Spécial Municipales: Les candidats vous parlent

 

La dernière ligne droite pointe pour tous les candidats à cette élection municipale toulousaine. Pierre Cohen et Jean-Luc Moudenc sont présentés tels les finalistes assurés… Le premier pourrait profiter de la matérialisation de certains de ses gros chantiers tels l’arrivée du tramway en centre-ville ou la réhabilitation du centre-ville. Son entourage paraît d’ailleurs confiant, et parie sur un vote local de la part des Toulousains. En face de lui, Jean-Luc Moudenc croit en ses chances. Il se verrait bien porter par la grogne nationale actuelle anti-gouvernementale et appuie sur ce qu’il considère comme les points faibles du maire sortant : La sécurité et les transports. La troisième voie, celle qui ne veut pas se situer dans un camp politique, est celle qui est tracée par le sénateur Jean-Pierre Plancade… Entouré de colistiers sans étiquettes politiques, celui qui s’est mis en congés du PRG souhaite contrecarrer les plans de ceux qu’ils qualifient de manière provocatrice les « deux Goliath. » Serge Laroze, à la tête de la liste du Rassemblement Bleu Marine, rêve de second tour. Et peu importe si cela pourrait provoquer une défaite de la droite… A la gauche de Pierre Cohen, plusieurs élus municipaux sèment le trouble. Antoine Maurice et Michèle Bleuse (EELV) ont suivi la logique imposée par leurs militants en lançant leur liste. Pourtant on parle encore de tractations avec l’édile. Wait and see. En revanche, pas de dialogue en vue entre le maire et Jean-Christophe Sellin, disciple local de Jean-Luc Mélenchon. Le divorce est consommé, et le discours anti-austérité du Front de Gauche toulousain est porté haut et fort… Elizabeth Belaubre, adjointe au maire et récemment ralliée à l’écurie de Corinne Lepage, n’a pas été reprise sur la liste Cohen et a décidé de partir en solo avec l’espoir d’attirer l’attention. Au centre, avec ou sans étiquette UDI, Christine de Veyrac continue sa campagne de terrain et perturbe ainsi toujours les règles du jeu. Ces huit-là vont donc passer trois mois à se croiser en permanence. Sourires tendus de rigueur.

 

Thomas Simonian

Pierre Cohen : « Les Toulousains ont conscience que leur ville change »

Pierre Cohen, maire actuel candidat à sa succession, débute cette campagne dans un esprit serein et déterminé. D’ici quelques semaines, il dévoilera son programme aux Toulousains.

Vous avez débuté en décembre votre campagne de terrain, comment le contact avec les Toulousains se passe-t-il ?

Nous sommes allés à leur rencontre avec pour premier objectif de partager notre bilan. Depuis fin septembre, les volontaires de la campagne ont frappé à plus de 30 000 portes. Ces échanges, chaleureux et intéressés, nous ont montré que les Toulousains ont conscience que leur ville change, et dans le bon sens.

Il faudra également convaincre avec des propositions nouvelles. Quels seront les grands axes de votre campagne ?

Le fait urbain est aujourd’hui une réalité. Nous devons répondre à de nouveaux défis, ceux de l’emploi, de la transition énergétique et de la lutte contre les inégalités. Je propose un nouveau pacte aux Toulousains, construit autour d’une confiance retrouvée dans l’action publique. Je crois profondément à la capacité des collectivités territoriales et de l’Etat qui forment la puissance publique, à agir ensemble pour favoriser le rayonnement de notre métropole et la qualité de vie de ses habitants.

Quand comptez-vous révéler l’intégralité de votre liste ? Quelle a été votre volonté dans cette composition ?

Je dévoilerai la composition de mon équipe à la fin du mois de janvier. Ma volonté est de réunir les forces de gauche avec lesquelles je travaille depuis bientôt six ans. Cette équipe sera à l’image de Toulouse, de sa diversité, de ses talents, et de ses quartiers. Elle représentera tous les Toulousains.
Le contexte national n’est pas favorable au Parti socialiste. Craignez-vous un vote sanction à Toulouse ?

