Vincent Gibert et Guillaume Brouquières: Les jeunes sont déjà en campagne municipale

Chaque mois votre hebdo met face à face deux politiques locaux. Vincent Gibert, secrétaire national du MJS (mouvement des jeunes socialistes), et Guillaume Brouquières, responsable départemental des Jeunes Populaires (UMP), débattent sur les premiers mois de Hollande et les élections municipales à venir. Place aux jeunes !

Comment expliquer les mauvais sondages d’opinion de François Hollande ? Pourquoi n’a-t-il pas eu le fameux état de grâce ?

Vincent Gibert : Il n’y a pas d’état de grâce car il y a une grosse attente de la part des Français, et une demande de changement… Cette attente est née d’un bilan de l’UMP qui était catastrophique. Durant la campagne, on n’a d’ailleurs jamais caché aux Français que l’état dans lequel le pays avait été laissé, était déplorable. Malheureusement même pour répondre à des attentes immédiates et concrètes, pour remettre le pays sur de bons rails, il faut un peu de temps.  On n’a peut-être pas assez communiqué sur notre méthode.

Guillaume Brouquières : Je ne peux que juger sévèrement les premiers mois de François Hollande. Pour autant, je souhaite faire abstraction des sondages car ce n’est pas la rue qui gouverne… Mais tout cela prouve un réel désamour envers François Hollande. Il y a huit mois qu’il est au pouvoir, et aujourd’hui les masques tombent. C’était le candidat des promesses, et les Français se rendent déjà compte qu’elles ne seront pas tenues.

« Copé, l’une des personnalités les plus agaçantes de France » Vincent Gibert

VG : Guillaume vient de dire qu’il ne fallait pas faire attention aux enquêtes d’opinion. C’est sans doute une bonne chose puisqu’un récent sondage plaçait Jean-François Copé parmi les personnalités les plus agaçantes de France…

L’UMP sort d’une campagne interne pour la désignation de son Président. Finalement, une nouvelle élection aura lieu en septembre prochain. Est-ce un aveu d’échec de la part de l’UMP ?

GB : Ce n’est pas un échec et Jean-François Copé n’est plus un Président contesté. Il y a enfin eu un accord entre François Fillon et Jean-François Copé… Aujourd’hui il faut aller de l’avant ! En septembre, il y aura de nouvelles élections, sans doute plus ouvertes, avec certainement une réforme du système des parrainages. Je pense qu’il faut revoir nos statuts, qui ont dix ans et qui ont mal vieilli. J’espère que tout se passera bien dans les prochains mois.

VG : Le seul bon enseignement que peut tirer Guillaume de cette élection, c’est qu’on n’aura jamais entendu autant parler de la fédération UMP de Haute-Garonne. Elle a été citée à de très nombreuses reprises comme une fédération à conflits lors de ce scrutin. On regarde ça avec dépit, on préfèrerait avoir une opposition constructive. C’est un vrai apprentissage de la démocratie pour l’UMP, qui n’est clairement pas un parti avec une tradition de dialogue comme peut l’avoir le PS.

« Votre premier secrétaire vient d’être élu en conclave » Guillaume Brouquières

GB : Ce que je viens d’entendre est assez paradoxal car votre premier secrétaire vient d’être élu en conclave avec trois personnes. Il y a eu un peu de fumée à la fin, puis il a été élu.

VG : Pas du tout. Nos militants ont voté pour des motions, et la tête de liste de la motion majoritaire a été désignée premier secrétaire. Les règles étaient fixées au départ, et tout le monde les connaissait.

Comment appréhendez-vous 2013, et la campagne municipale à venir ?

VG : On l’aborde avec sérénité car le travail a été fait, et continue à l’être. En face, nous avons des adversaires qui à mon avis ne « collent » pas avec les aspirations des Toulousains. Je pense notamment à Jean-Luc Moudenc qui s’était opposé au remboursement à 100% de l’IVG, qui a manifesté avec Guillaume contre le mariage pour tous ou qui n’a pas appelé à faire barrage au FN pour les dernières cantonales… Sur une terre de tradition de gauche voire centriste, ce sont des positions qui ne plairont pas.

GB : La plupart de ces attaques contre Jean-Luc Moudenc sont mensongères…  Il va falloir préparer un projet, et c’est ce que fait Jean-Luc Moudenc depuis des années. Nous sommes dans sa phase de finalisation.  Pour l’élection de 2014, il va falloir rassembler les Toulousains.

 

Thomas Simonian

 



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