Un centriste réagit au débat sur le mariage gay

François Hollande avait promis, s’il était élu, d’ouvrir le mariage et l’adoption aux couples de même sexe. Sa ministre de la Famille Dominique Bertinotti vient d’annoncer que l’engagement serait tenu dès 2013. Le centriste Philippe Lasterle livre son sentiment.

«Pour les progressistes, c’est une réelle avancée sociétale»

Approuvez-vous l’annonce faite par la ministre de la Famille ?

Oui car

reconnaître aux couples homosexuels le droit de se marier civilement et d’adopter un enfant est une vraie avancée sur le chemin de l’égalité des droits et met fin à une discrimination. Je regrette, toutefois, que cette évolution législative n’ait pas été mise en œuvre durant le quinquennat écoulé. Le virage social et sociétal que Jean-Louis Borloo appelait de ses vœux, et dont la reconnaissance du droit au mariage pour les couples de même sexe aurait pu être l’un des symboles, n’a pas eu lieu. C’est d’autant plus regrettable que sept pays européens, dont l’Espagne, le Portugal et les Pays Bas, ont légiféré dans ce sens et que le président Obama s’est déclaré favorable au mariage gay à quelques mois de l’élection présidentielle. La France, qui a souvent montré la voie en matière d’égalité des droits, est en retard dans ce domaine. Il est urgent de le combler.

Comment expliquez-vous les réticences de la droite et du centre sur cette question ?

Alors que l’opinion y est majoritairement favorable, le débat a été kidnappé par la droite populaire, celle-là même qui a contribué à la droitisation de la campagne électorale et, au final, à l’échec de la présidentielle. Tout le monde a en mémoire les dérapages homophobes de certains parlementaires qui ont, d’ailleurs, été sanctionnés par les électeurs en juin dernier. Mais bien peu se souviennent qu’au printemps 2011, des députés UMP et centristes ont voté la proposition de loi socialiste ouvrant le mariage aux couples de même sexe. Pourtant, nombreux sont ceux qui, comme Jean-Louis Borloo ou Chantal Jouanno, ont pris la mesure des évolutions de notre société et qui, j’en suis certain, voteront le projet de loi.

La société française a-t-elle du mal à aller de l’avant ?

Ce n’est pas la société qui a du mal à aller de l’avant, c’est la droite et le centre qui n’ont pas été au rendez-vous des questions sociétales ces dernières années parce que les conservateurs ont pris le pas sur les progressistes. Il faut que cela change. Et c’est tout l’enjeu de la recomposition politique actuellement à l’œuvre. Les progressistes doivent se faire entendre davantage, y compris à Toulouse. Et je compte bien y contribuer.

Propos recueillis par TS



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