Ce gouvernement a fait plus pour Toulouse en moins de deux ans que ne l’avait fait la droite en un quinquennat. C’est grâce à la loi Duflot par exemple que la métropole a pu acquérir les terrains du CEAT qui permettront de réaliser un nouveau quartier à 1 km du centre-ville. Je fais confiance aux Toulousains pour ne pas se tromper d’élection.
Pensez-vous que cette campagne sera respectueuse ?
J’ai la volonté de faire de cette campagne une campagne exemplaire. Je souhaite qu’elle soit un grand moment de démocratie où nous pourrons débattre avec les Toulousains. J’ai demandé à tous ceux qui m’accompagnent de respecter cette exigence.

Propos recueillis par Coralie Bombail

 

CV

1974 : Pierre Cohen s’engage au Parti socialiste.

1989 : Il est élu maire de Ramonville Saint-Agne et occupera cette fonction jusqu’en 2008.

1997 : Pierre Cohen est élu député de la 3e circonscription de Haute-Garonne. Il décide de ne pas se représenter en 2012.

2008 : Il remporte face à Jean-Luc Moudenc, les élections municipales à Toulouse.

2009 : Il devient président de la Communauté urbaine Toulouse Métropole.

 

Jean-Pierre Plancade: « L’expression de notre amour pour les Toulousains »

Le sénateur veut ouvrir et incarner une troisième voie dans ce combat électoral. L’homme provoque donc le duel annoncé entre Pierre Cohen et Jean-Luc Moudenc, et affûte ses flèches en leur direction.

Depuis le lancement de votre campagne puis l’inauguration de votre permanence, comment ressentez-vous l’accueil des Toulousains ?

L’inauguration de notre permanence a été un franc succès avec 250 personnes présentes. Sur le terrain, les Toulousains nous encouragent à persévérer dans cette troisième voie que nous voulons incarner.

Justement quelle est cette troisième voie ?

C’est une nouvelle voie qui souhaite illustrer que Toulouse n’appartient pas à un parti politique. Notre ville ne doit être ni de droite, ni de gauche, elle doit être devant !

Il n’y aura donc pas d’affichage politique de votre liste ?

Clairement non, et nous nous revendiquons sans étiquette. Mes colistiers n’appartiennent pas à des partis politiques… Et c’est un avantage majeur. Ce sont des Toulousains qui veulent apporter leur part à la ville et leur seul intérêt est le bien-être des Toulousains. Mon équipe n’est constituée que d’hommes et de femmes qui veulent faire partager leur expérience aux habitants de cette ville. Ils ne se préoccupent d’ailleurs pas du numéro de la place qu’ils auront sur la liste, et leur opinion politique ne compte pas dans cette aventure au nom de l’intérêt supérieur des Toulousains. Ceci me confère d’ailleurs une grande responsabilité : celle de conduire une liste où chacun est à titre personnel désintéressé.

Vous avez appelé votre liste « Aimer Toulouse ». Cela veut-il signifier que les autres candidats ne l’aiment pas ?

Ils aiment le Capitole, nous, nous aimons les Toulousains ! Observez le combat que mènent les uns et les autres pour défendre leur position sur telle ou telle liste… Chez les autres, c’est la lutte des places. Pour moi, la Politique est un art noble, dans lequel le rapport à l’Autre est primordial. Il faut la pratiquer avec de l’affect. La première qualité d’un homme politique est d’ailleurs de savoir écouter et comprendre l’Autre ; il faut être en empathie avec les citoyens.

Vous ne croyez donc pas au duel annoncé entre Pierre Cohen et Jean-Luc Moudenc ?

Les gens en ont assez de ce bipartisme ambiant. Pierre Cohen fait avancer la ville à la vitesse du tramway, 17 km/h, et Jean-Luc Moudenc nous promet pour après-demain ce qu’il n’a pas fait avant-hier. Il faut avoir la mémoire courte pour croire ce qu’il dit. La preuve : Il manque tellement d’idées, qu’il en vient à utiliser le travail d’un étudiant pour présenter le projet d’une troisième ligne de métro. Vous comprenez bien qu’avec ça, on ne va pas aller loin ! Moudenc, c’est la Restauration, le retour à la monarchie… Il nous propose l’Ancien Régime. J’attends d’ailleurs avec impatience les programmes des deux Goliath.

