz, professeur de nutrition clinique.

 
Qu’est-ce que le CLAN ? Quelles sont ses missions et ses objectifs ?
Le CLAN a été créé en 2002 et a pour objet de réunir au sein d’une même instance tous les professionnels du CHU en matière d’alimentation et de nutrition. Le but est de définir une politique d’amélioration de la prise en charge de l’alimentation et de la nutrition au sein de l’établissement. L’idée est d’améliorer l’efficacité des traitements avec l’alimentation. La maladie génère des besoins spécifiques qu’il convient de cerner. Par exemple, l’alimentation des patients atteints de cancer est particulière du fait du traitement par chimiothérapie (intolérance aux odeurs, aux plats trop chauds…)

Est-ce un programme spécifique à la Haute-Garonne ?
Non, le programme dépend d’un décret national sur l’alimentation et la nutrition dans les établissements de santé. Il concerne en principe tous les établissements, mais en pratique, seuls les Centres Hospitaliers Universitaires peuvent les mettre en place.

Le programme intervient-il uniquement dans le domaine médical ?
Non. Le professeur Tauber, pédiatre, développe des actions auprès des écoles et de la protection de l’enfance à travers le Réseau de Prévention et de Prise en Charge de l’Obésité (REPOP). Le but est de prévenir l’obésité chez le jeune public en enseignant de meilleures habitudes alimentaires et en favorisant l’exercice physique.

11 % de la population concernés et de plus en plus d’enfants

Quelles sont les interactions entre obésité et maladie d’Alzheimer ?
On différencie deux types d’Alzheimer : la maladie génétique qui se déclare chez des patients relativement jeunes (environs 50 ans), et qui concerne plusieurs membres d’une même famille. Et le deuxième type, qui comporte une prédisposition génétique mais se déclenche du fait des facteurs environnementaux. Ces facteurs de risques sont les mêmes que pour les maladies cardio-vasculaires : malnutrition, diabète, cholestérol, hypertension artérielle…
De plus, une fois que la maladie est déclarée, les patients ont tendance à perdre beaucoup de poids : de nombreux troubles contribuent à diminuer l’appétit et aboutissent à la dénutrition.

Quelle est la situation dans la région par rapport à l’obésité ?
Au niveau national, 12,4 % de la population est atteinte d’obésité. Pour la région Midi-Pyrénées, 11 % sont concernés. La région est donc relativement bien placée compte tenu de la moyenne nationale. On constate par contre une évolution inquiétante de l’obésité chez les enfants et les adolescents. Nous savons maintenant que le milieu socio-économique est déterminant, les classes les plus modestes étant plus sujettes aux problèmes de poids.

Quels sont les publics concernés par la chirurgie pour perdre du poids ?
La chirurgie pour la perte de poids a beaucoup évolué grâce à un meilleur encadrement législatif. La France rattrape son retard face aux Etats-Unis et acquiert une meilleure expérience. Aujourd’hui, il faut mettre en place toute une procédure pour accéder à ces actes chirurgicaux. Le patient en surpoids est en général à l’initiative de la démarche, mais l’avis médical de plusieurs professionnels reste indispensable, il ne s’agit pas de chirurgie esthétique. Les patients opérés ont en moyenne 40 ans et il s’agit le plus souvent de femmes.

Propos recueillis
par Eva Larand
et Laure Basterreix


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