Sur le terrain avec… Karine Traval-Michelet

Elle est la dauphine désignée de Bernard Sicard à Colomiers. Aujourd’hui adjointe à l’urbanisme et au développement durable, cette socialiste pur sucre est déjà prête pour la campagne à venir. Le caractère bien trempé et les arguments affutés, Karine Traval-Michelet ne semble pas craindre la concurrence et rend coups pour coups. La campagne est donc définitivement lancée dans la deuxième ville du département. Interview de celle qui pourrait devenir l’un des visages forts du PS haut-garonnais.

Pourquoi avoir décidé de vous impliquer dans la vie politique ?

J’avais 33 ans quand j’ai décidé de m’engager en tant que militante. Ma vie familiale était stable, j’avais déjà un enfant, et ma voie était tracée professionnellement. J’ai senti que c’était le moment… Ayant toujours été proche de Bernard Sicard, un homme ouvert et chaleureux, j’ai décidé de le contacter et de lui proposer mes services au moment où il constituait sa liste en 2001. C’était sa première en tant que tête de liste et c’était également la première fois que les listes aux municipales étaient paritaires. J’avais le désir d’apporter ma pierre à l’édifice d’une commune que j’aime.

Votre père (vice-président du conseil régional, ndlr) a-t-il été un moteur dans votre engagement ?

Il est vrai que je suis née dedans… Mais mon père m’a toujours laissée libre de mes choix. Il ne m’a jamais poussée même si je pense qu’il en retire une certaine fierté. C’est une continuité dans les valeurs familiales.

Vous avez eu très rapidement des dossiers importants à gérer…

En effet, Bernard Sicard m’a fait confiance dès le début sur des sujets majeurs. Le premier dossier qu’il m’a confié était le changement de circulation dans les ronds-points. C’était un dossier sensible car les Columérins étaient très attachés à la priorité à droite. J’ai alors lancé le plan local de déplacements de la ville, une vraie méthode participative sur la base de réunions publiques.

Depuis 2001, quel bilan tirez-vous de votre action au sein de la majorité municipale ?

Je me suis complètement épanouie dans l’exercice de ce mandat municipal. Nous sommes dans une ville adaptée à cet engagement-là… Même si nous sommes la deuxième ville du département, nous avons gardé l’esprit d’une petite ville. A Colomiers, tout le monde se connaît !

« J’appelle à ce rassemblement le plus large possible ! »

Vous avez décidé de vous soumettre au vote des militants de votre parti pour devenir tête de liste aux prochaines municipales. Bernard Sicard vous a-t-il poussée et encouragée dans cette décision ?

Un acte de candidature à une élection de ce type est avant tout un choix personnel. Personne ne peut vous pousser à un tel choix ! Cela reste un engagement et une preuve d’amour pour sa ville. Mais cette décision est également collective… Je n’aurais jamais posé un tel acte sans l’élan de toute une équipe. C’est la conjonction de tout cela qui me pousse aujourd’hui à m’engager dans cette campagne.

Aujourd’hui la gauche columérine apparaît divisée dans cette entrée en campagne avec les candidatures annoncées de Patrick Jimena (EELV) et de François Dumas (soutenu par le Front de Gauche). Est-ce irrémédiable ?

A Colomiers, l’union de la gauche a toujours fait partie de nos gènes, de notre tradition politique. Même en 2008 où Bernard Sicard n’avait aucun besoin d’une gauche plurielle pour être élu… nous l’avons pourtant faite ! J’ai donc de ce fait la responsabilité de porter à la fois les valeurs du PS, mais aussi de rassembler plus largement. Je laisse donc la porte toujours ouverte aux autres forces de gauche, et d’ailleurs la secrétaire de notre section PS, Elisabeth Maalem, a écrit à toutes les composantes présentes sur notre commune pour les solliciter et échanger avec elles… Nous avons eu les réponses positives du PRG, de citoyens écologistes indépendants et de nombreuses personnes de la société civile et du monde économique. J’appelle à ce rassemblement le plus large possible !

Quelles sont alors vos différences avec Patrick Jimena et François Dumas ?

Ce ne sont pas des querelles de personnes, nos différences sont aujourd’hui politiques. Il ne vous aura pas échappé que ces partis présentent des listes autonomes dans d’autres villes de l’agglomération ; Colomiers ne fait pas exception. Pourtant je reste persuadée que ce qui est susceptible de nous rassembler, est plus fort que ce qui peut nous diviser.

Que pensez-vous de l’entrée en campagne de votre ex-collègue François Dumas, dans la majorité municipale ?

Je dis à François Dumas : « Et si on se souciait de dire la vérité aux Columérins ? » C’est une question en forme d’attaque, car François Dumas, même s’il veut le cacher, a choisi de se positionner à l’extrême-gauche. Il est le candidat du Front de Gauche ! Il faut qu’il assume enfin ce choix, il ne faut pas tromper les électeurs. Moi, je ne les trompe pas.

Mais votre adversaire est-il plutôt sur votre gauche ou sur votre droite ?

Mon adversaire sera toujours la droite ! Nous ne porterons pas le même projet. Avec mon équipe, nous souhaitons défendre une politique pour tous basée sur le lien social, avec des services publics de qualité.

 

Propos recueillis par Thomas Simonian

 

 

Sa réponse au « Colomiers Gate »

En mars dernier, notre rédaction sortait une enquête sur le système columérin qui a fait beaucoup de bruit. Karine Traval-Michel y était attaquée pour sa double casquette, politique et professionnelle (à la SMAT – Société de la Mobilité de l’Agglomération Toulousaine), au sein d’un dossier concernant un dépôt de bus Tisséo dans le quartier des Ramassiers. Aujourd’hui elle répond : « Il n’y a pas de conflit d’intérêts dans ce dossier. Je n’y ai pas d’intérêts personnels. D’ailleurs ma position personnelle n’est absolument pas importante dans cette affaire. Ce qui est primordial, c’est la préoccupation des riverains… Et de comprendre comment on en est arrivé là. »



3 COMMENTAIRES SUR Sur le terrain avec… Karine Traval-Michelet

  1. Martine Camus dit :

    Merci pour le lien.

  2. beirao Fernandes dit :

    Karinne traval me parait uns candidate idéal vu les valeurs de Colomiers. Elle a des idées innovantes qui suivent la route.

  3. Pierre dit :

    L’équipe municipale en place a fait des choix qui sont sur dimensionnés (capitany, complexe tennis) et donc non approrié aux besoins de la population au détriment d’autres axes (l’éducation, l’environnement…). Madame MICHELET s’inscrit dans le bilan de cette majorité qui fait du clientélisme et qui impose ses choix (exple: dépot tisséo)!!! Où est la démocratie participative dans ces conditions ?
    Enfin, il est temps également de rompre avec le tout béton mené par uné élue à l’urbanisme et en même temps en charge de l’agenda 21 (quartier ramassiers, garoussal!!!!)

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