Quand dévoilerez-vous votre projet ?

Avant toute chose notre envie est que ce projet soit l’expression de notre amour pour les Toulousains. Il sera sans doute dévoilé fin janvier, et une vingtaine de personnes travaillent dessus actuellement. Tous les colistiers ont la possibilité de participer à son élaboration, et la parole circule librement au sein de notre équipe. Nous favorisons la confrontation d’idées sur la base de la sincérité. Sur le fond, notre originalité sera de développer et de mettre en avant quatre grands projets pour Toulouse. Nous ne serons donc pas dans l’exercice traditionnel du catalogue de promesses… Nos propositions vont permettre de redonner du souffle à cette ville, et la faire entrer dans le 22e siècle.

Quelles sont pour vous les priorités des Toulousains ?

Il y a des choses qu’il faut régler rapidement dans cette ville : La sécurité et les déplacements. Il s’agit là d’obligations urgentes !

Propos recueillis par Thomas Simonian

CV express

Mars 1982 : Il devient Conseiller Général  (PS)

Septembre 1998 : Il est élu pour la première fois sénateur

Avril 2001 : Il est élu à la présidence du Syndicat mixte des transports en commun (SMTC). Durant son mandat, il crée la marque Tisséo.

Octobre 2008 : De nouveau élu sénateur, il rejoint alors le PRG

 

 

Jean-Luc Moudenc: « Ce rassemblement est porteur d’une dynamique »

 

Le candidat qui rassemble «la droite républicaine et le centre» propose un nouvel élan pour Toulouse. Il tiendra une réunion publique le jeudi 16 janvier à 19h30, salle Mermoz.

 

Comment avez-vous abordé cette campagne ?

Depuis le début, j’ai voulu que nous soyons les premiers. En tant que challengers, nous devons être le plus à l’initiative. De toutes les formations politiques, la nôtre a été le plus vite prête. Les désignations ont été faites avant tout le monde. Nous avons été les premiers à ouvrir un local de campagne, à présenter une liste complète et là, à tenir une réunion publique qui finalement va ouvrir la campagne. Je tiens à conserver ce dynamisme jusqu’au bout.

 

Comment se déroule-t-elle ?

Très bien car je n’ai jamais quitté le terrain. Depuis février 2009 avec mes équipes, nous avons fait plus de 80 visites de quartiers, et ces trois derniers mois, nous avons couvert en porte-à-porte environ 40% de la ville. L’accueil est plutôt positif. C’est très encourageant d’autant que les bureaux de vote approchés n’étaient pas réputés les plus favorables.

 

Que répondez-vous à la polémique déclenchée par la 3e ligne de métro ?

Je n’ai jamais voulu participer aux polémiques de cours de récréation, ce n’est pas maintenant que je vais commencer. Il est classique de voir des travaux universitaires alimenter la réflexion des élus puis qu’ils soient repris. Un étudiant de l’IEP Toulouse m’a présenté son étude en 2011, je lui ai proposé de travailler avec moi à Toulouse Avenir mais il n’a pas donné suite. J’ajoute que nous ne présentons ni le même tracé ni le même plan de financement et que cette idée de 3e ligne de métro est évoquée par les techniciens de Tisséo depuis des années. L’un de mes colistiers Romuald Pagnucco m’en a parlé aussi. Mais tout cela me paraît positif : plus il y aura de personnes pour la soutenir, mieux ce sera. Si nous pouvons être plusieurs candidats à la porter, j’en serai ravi.

 

Outre les transports, quels sont vos principaux axes de campagne ?

Nous sommes tous d’accord pour que Toulouse devienne une grande métropole européenne mais elle ne peut pas l’être sans projets structurant le territoire, qui préparent l’avenir. D’autre part, il ne sert à rien de se fixer de grandes ambitions si on n’est pas capable d’offrir aux Toulousains de nettes améliorations dans leur vie quotidienne : une ville plus sûre, mieux éclairée, plus propre, où l’on peut mieux circuler, stationner, où l’on est libre de choisir son mode de déplacement. Mais aussi une ville où les élus sont plus proches du terrain, à l’écoute.

