Une candidate nommée De Veyrac

Avant l’été toutes les rumeurs bruissaient sur son compte. Pour beaucoup elle faisait monter la mayonnaise pour troquer une bonne place sur les prochaines listes aux élections européennes … Nous entendions même parler de sénatoriales et de régionales. Pourtant Christine de Veyrac (UDI) a passé son été en porte à porte dans les quartiers toulousains, et ses équipes ont mené une campagne d’affichage active. La députée européenne est donc bien partie pour entrer dans la guerre des municipales, et sa stratégie est simple : monter en notoriété avant les sondages à venir. Si ce jeu-là perturbe aujourd’hui les plans de l’UMP et de son candidat Jean-Luc Moudenc, ce n’est sans doute pas pour déplaire à celle qui va publier dans les jours qui viennent un carnet de pensées. Extraits exclusifs, interview et décryptage. Un dossier réalisé par Thomas Simonian.

 

Sa conférence de presse de rentrée

C’est au cœur du quartier Saint-Cyprien que Christine de Veyrac a tenu sa conférence de presse de rentrée. Un moment attendu … Comme si le microcosme politique de la ville rose voulait en savoir plus sur l’ambition de la députée européenne. Les sceptiques en auront eu pour leur grade : « Est-ce que j’ai une gueule de monnaie d’échange ? » a répondu Christine de Veyrac aux nombreuses questions qui tournaient autour de sa volonté d’aller jusqu’au bout et sur les discussions nationales à venir entre l’UMP et l’UDI … « La seule chose qui pourrait remettre en cause ma démarche serait que Toulousains me disent « Arrêtez ! » a-t-elle renchérit.  Un discours relayé par Jean-Pierre Albouy, président départemental du Nouveau Centre : « Ce qui se dit dans le microcosme tout le monde s’en fout ! Fini les combines électorales, la politique politicienne emmerde tout le monde ! » Durant ce point presse la candidate du centre aux prochaines municipales a présenté ses premières orientations en matière de démocratie participative (qui est également sa délégation au sein du contre-gouvernement UDI mis en place par Jean-Louis Borloo). Trois idées phares ont été mises en exergue : la mise en place d’arrondissements (« Ce sera une ouverture démocratique importante »), la création d’une charte qui fera l’objet de débats avec les associations et les habitants, et le lancement d’ateliers de parole (sur le modèle des « Ateliers citoyens » qui existent déjà par exemple en Rhône-Alpes ou en Provence-Alpes-Côte d’Azur). Des projets qui pour Christine de Veyrac doivent permettre à la démocratie participative de « devenir une réalité à Toulouse ».

 

 

« Avec mon équipe nous sommes libres »

Christine de Veyrac révèle tout ! La campagne, la liste, les pressions politiques, sa détermination …

 

 

Vous avez passé les deux mois d’été à faire une campagne de terrain. Pourquoi ce choix ?

Alors, certes, j’ai sillonné avec intensité les quartiers toulousains cet été avec mes équipes, mais cela fait maintenant plus de deux ans que je vais à la rencontre des habitants de cette ville … C’est vous les médias qui vous êtes davantage intéressés à moi en cette période estivale, mais je ne vais pas m’en plaindre (rires).

Comment est née cette envie de Capitole ?

Elle est venue lors des élections cantonales de 2011. J’avais alors pris beaucoup de plaisir à aller au contact des Toulousains.

Vous êtes donc déterminée à mener cette campagne municipale, malgré toutes les rumeurs vous concernant ? Notamment celle qui promet votre retrait si vous obtenez une bonne place pour les prochaines élections européennes …

Dans ma tête il a toujours été clair que nous irions jusqu’au bout ! Tout simplement parce que j’entends une vraie demande des Toulousains. Ce que beaucoup n’arrivent toujours pas à comprendre c’est qu’il faut changer les codes et l’état d’esprit … Dans une ville comme Toulouse nous ne pouvons plus avoir un simple affrontement entre grands partis politiques. Je pense que c’est dépassé ! Mon objectif est donc que cette ville ne soit plus gérée par un parti politique. Pour le reste je laisse les autres faire de la politique politicienne, mais je leur dis tout de même que je mènerai ce combat  à son terme malgré tout ce qu’on peut entendre …

Malgré votre investiture UDI, vous n’afficherez donc pas d’étiquette politique ?

Dans mon équipe vous avez des personnalités du centre, de droite, écologistes … Je suis ravie de travailler avec tous, et la sensibilité politique des uns et des autres ne m’intéresse pas. Je ne me focalise que sur leur passion pour Toulouse.

 

« Je vais à la rencontre des habitants de cette ville »

 

Ne craignez-vous pas tout de même de futurs accords nationaux entre l’UDI et l’UMP pour les grandes villes ?

Les partis discutent s’ils le veulent, mais ce n’est pas ma préoccupation. Les décisions parisiennes ne feront jamais infléchir mes décisions … Avec mon équipe nous sommes libres, et rien ni personne ne pourra nous enlever cela.

Où en êtes-vous de la constitution de votre liste ?

Beaucoup de personnalités m’ont déjà fait part de leur envie d’y figurer. Certains travaillent déjà à mes côtés, d’autres sont en passe de nous rejoindre … Les choix se feront petit à petit mais je vous rappelle qu’en 2001 la liste gagnante de Philippe Douste-Blazy n’avait été dévoilée que le 26 janvier. Cela nous laisse donc du temps.

Il y aura des surprises ?

