Vincent Terrail-Novès: « Copé est dans une situation intenable »

Et si c’était lui l’homme qui monte ? La trentaine dynamisante, il sait également cacher son jeu. Calme et posé, celui qui ne met jamais en avant son nom de famille, ne semble jamais s’affoler. Ni quand son parti se déchire nationalement, ni quand Alain Fillola l’attaque en justice… Le conseiller régional UMP Vincent Novès a choisi clairement sa cible : Balma.

 Vous aviez pris clairement position pour François Fillon durant la campagne interne que vient de connaître votre parti. On vous sent aujourd’hui en recul vis-à-vis de l’actualité, et de ce bras de fer Copé/Fillon qui n’en finit plus…

Cette prise de recul est une volonté. Je pensais et je continue à penser que François Fillon était le plus rassembleur des deux candidats. Mais la situation que nous vivons est décevante pour tous les militants dont je fais partie, et j’ai donc décidé de me recentrer sur mon activité municipale à Balma.

Aujourd’hui beaucoup réclament un nouveau vote. Quelle est votre position ?

C’est indispensable, non pas parce que je le pense, mais parce que notre président Jean-François Copé est dans une situation qui paraît intenable. Sa légitimité est contestée, et dans ce contexte, il lui est impossible de diriger le premier parti d’opposition. La sagesse voudrait donc que nous procédions à un nouveau vote.

L’avenir de l’UMP, c’est quoi ?

Notre avenir, c’est de gagner les prochaines municipales et toutes les échéances qui suivront. Les difficultés aident souvent à resserrer les liens et l’engagement militant.

Parlons maintenant de la région où les élus écologistes « bousculent » de plus en plus Martin Malvy.  Comment observez-vous cette situation et ces tensions dans une même majorité ?

Ce qui se passe nous donne raison. Pendant toute la campagne régionale nous avions dénoncé cette cohabitation, dont nous savions qu’elle serait très difficile. On parlait à l’époque notamment du dossier LGV (ligne à grande vitesse)… qui a été adopté grâce aux voix responsables de l’opposition. Aujourd’hui on constate que sur le fonctionnement même de l’institution, il est récurrent de voir les Verts en confrontation avec le président Malvy. On regarde ça avec inquiétude mais aussi avec amusement.

Avec votre groupe (« Osons Midi-Pyrénées ») vous sentez-vous respecté par Martin Malvy ?

Absolument pas, et cela se manifeste par des tours de passe-passe, notamment lorsqu’on dépose des vœux pour les fins de séance, et que le président nous indique qu’ils sont rejetés car n’étant pas d’intérêts régionaux. Cela n’a pourtant pas toujours été le cas pour les autres groupes… Etrange ?

« Il s’est créé un lien entre les Balmanais et moi»

 

Balma reste-t-elle votre ambition n°1 ?

C’est ma priorité.

Pourquoi cet attachement à cette commune ?

Je m’y sens bien, je connais les gens, ils m’interpellent et n’hésitent plus à aller à ma rencontre. Il s’est créé un lien entre les Balmanais et moi, entre les Balmanais et mon équipe. Le travail municipal est concret et quotidien. Nous sommes confrontés en frontal avec les difficultés de chacun, et les gens vous identifient comme étant une solution possible à leurs problèmes. Cet engagement-là est le plus gratifiant.

Ce qui s’est passé aux dernières élections législatives (JL Moudenc en tête au second tour à Balma) vous encourage-t-il ?

Je suis vraiment heureux de ce résultat, mais je reste pragmatique et je sais très bien que pour des élections municipales, les Balmanais feront la part des choses. Ils ne voteront pas pour l’étiquette politique mais pour un homme, une équipe et un projet. Ils ont besoin de connaître le maire et de le sentir. La sociologie de la ville a toujours été de droite, et cela n’a pas empêché Alain Fillola de gagner en 1995, 2001 et 2008. Donc le résultat de Jean-Luc Moudenc est très motivant, me donne des forces, mais je ne mélange pas tout. Il reste encore beaucoup de travail pour gagner cette ville.

Quel est le grief principal que vous formulez envers votre opposant Alain Fillola ?

C’est une urbanisation trop importante et trop rapide. La ville connaît aujourd’hui une saturation de certains équipements, qu’ils soient sportifs, scolaires, culturels ou routiers. Et malgré cette situation, on s’apprête à accueillir un nombre important de nouveaux habitants dans les années qui viennent. On ne pourra pas y faire face sans toucher à notre qualité de vie ! Notre démographie n’est plus maîtrisée par l’équipe en place.

Vous vous attaquez aussi au cumul des mandats et des fonctions du Maire ?

La mairie, la communauté urbaine, le conseil général et Oppidéa, cela fait beaucoup pour un seul homme. Je pense que notre démocratie a aujourd’hui besoin d’élus n’ayant pas trop de pouvoirs entre les mains…

 

Thomas Simonian

 

Alain Fillola l’a attaqué en justice

Le maire de Balma a assigné son principal opposant pour diffamation suite à un article paru sur le blog «Balma à cœur», et intitulé « A.Fillola, maire de la promotion immobilière. » Les plaidoiries ont déjà eu lieu le 4 décembre dernier. Délibéré le 28 décembre prochain.

 



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.