 

Si vous êtes élu en mars, quelle sera votre première action ?

Nous mettrons en place une vingtaine de maires de quartiers précisément pour que les Toulousains retrouvent des interlocuteurs faciles à contacter et bien placés pour agir sur les problèmes de la vie quotidienne. Leur suppression a été une grave erreur.

 

Quel bilan faites-vous des années Cohen ?

Nous avons pris du retard en termes de transports en commun – je pense au métro – d’infrastructures routières, avec un périphérique bouché, en termes de grands projets économiques – Aérospace Campus et l’Oncopole font du surplace- sur le plan culturel… Et comme je vous le disais, la vie des Toulousains s’est nettement dégradée depuis 2008, avec une progression de la délinquance, de l’insécurité.

 

Le FN peut-il entraver votre victoire ?

Si le Front National franchit le cap des 10%, il y aura une triangulaire et une large réélection du maire sortant. Par conséquent je mets en garde les Toulousains tentés par ce vote.

 

Sur votre liste, figurent des représentants du MPF et de DLR. Comment conjuguer ces idées avec celles du MoDem et de l’UDI ?

Notre démarche est toulousaine, au service des Toulousains. Nous n’avions pas vu une telle union de la droite républicaine et du centre depuis 2001. Je m’en réjouis car ce rassemblement est porteur d’une dynamique qui dépasse les clivages politiques nationaux. Le fait d’être centré sur les problèmes locaux, permet de converger même si chacun reste lui-même.

 

Pensez-vous que cette campagne sera respectueuse ?

Je l’espère. Présent dans la vie politique depuis un certain nombre d’années, je me suis toujours attaché à respecter mes adversaires sans exception. Je vais à ce combat dans un état d’esprit identique, tout en étant offensif et incisif. Mais je reconnais aussi que les réseaux sociaux ont pris une telle importance qu’il est plus difficile qu’autrefois d’assurer une sorte de discipline de ses propres troupes. Pourtant c’est une nécessité et je m’en fixe l’objectif parce qu’il y a parfois des esprits qui s’échauffent sur le net, beaucoup plus que dans le rapport humain direct.

 

Propos recueillis par Claire Manaud

 

19 juillet 1960 : naissance de Jean-Luc Moudenc dans le quartier Saint-Cyprien

Fin 1977 : début de l’engagement politique au CDS (Centre des Démocrates Sociaux)

A partir de 1987 : entrée au Conseil municipal de Toulouse

1992 : Conseiller régional

1994 : Conseiller général (réélu en 2001)

2002 : Jean-Luc Moudenc rejoint l’UMP

6 mai 2004 : élu maire de Toulouse par le Conseil municipal suite à la démission de Philippe Douste-Blazy

2008 : candidat aux municipales

Décembre 2010 : président de l’UMP31

17 juin 2012 : député de la 3e circonscription

 

 

 

Christine de Veyrac: « Nous serons la surprise des élections »

 

Candidate investie par l’UDI, Christine de Veyrac s’est pourtant lancée dans la course au Capitole, « sans étiquette ». En campagne depuis février dernier, elle s’est donné pour mot d’ordre ambition et proximité.

 

Vous êtes la première candidate à vous être déclarée à ces municipales, était-ce un choix calculé ?

Non, ce n’était pas stratégique ! Je l’ai fait à la suite d’une visite de Jean-Louis Borloo à Toulouse. Mais finalement, ce n’est pas tant la durée de la campagne qui est importante mais plutôt la manière dont on la mène, ce que l’on propose aux citoyens. Je dirais même plus, je suis en réalité présente sur le terrain depuis deux ans, depuis les dernières cantonales, et j’ai compris que les Toulousains souhaitaient une autre gestion de la mairie, par des gens différents et c’est bien cela qui m’a conduite à me lancer dans ces municipales. J’ai ressenti un ras-le-bol général, pourtant Toulouse dispose de tous les atouts.

 

De quelle manière avez-vous mené votre campagne ?