Bien sûr qu’il y en aura !

Vous venez de dévoiler une partie de votre projet concernant la démocratie participative. Est-ce un travail personnel ou collectif ?

Ici tout se fait collectivement. C’est le résultat de tout ce que l’on a entendu en allant à la rencontre des Toulousains. Demandez-leur s’ils connaissent leur élu municipal de secteur … Personne ne les connaît, et pire personne ne sait à qui s’adresser. C’est donc la preuve qu’il faut agir sur ce sujet. C’est exactement comme l’Europe … Qui connaît le président de la Commission européenne ? Nous devons donc avoir à Toulouse des arrondissements avec un maire identifié pour chacun d’eux. Alors certes cela sera une perte de pouvoir pour le Capitole, mais c’est pour le bien des habitants.

 

 

Stéphane Baumont

L’œil de notre politologue

Stéphane Baumont place de Veyrac dans le jeu

« Ancienne élue municipale auprès de Philippe Douste-Blazy puis de Jean-Luc Moudenc, elle a su s’imposer en tant que députée européenne en tentant de médiatiser ce mandat qui ne suscite pas toujours l’intérêt qu’il mérite. Féministe à sa manière, elle sait faire la preuve, plus qu’esthétique, de son audace et de son volontarisme. Cela pourrait l’amener à créer la surprise s’il advenait qu’elle tutoie assez vite les 8% dans les prochains sondages … Je ne suis pas forcément surpris de cette envie d’aller au bout, d’autant qu’elle ne devrait pas avoir la possibilité de briguer un nouveau mandat européen. Elle va donc d’autant plus s’accrocher à Toulouse que son siège européen n’est pas forcément renouvelable.  C’est une femme qui a besoin de challenges et de campagnes. La question politique que l’on peut se poser est de savoir pour quelles raisons Jean-Luc Moudenc et Christine de Veyrac ne créent pas un tandem gagnant … L’inimitié n’a pas sa place en politique, et c’est la capacité de l’une à exister politiquement et de l’autre à faire l’union qui est aujourd’hui en cause. »

 

 

 

Exclu : Les premiers extraits de son livre

En février dernier Jean-Luc Moudenc publiait ses « 12 défis pour notre ville métropole » (ed.Privat), un essai politique quasi programmatique. Cette fois-ci c’est Christine de Veyrac qui a pris la plume. Plus intime, il s’agit là davantage d’un carnet de pensées … « Itinéraire d’une passion rebelle » renvoie le lecteur à son enfance et sa vision de la ville rose. Voici les premiers extraits de cet essai qui sortira mi-septembre.

“Je suis née ici, à côté de la place du Salin  et j’ai grandi à l’ombre rassurante du garage automobile tenu par mon père et mon grand-père. Odeurs d’huile et d’essence mêlées, de cambouis gras et noir. Ma mère, le regard bleu, droit et incisif, m’accompagnait chaque jour à la pension “Bertrand”, rue  Nazareth, et je filais doux devant les coiffes rigides des religieuses. Je trempais avec application ma plume dans l’encre violette et traçais docilement mes premières lettres. Je découvrais plus tard avec bonheur la griserie de la lecture et m’enchantais des aventures du “Club des Cinq”. Claude, ce garçon manqué aux cheveux courts et en pantalon, était mon héroïne préférée, et je vivais avec elle sur l’ile de Kernac’h mille escapades et dangers, avec courage et détermination! Le décès prématuré de mon grand-père fut mon premier grand chagrin et marqua la fin d’une enfance insouciante et joyeuse. Le départ de ma famille pour Carcassonne changea notre existence du tout au tout. Je ne restais qu’un an dans cette ville, mes parents ayant estimé que je prenais trop la vie du bon côté … Et hop , me voilà envoyée pensionnaire à quelques kilomètres de Toulouse !  Là, seule la complicité de ma cousine Sophie colora ces années de collège,  et je montrais, déjà,   les traits d’un tempérament rebelle et contestataire.

« La politique était un sujet qui n’existait pas dans les conversations familiales »

J’ai le souvenir cuisant, mais secrètement fier, d’une punition infligée lors d’une sortie où j’étais venue en pantalon, alors qu’il était  interdit! Je suivis avec l’enthousiasme de l’adolescence, les élections présidentielles de 1974, et je m’éveillais au monde et à l’histoire qui s’écrivait alors. La politique était un sujet qui n’existait pas dans les conversations familiales, et je tenais là un moyen fort intéressant, pensais-je, du haut de mes quatorze ans, de me démarquer d’un milieu que j’avais envie d’élargir chaque jour un peu plus. Je détestais les soirées mondaines  et autres réunions bienséantes et bienpensantes, et préférais frayer avec quelques « mauvais copains ». Ces fréquentations eussent provoqué quelques hauts cris maternels et autres taloches paternelles, mais mes parents n’en surent jamais rien ! Et je fredonnais ainsi, d’une voix peu mélodieuse, mais pleine d’entrain, les paroles de Brassens : «…non, les braves  gens n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux… », dans les couloirs du lycée « Sainte Marie des Champs ».”

D’autres extraits seront à découvrir durant les deux prochaines semaines sur notre site web www.lejournaltoulousain.fr

 



2 COMMENTAIRES SUR Une candidate nommée De Veyrac

  1. JANDRES dit :

    Espérons qu’elle gagne ! Du souffle pour la ville rose !

  2. Audouze Sandrine dit :

    J’adore!

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