Syriza, un symbole sans doute. Mais de quoi ?

Thomas SimonianLe tremblement de terre était attendu. Toute l’Europe s’y attendait. Les sondages avaient annoncé la couleur. La gauche radicale a donc bien pris le pouvoir au pays de la démocratie athénienne … Le message adressé par tout un peuple vise avant tout sa classe politique et ses élites, ne nous y trompons pas. Ce vote est avant tout l’expression d’un véritable rejet de tous ceux qui ont enfoncé ce pays depuis plus de dix ans. Car il est bien trop facile dans cette affaire de jeter l’opprobre sur l’Europe, et d’en faire le bouc émissaire idéal. Ce n’est tout de même pas la faute de Bruxelles si l’impôt n’était pas levé, si les économies souterraines prospéraient ou si les lobbys étaient rois. La gabegie grecque avait donc fait son temps. Une page se tourne donc … dans la douleur.

L’erreur de l’Europe a tout de même été d’imposer une austérité redoutable à un peuple qui était déjà au plus mal. Les États européens doivent donc ouvrir les yeux dès maintenant, et mettre en place un nouveau modèle économique. Au risque de désenchanter toutes les populations, et de faire prospérer le populisme. Car en France, n’en déplaise aux mégaphones de la gauche radicale, la montée d’un populisme exacerbé par la crise est incarnée ici par Marine. C’est donc pour cela que les Duflot, Mélenchon, Hamon, Besancenot and co se sont sans doute sentis obligés d’être dimanche soir sur tous les plateaux télé. Comme s’il fallait récupérer une part de marché partie à l’extrême-droite. Le cynisme n’a pas de frontières.

Et à Toulouse on guette l’échéance départementale de mars prochain. Que va-t-il se passer à gauche ? Un constat s’impose déjà : le PS n’est pas arrivé à faire l’union, et seul le PRG semble vouloir sauver la maison Izard … Au Parti de Gauche de Mélenchon, comme chez les Verts, on va vers une nouvelle forme d’expression politique dénommée « listes citoyennes. » Avec pour pari d’obtenir sur certains cantons des scores supérieurs à ceux des anciens amis socialistes. Et tant pis si cette désunion provoquée met en péril toute perspective de victoire. En face, on regarde le spectacle en se frottant les mains avec délectation. ÀToulouse comme ailleurs, il y a donc clairement deux gauches bien distinctes. Deux visions de la société.

Postures ou pas ? Dans notre agglo, il y a des socialistes qui veulent défendre leur bilan, mais pas que … Ils savent que si le département tombait, ce serait un véritable système qui s’effondrerait. Celui mis en place depuis des années où nombre d’élus ou candidats sont également salariés de telle ou telle collectivité. Le Capitole en moins, puis le département … Le séisme pointe. Pour l’autre gauche, il s’agit justement de faire tomber cette réalité. De vilipender ce qu’elle appelle « la gauche caviar. » Mais des deux côtés, on oublie peut-être trop que depuis plusieurs scrutins, le peuple de gauche préfère rester à la maison, plutôt que d’accomplir son devoir citoyen. Cela voudrait-il signifier que ces deux gauches font fausse route ? À méditer.

 



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