L’échange avec les Toulousains est primordial, d’ailleurs notre programme a été élaboré avec eux. Je pars du principe que je n’ai pas la science infuse et j’ai donc besoin d’additionner les idées et les compétences pour avancer. Nous travaillons de la sorte et notre programme ne sera pas fermé. Il sera toujours ouvert à la discussion, évolutif. Pour finir, notre liste sera à l’image de la population toulousaine car je crois que la gestion d’une municipalité est trop importante pour être laissée aux seuls professionnels de la politique.

 

Aujourd’hui, craignez-vous encore que des accords nationaux entre l’UDI et l’UMP vous dépossèdent de l’investiture UDI ?

Ma candidature n’est pas celle d’un parti politique, elle est sans étiquette. L’UDI m’a donné l’investiture, et tant mieux mais si demain elle me la retire, cela ne m’empêchera pas de continuer. Notre liste est constituée de Toulousains qui ont chacun leur sensibilité politique mais qui ne sont pas là à cause ou grâce à cette dernière. Nous faisons un pari ! Toute élection réserve ses surprises et je pense que ce sera nous.

 

Pensez-vous que cette campagne sera respectueuse ?

Avec certains elle l’est, avec d’autres un peu moins. Il est vrai que certains sont adeptes des coups bas mais au lieu de tenter de déstabiliser le voisin, il serait plus constructif de se concentrer sur la campagne. Je pense que ceux qui calomnient, se décrédibilisent tout seuls. Et cela ne m’atteint plus !

Propos recueillis par Séverine Sarrat

 

 

CV :

-          En 1999, Christine de Veyrac est élue eurodéputée, investie dans la commission transport.

-          En 2005, elle est le rapporteur du texte de loi visant à établir une liste noire des compagnies aériennes.

-          Elle est réélue en 2004 puis 2009 député européen du Sud-Ouest.

-          Elle a été Maire adjointe de Toulouse de 2001 à 2008 et membre du bureau de la Communauté d’agglomération du Grand Toulouse.

-          Elle crée, en 2012, l’association Rive Droite Rive Gauche.

 

Serge Laroze « Le désespoir en politique est une sottise absolue »

Serge Laroze est le porte étendard de la vague Bleu Marine à Toulouse. Engagé au Front National depuis 1981, l’aîné des candidats s’engage dans la campagne municipale avec détermination et optimisme.

 

Serge Laroze, vous menez la liste du Front National « Toulouse Bleu Marine » pour les élections municipales de mars, comment faites-vous campagne ?

D’abord je crois que Monsieur Hollande et son équipe font campagne pour nous ! C’est très bien. Léonarda, les roms, le rapport sur l’intégration… Ces affaires nous amènent chaque semaine beaucoup de monde. Ils travaillent beaucoup pour nous ! Nous existons depuis quarante ans et sommes très fidèles à nos analyses, à ce que nous pensons et ce d’autant plus dans la mesure où nous nous apercevons que nous avons raison. Un grand mouvement de Français ouvre les yeux sur la situation réelle de la France et constate que des gens les préviennent depuis un certain nombre d’années. Les Français sont excédés. Et ceux qui ne nous aiment pas, ne peuvent pas arrêter ce mouvement.

Et sur le terrain…

La campagne c’est la presse, la radio, la télévision. Nous aurons la visite de Marine Le Pen le samedi 18 janvier à Toulouse. Nous partagerons la galette des Rois, puis nous tiendrons un meeting au mois de mars. Nous tractons, affichons, avons deux journaux de campagne, et disposons d’un site internet. Je prépare également un mot croisé sur le thème des élections municipales qui sera sur un journal de campagne. Cela a un côté humoristique.

Quelles sont vos idées phares ?

Tout d’abord la sécurité. Je rigole lorsque j’entends Monsieur Cohen et Monsieur Moudenc en parler et dire que c’est leur priorité. Ils ont voté toutes les lois qui nous ont amenés à la situation actuelle. On ne résout pas les problèmes avec les gens qui les ont créés. Suppression de la peine de mort, de la perpétuité, de la cour de sûreté de l’Etat, de l’inculpation, de la légitime défense car les personnes qui se défendent se retrouvent au trou… Ce qui faisait la défense des honnêtes gens a été défait, cassé. Les gens se serrent la ceinture. Il faut baisser la fiscalité en évitant les dettes supplémentaires. On ne laisse pas de la dette à ses enfants. Nous parlons aussi de l’urbanisation, des commerces de proximité ou encore des logements sociaux, car nous revenons aux années soixante en pire. On déverse des millions dans les quartiers dits sensibles alors qu’en ville, dès que l’on sort des grandes artères, il y a des immeubles qui tombent en ruine.

