Un think tank made in Tolosa

Vous connaissiez peut-être l’Institut Montaigne, Comenius (Lyon), L’Institut des Deux Rives (Bordeaux), Fundacio Catalunya Europa (Barcelone), Terra Nova (proche du PS), Nouveaux Horizons (proche de l’UMP)… Autant de laboratoires d’idées dénommés « think tanks ». Ces structures qui se développent aujourd’hui en marge du monde politique, accueillent tous ceux qui souhaitent réfléchir et débattre sur les enjeux qui font notre société. Toulouse est d’ailleurs désormais dotée de son propre think tank : « Les politiques n’ont-ils pas besoin de contributions venues des citoyens ? » s’interroge Joël Echeverria, président de ce nouveau venu dans le paysage toulousain. Voici donc « La compagnie Riquet » lancée sur de bons rails, emmenée par Joël Echeverria, directeur délégué de TSE (Toulouse School of Economics), et comptant dans ses rangs des personnalités telles que Jean-Christophe Giesbert (consultant et écrivain), Philippe Raimbault (directeur de l’IEP Toulouse) ou bien encore Michel Galavielle (architecte urbaniste). Si « La compagnie Riquet » s’inspire clairement de ses aînés, elle se veut également originale : « Nous sommes là pour produire du contenu, et nous organiserons également des débats publics contradictoires. Nous comptons également nous développer dans la parité hommes-femmes, en accueillant parmi nous des jeunes actifs et des profils sociaux-professionnels différents.» Le calendrier est d’ailleurs déjà en place avec des groupes de travail organisés autour de thématiques, et une réflexion entamée autour des échéances électorales à venir (municipales, européennes.)

Quelle place dans le paysage politique ?

« La compagnie Riquet » compte clairement jouer un rôle dans l’échéance municipale à venir, et se prépare notamment à auditionner les futurs candidats : « On entend bien être un acteur du débat, mais on ne se pose pas en contre » explique Jean-Christophe Giesbert. Car si la finalité de cette nouvelle structure est bel et bien politique, elle ne tient pas à afficher une quelconque obédience. Toutes les sensibilités y sont déjà représentées, et l’envie est davantage d’apporter à l’ensemble des étiquettes politiques de nouvelles idées : « Nous leur demanderons de se positionner sur nos projets » avance d’ailleurs Joël Echevarria, tout en insistant sur le fait que les politiques locaux n’ont pas été consultés en amont de ce lancement. Comme un gage annoncé d’indépendance. Cette « compagnie » là ne compte pas s’arrêter après cette première représentation… Le rappel résonne déjà. Les politiques toulousains sont prévenus.

 

Pourquoi s’appeler « La compagnie Riquet » ?

« Oui il y a bien entendu le symbole du Canal du Midi, mais pas seulement. Pierre-Paul Riquet était à la fois bâtisseur et penseur. Il a même été le premier à mensualiser ses employés. C’est donc un clin d’œil social et humaniste. » (J.Echeverria)

 

Joël Echeverria « Il faut inventer autre chose »

La création de « La compagnie Riquet » veut-elle signifier que Toulouse manque de fond ?

Je pense que notre ville ne manque pas de fond, elle compte des chercheurs, des scientifiques et des intellectuels brillants, mais en revanche il y a sans doute une difficulté à concilier l’ambition du fond avec l’action politique. Est-ce d’ailleurs compatible ? A droite comme à gauche, l’action politique est très ingrate et exigeante sur le court terme. Les élus ont donc cette difficulté à réfléchir sur le moyen et long termes. Nous allons les y aider, sans être en concurrence avec eux. Notre temps est différent du leur.

Une opinion sur les politiques toulousains ?

Il y a des projets intéressants dans l’action de la majorité municipale actuelle, comme dans celle de la précédente. Mais cela manque sans doute de lisibilité. Ce n’est sans doute pas également faire injure au maire, ou à l’ancien maire, que de constater qu’ils n’ont pas de réseaux internationaux… Que leurs seuls noms ne suffisent pas à véhiculer l’image de la ville. A Bordeaux ou à Lyon, ces villes ont la chance ou l’opportunité d’avoir des noms qui leur servent de vecteurs de communication. A Toulouse, ce n’est pas le cas, il faut donc inventer autre chose.

D’autres think tanks ont réussi à faire émerger de nouveaux talents politiques. Est-ce l’une de vos ambitions ?

Clairement non, même si je ne dis pas que cela n’arrivera pas… Mais nous ne voulons pas devenir une pépinière de nouveaux politiciens.

Thomas Simonian



Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.