30 ans d’immobilisme à la mairie de Toulouse ?

D’anciens élus ripostent

Les ex-locataires du Capitole taxés d’immobilisme en avril dernier dans un éditorial signé Pierre Cohen, répondent au maire de Toulouse et président de la communauté d’agglomération. Des arguments de campagne à un mois des législatives mais aussi pour les municipales de 2014.

C’est une petite phrase publiée dans le journal municipal «A Toulouse» d’avril dernier qui fait aujourd’hui bondir d’anciens élus municipaux. «Pendant 30 ans, l’immobilisme a été de mise. Aucune grande opération n’a vu le jour…» ont-ils pu lire dans l’éditorial du maire et président de la communauté d’agglomération, Pierre Cohen. Il n’en fallait pas plus pour indigner Danielle Damin, Christian Raynal, Jean-Michel Lattes ou encore Roger Atsarias. «Cette affirmation s’ajoute à de précédentes déclarations publiques allant dans le même sens. C’est une énormité.» n’hésitent-ils pas à dénoncer à un mois du premier tour des législatives. «On peut ne pas être d’accord avec ce qui a été fait mais dire que rien n’a été fait en 35 ans, c’est trop gros pour être vrai et crédible» déclare Roger Atsarias. Alors bilan contre bilan, ces membres du groupe d’opposition municipale Toulouse pour Tous et membres de l’association Toulouse Avenir reviennent malgré eux en arrière pour démentir «ces propos inacceptables pour les équipes municipales qui se sont succédé sur cette période» : «Nous avions pris la décision de ne plus parler que d’avenir et de faire des propositions» lance à son tour Danielle Damin mais Pierre Cohen nous a remis les yeux dans le rétroviseur. Et finalement, nous le remercions parce que ce n’était pas une bonne méthode d’oublier tout ce que nous avons fait.» Et d’égrener les actions qui selon ces anciens élus ont fait avancer Toulouse, ont tourné la ville «vers la modernité, le dynamisme» de Pierre Baudis jusqu’à Jean-Luc Moudenc : entre autres, l’embellissement des façades et des rues,  les lignes A et B du métro, le Cancéropôle, ou encore la création par Dominique Baudis des noyaux villageois de Toulouse, «la petite graine qui a lancé la démocratie locale, de proximité» précise Danielle Damin qui regrette vivement, «comme beaucoup de Toulousains», la disparition des maires de quartiers. Même ferme mise au point au niveau des équipements culturels par ces ex-élus qui revendiquent haut et fort au sein de leur majorité d’alors la paternité de la Cité de l’espace ou du Musée des Abattoirs : «Dans ce domaine, nous n’avons pas de leçon à recevoir par ceux qui nous ont succédé alors que deux projets piétinent actuellement : Le Lieu Zaide et la Maison Nougaro. On pédale à la vitesse du pédalo qui remonte la vague» redit tout net Roger Atsarias.

Après «Toulouse, la belle endormie», «Toulouse, la belle agonisante»

 

Ancien maire adjoint à la circulation et porte-parole de Toulouse Avenir, Jean-Michel Lattes dresse lui les mêmes constats «inquiétants» sur «l’explosion de la dette de +60%» : «Depuis trois ans, Toulouse vit à crédit et est en train d’épuiser ses ressources avec une capacité d’autofinancement qui de fait va être moindre qu’auparavant.» assure-t-il après avoir étudié les comparaisons de l’épargne nette, de l’investissement et donc de la dette entre les années 2007 et 2011. L’insécurité est elle aussi évoquée. Christian Raynal qui a eu ce dossier en charge au Capitole, enchaîne sur les caméras de vidéosurveillance : «On n’a pas atteint le niveau de Nantes…» ironise-t-il. Puis tout en reconnaissant «la bêtise de notre gouvernement (de droite, ndlr) d’avoir enlevé les îlotiers» et voyant en l’Office de la Tranquillité «une excellente chose», il dénonce avec véhémence la suppression des patrouilles municipales : «Même les étudiants sont en train de quitter Toulouse pour aller sur Montpellier, Marseille voire même Bordeaux. Ils ont peur et on ne fait rien. Pierre Cohen nous a dit que Toulouse était «la belle endormie». Je lui dis aujourd’hui que Toulouse est la belle agonisante. Elle est en train de mourir.» De là à en faire un redoutable argument de campagne, cette fois-ci pour les municipales de 2014, il n’y a qu’un pas que Christian Raynal franchit allègrement : «Pierre Cohen défait systématiquement ce que l’on a fait. Si l’on sait mettre en avant le problème de l’insécurité, dans deux ans, il sera battu, j’en suis persuadé». Reste une inconnue et c’est Christian Raynal lui-même qui ajoute : «Dans deux ans, si on est bons et unis»…

Claire Manaud



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