Mais parlons également de la circulation à Toulouse, du choix du tout piéton et de la haine pour l’automobiliste de Monsieur Cohen. La politique du tramway est catastrophique, il abîme les allées Jules Guesde qui étaient jolies et qui permettaient de garer des voitures. A ce propos, je suis favorable à une troisième ligne de métro. Il y a aussi des choses à faire pour la culture. Je trouve qu’une culture d’Etat, c’est un peu soviétique ! Nous pouvons aussi faire plus pour le rayonnement de la ville. Nous présenterons bientôt un projet aux Toulousains, une charte en dix points et pour les grands projets, nous ferons des référendums.

Si les Toulousains vous élisent maire, quelle sera votre première action ?

On ne peut pas faire de grandes choses tout de suite. Pour commencer, je prendrai connaissance des dossiers même s’ils ne me sont pas inconnus, du personnel municipal, de l’organisation et de la manière dont le tout est structuré. Ensuite je mettrai en place ce que je viens de vous dire… Je ne fais pas de promesses de programme, je les laisse aux Sarkozy et Hollande, j’ai un projet pour Toulouse. Et je m’attacherai surtout à faire en sorte que les toulousains vivent au mieux dans la ville.

Pensez-vous que la campagne sera respectueuse ?

J’espère que cette campagne sera à armes égales, patriote et sincère.

Propos recueillis par MA Espa

 

Mini CV

Serge Laroze est ingénieur aéronautique de formation. Il a été professeur à Sup’Aéro Toulouse de 1968 à 2004. Il exerce actuellement en tant qu’ingénieur conseil dans un cabinet privé. Il adhère au Front National en 1981 dont il est membre du Comité Central et du Conseil Scientifique. Il fut également Conseiller régional de Midi-Pyrénées de 1992 à 2010. En 33 ans d’engagement politique, il a soumis vingt-huit fois sa candidature au suffrage universel.

 

 

 

Jean-Christophe Sellin « Les multinationales sont en train de faire main basse sur la ville »

Vous contestez les politiques d’austérité au niveau national, mais en quoi est-ce un enjeu local ?

Les politiques européennes et nationales ont toujours des conséquences locales. D’ailleurs les préambules à tous les budgets présentés à Toulouse en conseils municipal et communautaire sont le Pacte européen budgétaire et le Pacte de confiance et de responsabilité de réductions des dépenses publiques. Aujourd’hui  la réalité est que l’Europe et l’Etat expliquent aux collectivités locales qu’elles doivent réduire leurs dépenses, donc leurs marges de manœuvre pour les politiques publiques. Il n’y a donc plus de souveraineté budgétaire ! Etrange au moment où l’on vient de fêter le 825e anniversaire de la déclaration des libertés communales à Toulouse… Nous nous opposons fortement à cette logique.

Quelle est votre position sur la création des métropoles ?

Nous sommes farouchement contre la logique de métropole qui entre dans le schéma directeur de l’Europe libérale. La construction libérale de l’Europe a clairement les Etats et les souverainetés populaires en ligne de mire. Le but est de mettre en concurrence les territoires au sein même de notre pays à l’aide de plusieurs outils. Parmi eux, il y a donc le fait urbain qui sera organisé autour de la métropole, et le fait rural qui sera pris en charge par la Région. La réforme engagée des collectivités locales n’en est que la triste illustration. On prend ainsi en sandwich les démocraties communales et les Conseils généraux. Ceci n’est absolument pas une vue de l’esprit puisque les exemples de la métropole lyonnaise qui a fusionné avec le Conseil général, et du Grand Paris, montrent bien la direction engagée par le gouvernement. Ils sont des phénomènes de laboratoire.

