Thierry Cotelle écrit à Dominique Reynié

photoExpéditeur. Thierry Cotelle : Élu conseiller municipal d’opposition à Toulouse dès 2001, il devient adjoint en charge du développement économique de Pierre Cohen en 2008 en charge de l’emploi, de la ZFU et des questions aéronautiques et spatiales. Il a été vice-Président de la Cité de l’Espace de 2008 à 2014 et Président de Toulouse Métropole Emploi de sa création en 2011 à 2014 et actuellement Secrétaire départemental du MRC et Trésorier National du MRC.

Destinataire : Dominique Reynié : Diplômé de Sciences po Paris, il est agrégé de sciences politiques et professeur des universités à l’IEP parisien. En avril 2015 alors qu’il figure parmi les 10 candidats pour mener la liste UMP-UDI de la future région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées lors des élections régionales de décembre 2015, il est désigné tête de liste face à Bernard Carayon.

Lettre à Monsieur Dominique Reynié

Diverses gazettes rapportent vos propos selon lesquels l’avenir financier des collectivités serait proche du crash. Candidat à la présidence de la future grande région vos propos alarmistes ne peuvent être que, si vous deviez être élu, d’expliquer demain le désengagement de cette région des politiques publiques qu’elle mène. Vous apprenez vite… Jean Luc Moudenc craignant que n’émergent des leaders politiques régionaux à même de lui faire de l’ombre, a largement contribué à vous adouber en tenant le même discours depuis son élection. La réduction des moyens alloués par l’Etat aux collectivités expliquerait la hausse des impôts de la ville de Toulouse et de la Métropole, la fermeture des piscines et de services rendus aux habitants, et, qui sait, demain, l’abandon du projet de 3eme ligne de Métro. Vous n’attendez pas d’être élu pour préparer déjà la même politique: la campagne fera tomber les masques…

« Keynésien dans l’Aveyron, néo libéral à Paris, il vous faudra choisir! »

Je vous avoue ma déception: j’avais imaginé qu’un bleu en politique, politologue et universitaire, aurait à cœur de marquer ses interventions d’une certaine hauteur de vue. Je découvre dans vos propos les poncifs éculés d’une droite classique, d’autant plus systématiquement ânonnés que nous ne savons pas sur quoi porte votre candidature. En tant que candidat de l’ex-UMP, vous participez d’un mouvement politique qui, chaque jour,  combat la gauche au motif qu’elle ne diminuerait pas assez les dépenses publiques tout en affirmant, le temps d’une campagne, plus de dépenses publiques pour promettre aux électeurs… De même, vous défendez la liberté d’entreprendre comme seul mode durable de création de richesse. Et, là encore comme Jean Luc Moudenc, vous allez nous sortir à loisir l’impérieuse nécessité d’investir pour soutenir le monde économique.  Keynésien dans l’Aveyron, néo libéral à Paris, il vous faudra choisir!

Ces élections régionales vont opposer deux modèles de développement. Le vôtre sera dans la réduction des moyens alloués aux politiques publiques sacrifiant l’avenir de ses habitants et de sa jeunesse et sans doute, verrait-on aussi la région se recentrer vers les métropoles, y concentrer les moyens et les financements. Après tout, il vous faudra bien “récompenser” vos ombres tutélaires. Pour ma part, je m’engagerai pour un autre modèle: celui basé sur le développement économique et l’emploi, sur l’amélioration des conditions de vie des habitants et sur la solidarité des territoires qui la composent. Le développement économique n’est pas affaire d’incantation ou de dogmatisme: il est dans la connaissance des besoins des entreprises et des filières tout autant que dans la politique de formation professionnelle et dans le soutien à la politique universitaire. Le développement des transports sous l’égide de la collectivité régionale est un second axe majeur.  L’étalement urbain, les trajets domicile travail sont autant de facteurs de coûts pour nos habitants qu’aucune politique libérale n’entend jamais prendre en compte.

Enfin, notre région est particulière: l’hyper développement des deux métropoles ne sont des atouts que s’il existe une volonté politique de solidarité territoriale et de soutien sans faille aux territoires dits périphériques afin d’éviter que ne puisse naitre un nouveau slogan : “Toulouse-Montpellier et le désert occitan”. Néo-libéral, vassal de Jean Luc Moudenc, il est à craindre que vous ne disposiez ni des moyens politiques ni de la volonté de cette ambition; nos concitoyens s’en rendront vite compte.

 

 



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