120 bougies qui témoignent d’une autre histoire

Thomas Simonian EditoDans l’univers de la presse toulousaine, il est toujours bon de saluer l’action des confrères. Dans un secteur qui sent bon la crise, il n’est pas forcément opportun de se positionner en permanence dans un esprit concurrentiel. D’ailleurs la plupart des supports sont en fait plus complémentaires que réellement concurrents. Chacun défend une ligne éditoriale distincte, chacun a sa propre histoire, et pour certains il y a même des opinions à défendre …

120 ans, c’est si rare dans notre monde. C’est donc dans ce contexte morose qu’il faut applaudir les 120 ans de nos confrères de « La Voix du Midi » (ex Croix du Midi.) Car contre vents et marées voici donc un titre qui a toujours su résister en plein « Bayletland. » Regardons l’histoire de la presse toulousaine, qui a pu résister au vampire qui vient de se nourrir du sang de « Midi Libre » ? Pas grand monde, et cela continue. Mais du côté de « La Voix du Midi », titre repris récemment par le groupe Ouest-France, on ne baisse jamais les bras et on a même lancé un gratuit « Côté Toulouse » plutôt axé loisirs. Pour concurrencer « Ugh », le pendant nullissime de la DDM ? Ouf.

Il faut se battre, militer pour une autre info … Il y a d’un côté un quotidien qui aime les bons titres style : « Un vigile se prend un pavé en pleine tête. » Et il y a de l’autre des médias qui tentent autre chose, qui prennent le temps de traiter le fond et d’alimenter les débats. Qu’elle parle d’économie, de politique ou de culture, il y a donc toujours une autre presse dans la ville rose. Si le JT est dans la bagarre, « La Voix du Midi », « Touleco », « La Gazette du Midi », « Clutch », « Le Brigadier » et d’autres sont également sur le ring. Car la défense de la pluralité de la presse sur un territoire est un enjeu qui dépasse largement le simple cadre économique. Une seule voix pour diffuser l’information locale serait un drame pour tous! La liberté d’expression ne doit pas rester l’utopie d’un 7 janvier 2015… Il ne s’agit pas d’un slogan qui doit être brandi, notamment par les politiques, pour se faire un coup de com’ sur le dos d’un mouvement citoyen. La liberté d’expression est un bien précieux à préserver tel un joyau. Un bien collectif.

“La liberté d’expression est un bien précieux”

L’écrin  est donc fragile. Mais il est également dans une réelle mutation qui oblige l’ensemble de la presse à se remettre en question, et à imaginer un développement autour d’un monde qui avance plus vite que jamais. Le papier jaunit, la tablette est « la » nouveauté et les réseaux sociaux font de nous tous des acteurs du flux continu d’informations… Nous sommes tous devenus des « BFM » en puissance. Vive l’autre presse toulousaine, c’est par elle que vous en saurez toujours plus sur les réalités qui vous entourent. 120 ans, un bel âge qui en dit donc beaucoup sur l’information de votre ville. 120 ans … ça fait même rêver! Cela tombe plutôt bien, l’utopie fait toujours avancer, et le monstre régional ne fait plus vraiment peur : « Il vaut mieux avoir sa rivale dans le passé que dans l’avenir. » Et si Balzac avait raison ? En avant la nouvelle presse.
 



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