N’êtes-vous pas un brin provocateur sur la question de la municipalisation de l’eau, et sur celle des régies plus globalement ?

Véolia dehors ! Basta ! Oui la ville doit pouvoir être maître de son eau, de son assainissement et de ses déchets. Mais il en est de même dans d’autres secteurs pour Vinci ou Decaux… Les multinationales sont en train de faire main basse sur la ville. Or quand on est vraiment de gauche, on se bat pour que la puissance publique reprenne la main, et que le marché ait le moins de place possible.

Quel est le principal reproche que vous faites à Pierre Cohen ?

Que son bilan ne soit pas à la hauteur des besoins sociaux, humains, écologiques et démocratiques de cette ville. Je ne jette pas tout dans son bilan : il y a des éléments positifs tels la rénovation des écoles, la réhabilitation de l’hyper-centre, la politique culturelle… Je ne suis donc pas dans la critique à outrance dans laquelle certains voudraient m’enfermer, et je m’oppose avant tout sur les choix budgétaires. Je suis un adversaire qui base son jugement sur des faits et une analyse.

Etes-vous dans une posture ?

Certainement pas. Nous sommes simplement avec mon équipe dans un positionnement politique.

Négociez-vous avec Pierre Cohen ?

Nous ne sommes pas dans ça, mais bien dans l’affirmation de notre programme. Ce qui nous guide, ce ne sont certainement pas d’hypothétiques négociations avec Pierre Cohen. On ne se présente pas pour ça ! Sinon nous aurions négocié avant. Un rapport de force se crée avant tout sur des positions politiques et alternatives.

Pensez-vous que la campagne sera respectueuse ?

Je ne pense pas que notre liste ait mordu le trait jusqu’à présent. La campagne peut être dure sans être violente, non ?

Propos recueillis par Thomas Simonian

Cv EXPRESS

1980-1992 : Il est militant de la 4e internationale

1996-2008 : Actif au sein de la gauche du PS auprès de Jean-Luc Mélenchon

2008 : Il est membre fondateur du Parti de Gauche aux côtés de son mentor

Juin 2008 : Le Parti de Gauche 31 annonce une liste autonome aux municipales

 

Antoine Maurice : « Je veux mener une campagne accessible à tous »

Antoine Maurice représente, avec son binôme Michèle Bleuse, Europe Ecologie – Les Verts aux prochaines élections municipales. Il mène la liste Toulouse Vert Demain, avec un calendrier chargé d’ici mars 2014.

 

Comment se passe le début de votre campagne de terrain ?

La campagne de terrain a débuté dès notre désignation en septembre dernier. Nous avons interviewé les Toulousains pour savoir comment est la ville de leur rêve. Ce qui a beaucoup alimenté notre projet. Puis nous avons commencé à tracter sur les marchés afin de présenter notre binôme et les premières grandes idées. Je pense qu’il y a une sympathie des gens pour les écologistes. Ils apprécient notre audace et notre courage d’avoir su proposer une voie alternative, une autre manière de faire de la politique.

Quelles sont les prochaines grandes étapes de votre campagne ?

Le 22 janvier, nous présenterons notre projet, puis nous dévoilerons la liste début février. Dès ce jeudi, on organise des « apéros écolos », tous les 15 jours (le premier a lieu ce soir au café des Folles saisons) dans différents quartiers de la ville. On prévoit également des « apéros débats » une à deux fois par mois, et des projections débats à l’Utopia. Ces rendez-vous visent à toucher tous les publics. Nous n’aurons pas de local, car il fallu faire des choix d’ordre financier, mais également parce que l’on considère que c’est à nous d’aller vers les Toulousains et pas l’inverse.

Quelle sera la composition de votre liste ?

Notre liste sera à l’image des Toulousains. Elle représentera la diversité des générations, des catégories socioprofessionnelles, des quartiers… Elle sera surtout un signal du renouvellement politique. Pour l’instant, nous partons avec le Parti pirate et Bastir ! (occitan, ndlr), mais peut-être que d’autres nous rejoindront demain. Nous restons ouverts à la discussion. Avec le Parti de Gauche, le rassemblement semble compliqué, en revanche, nous discutons toujours avec des composantes du Front de Gauche. Un mouvement issu d’une « dynamique de quartiers citoyens » pourrait également intégrer nos rangs.

