Un lundi pas comme les autres avec Cohen et Moudenc

Le 9 décembre aura donc été le vrai top départ de la campagne municipale. Le matin Pierre Cohen faisait face à la presse, et l’après-midi Jean-Luc Moudenc présentait sa liste sous le soleil du Grand-Rond. Une longue journée racontée par Claire Manaud et Thomas Simonian.

Pierre Cohen : « Je ferai tout pour gagner cette ville sans triangulaire »

Le petit déjeuner s’est déroulé en début de matinée en compagnie du désormais candidat Pierre Cohen. Tout en s’appuyant sur une société en proie à « des crises extrêmement graves », le maire, conscient toutefois « qu’un bilan ne fait pas gagner », est revenu sur ses six dernières années au Capitole : « Nous avons tenu nos engagements. Nous avons mis Toulouse en marche et rattrapé le retard » a-t-il indiqué. Interrogé sur le mécontentement généré par la politique gouvernementale, Pierre Cohen s’en est pris à son opposant direct qui selon lui, tire profit d’un contexte difficile. Cependant, l’issue du scrutin lui semble d’ores et déjà favorable : « La droite va vouloir nationaliser les municipales et donner un carton jaune mais je ne crois pas au passage gauche-droite. » En revanche, le candidat PS s’inquiète davantage d’un risque d’abstention et se défend avec son équipe d’être à l’origine d’une montée du Front National : « Ce ne sont pas nos politiques, nos ambitions qui donnent du grain à moudre au FN. Je ferai tout pour gagner cette ville sans triangulaire.» Aux attaques de Jean-Luc Moudenc qui voit en la liste Cohen un « étiquetage politique », le principal intéressé répond : « Ce qui compte, c’est que cette liste soit solide, solidaire, avec des gens qui depuis six ans, ont montré leurs compétences. Etre maire, c’est être maire de tous les Toulousains. Et en termes de dogme, je n’ai pas de leçon à recevoir de quelqu’un qui est sur les lignes de Copé qui flirte avec les valeurs d’extrême droite. » Samedi prochain, le local de campagne de Pierre Cohen sera inauguré au 37 de la rue de Metz. Une ouverture qui pour le maire sortant a du sens : « c’est le meilleur moyen de bien démontrer que nous ne sommes pas simplement dans un bilan mais que nous avons un programme. » Son contenu en détails ainsi que l’identité des colistiers ne seront dévoilés que fin janvier.

 

 

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Jean-Luc Moudenc : « Tout le laxisme en matière de sécurité que nous constatons »

Il l’avait promis. Il l’a fait. Jean-Luc Moudenc a bien présenté sa liste début décembre comme il l’avait indiqué depuis de longues semaines : « Nous souhaitons toujours avoir un coup d’avance…», a d’ailleurs déclaré l’intéressé. Les 69 colistiers du député se sont donc retrouvés hier après-midi au kiosque du Grand-Rond pour un shooting attendu. L’occasion d’y voir un peu plus clair sur les intentions du candidat Moudenc. Dès le premier regard posé sur cette liste, un constat : l’intention de renouvellement est manifeste, avec l’apparition de nouveaux visages notamment féminins. Parmi eux celui de Laurence Arribagé qui sera donc bien la numéro deux de cette liste ; une récompense pour celle qui tient avec doigté et intelligence la maison UMP depuis de longs mois. Autre enseignement de la liste Moudenc : la place faite aux représentants du centre. S’ils ne sont pas nombreux, ils figurent pour la plupart en très bonne place. On n’en compte pas moins de quatre parmi les onze premiers. Pour la suite, Jean-Luc Moudenc ne semble pas s’inquiéter des récents sondages : « Ce que je constate en revanche, c’est l’accueil positif et chaleureux que nous recevons en porte-à-porte… » La tête de liste UMP ne cache pas pour autant le risque représenté par le Front National dans cette élection municipale, et pointe du doigt la stratégie politique de Pierre Cohen : « La triangulaire est le moyen le plus facile de réélection pour le maire sortant. Avec tout le laxisme en matière de sécurité que nous constatons sur l’espace public, on peut se poser la question… » Si la liste de Jean-Luc Moudenc se dessine sur le terrain du renouvellement, elle tourne aussi une page… Celle du Baudisme. Les anciens qui restent encore dans le giron sont relayés en queue de peloton. Quant à Florence Baudis, elle n’apparaît même pas dans les 69 noms : « Un choix de vie » a argumenté le candidat. L’empreinte du Défenseur des Droits s’estompe, et le député tête de liste sort volontairement de son ombre. Comme pour mieux écrire son histoire ? Réponse le 30 mars prochain.

 

 

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L’œil de notre politologue

Pour Stéphane Baumont, la personnification du pouvoir municipal est primordiale

« C’est une entrée en campagne assez traditionnelle pour tous les deux, même si Jean-Luc Moudenc avait anticipé le mouvement en présentant ses colistiers depuis plusieurs semaines par touches impressionnistes. Pierre Cohen a choisi de débuter sa campagne seul face à la presse, et je comprends cette démarche. Il assume son propre bilan et celui de son équipe, mais surtout, il a compris l’enjeu de la personnification du pouvoir municipal. Il sait que la question du scrutin sera : Pour ou contre Cohen, et non pour ou contre la liste. De l’autre côté, l’ancien maire a dévoilé sa liste mais il n’y aura pas de conséquence politique à cette séquence, car la majorité de ses colistiers est sans notoriété. De telles présentations aiguisent la curiosité mais ne modifient pas les tendances de l’électorat. »



UN COMMENTAIRE SUR Un lundi pas comme les autres avec Cohen et Moudenc

  1. Gold31 dit :

    Je ne suis pas sûr que la personnification du pouvoir municipal soit aussi primordial que ne le prétend Stéphane Beaumont.

    Si cela restait vrai il y a encore quelques décennies, à l’époque baudisienne par exemple, ce n’est plus le cas aujourd’hui.
    De nos jours les citoyens toulousains de gauche comme de droite veulent des jours meilleurs, certes, surtout en temps de crise, mais ils veulent aussi un grand projet pour leur ville, la quatrième de France tout de même, laquelle mérite effectivement une place qu’elle n’a toujours trouvé pas au sein de l’Europe.

    Or à ce jour, ni Moudenc ni Cohen ne semblent à la hauteur de l’enjeu.

    Il reste à ces derniers trois mois pour parler d’autre chose que de caméras de surveillance…ça ne va pas être facile pour eux.

    Et c’est sur ce terrain que nous devons, nous, citoyens de tous bords, nous poser en observateurs attentifs, jusqu’au jour du dépôt de notre bulletin dans l’urne…ou de notre abstention si ceux-ci ne sont pas parvenus à nous convaincre d’ici-là.

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