Un PS «roi», mais pas tout à fait…

Christophe Borgel, “parachutage” réussi sur le 9e

Après ces élections législatives, la gauche reste toute puissante en Haute-Garonne et le PS assoit sa suprématie avec des écarts jamais atteints avec l’UMP (tous les candidats socialistes ont réalisé entre 57% et 66%, en rappelant que Carole Delga a été élue dès le premier tour sur la 8e circonscription). Plusieurs raisons à ce résultat presque impressionnant : une «vague rose» nationale amplifiée sur nos terres, la force d’un réseau d’élus avec une réelle assise dans la population et dans le tissu associatif, mais aussi notons-le une faiblesse avérée chez les candidats UMP qui avaient pour la plupart un déficit de notoriété à combler et un manque d’expérience parfois surprenant. Mais il restera à cette victoire un «goût amer», un goût d’inachevé… Car la troisième circonscription est bien tombée dans les mains de l’ancien maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc (50,41%). Une victoire à l’arrachée, dans un contexte tendu et difficile, le résultat d’un travail de fond d’une année mené avec sa suppléante Laurence Arribagé et une très jeune équipe de campagne. Du côté de la mairie de Balma et d’Alain Fillola, le résultat ne fait que conforter une opinion qui avait provoqué la dissidence du premier tour : «Comme nous le pressentions depuis de longs mois, François Simon, le candidat d’EELV soutenu par le PS, n’a pas été en mesure de rassembler sur son nom le total des voix de gauche exprimées lors du premier tour, la semaine dernière. Alors que le Parti Socialiste connaît un succès très important au plan national, c’est une défaite amère sur la 3e circonscription, ô combien stratégique» L’analyse d’Alain Fillola était sans doute la bonne. François Simon n’était pas le candidat idéal pour la gauche dans cette circonscription «découpée» par la droite, pour la droite. Son passé de dissident à Pierre Cohen, son passif altermondialiste, son idéologie très marquée, son opposition au TGV auront eu raison de sa candidature.

Moudenc ou la stratégie du gagnant

Jean-Luc Moudenc dimanche soir

Le côté stratège de Jean-Luc Moudenc n’est pas nouveau. Ce profil s’est confirmé dans cette élection. L’ancien maire de Toulouse savait qu’il lui fallait affronter François Simon au second tour, et il a donc axé toute sa première partie de campagne à écarter Alain Fillola du «terrain de jeu»… Il a imposé au fil des interviews, des débats et des rencontres avec la population, l’idée d’un duel jusqu’à dire à François Simon, les yeux dans les yeux, devant les caméras de notre web tv «Ne nous racontons pas d’histoires… Le député ce sera vous ou moi.» Pari risqué mais pari gagné, car aujourd’hui Jean-Luc Moudenc est le seul député UMP du département. Il rejoint ainsi le club très fermé des parlementaires de la droite et du centre en Haute-Garonne, organisé autour d’Alain Chatillon (sénateur) et de Christine de Veyrac (députée européenne). Cela fait aussi de lui un leader de fait. Une mauvaise nouvelle pour Pierre Cohen et les siens ?

Et demain ?

Pourtant, tout ne sera pas facile pour JLM. Il va lui falloir réunir autour de lui les différentes composantes centristes, il devra s’imposer définitivement auprès de ceux qui auraient certaines ambitions plus ou moins (on peut penser à François Chollet ou Christine De Veyrac) affichées et devra entendre certaines critiques provenant des équipes de campagne des autres candidats UMP, qui depuis quelques jours se plaignaient que tous les moyens aient été concentrés sur cette seule troisième circonscription. Il aura aussi à se déterminer sur ses choix nationaux, et notamment sur la présidence de l’UMP à l’automne. Lui qui vient de déclarer dans un communiqué récent qu’«au niveau national, j’agirai pour faire vivre le courant centriste et humaniste auquel j’appartiens au sein de l’UMP et à l’Assemblée nationale», il sera confronté à un choix important : Copé ou Fillon ? Lui qui a été nommé secrétaire national par l’actuel patron de l’UMP, pourra-t-il se permettre de rejoindre le candidat qui, philosophiquement, correspondrait davantage à son courant de pensée ? Ce choix aura des conséquences toulousaines…

Thomas Simonian

Lire en suivant : L’Histoire explique les résultats de dimanche



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