Dans votre programme, pouvez-vous nous citer vos grandes priorités ?

L’emploi est la première préoccupation et les collectivités ont un rôle à jouer dans ce domaine. Il faut engager la diversification de notre économie, aujourd’hui dépendante du secteur aéronautique. La réhabilitation énergétique des logements sera une manière de créer des emplois. Il faudra également accorder davantage de financement à l’économie sociale et solidaire, qui représente aujourd’hui 12% des emplois. Une de nos priorités budgétaires sera les transports avec un « plan Marshall » des transports en commun. On a trente ans de retard en la matière, ce mandat a permis des avancées mais il faut des ambitions plus fortes. Enfin, nous avons une autre vision de la démocratie locale à proposer : le partage des responsabilités entre les élus, davantage de coopération, et non la compétition, entre les collectivités territoriales, mais aussi l’association des citoyens aux décisions pour dépasser la simple consultation.

La première chose que vous ferez si vous êtes élu…

Je changerai la manière dont est disposé le conseil municipal : le maire et les adjoints en hauteur et les conseillers délégués qui entourent l’opposition, comme si elle était dans une fosse aux lions. Ce n’est pas un bon agencement pour le débat démocratique. Il faudra pour cela sûrement changer de lieu. La salle est belle, mais elle n’est plus adaptée.

Pensez-vous que la campagne sera respectueuse ?

C’est ce que je souhaite, une campagne qui débatte du fond et qui ne tourne pas à l’affrontement stérile ou aux attaques personnelles. Je ne suis pas un adepte des petites phrases et d’ailleurs je ne sais pas les faire !

 

CV

En 1999, Antoine Maurice, 18 ans, s’engage chez les Verts.

En 2003, il obtient une maîtrise en droit social, et l’année suivante, un DESS en gestion du personnel. Pendant trois ans, il exerce en tant qu’assistant en ressources humaines, puis comme juriste en droit social. En 2008, il se présente aux élections municipales. Il devient conseiller délégué à l’éducation et à l’environnement au conseil municipal. Il est également vice-président de la communauté urbaine de Toulouse Métropole.

 

Propos recueillis par Coralie Bombail

Elisabeth Belaubre  « Mon objectif : être dans l’exécutif au prochain mandat»

Elisabeth Belaubre est à ce jour la 8e candidate aux municipales. Elle mènera la liste du rassemblement citoyen, le mouvement de Corinne Lepage et promet une campagne de terrain très active.

Vous vous êtes déclarée candidate tard, pourquoi ?

C’est vrai, mais j’ai été potentielle candidate très tôt ! En fait, je n’ai jamais exclu de faire une campagne avec Pierre Cohen dès le premier tour. Or, je n’ai pas eu de réponse positive et le 20 décembre était ma date butoir. Cela nous a convaincus qu’on n’avait plus de temps à perdre et qu’il fallait démarrer une campagne de terrain très active.

Que vous évoque ce refus ?

(Rires) un silence en retour ! Cela m’a beaucoup surprise et ça reste un regret. J’ai sûrement été trop exigeante, mais je ne pouvais pas faire atteinte à mes convictions. Une campagne franche où on reconnait la pluralité aurait été bien, c’est dommage.

Rejoindre EELV était inenvisageable ?

Complètement. En tant qu’écologiste, j’ai toujours les mêmes désaccords profonds avec EELV et je ne regrette absolument pas de m’être démarquée. Ils sont beaucoup trop attentistes.

Quels sont vos atouts dans cette courses aux municipales ?

Mon expérience aux côtés de Pierre Cohen, qui m’a permis d’aller à la pêche aux bonnes pratiques. Je démarre sur six années de travail. Je sais d’où on vient et jusqu’où on peut aller. Face à EELV, j’ai le mérite de vouloir agir de suite, sans attendre demain pour des projets concrets.

Quelles sont les priorités de votre programme ?

Retrouver les circuits courts et les petits commerces de quartiers, une restauration scolaire de qualité, avec des produits frais, bio et locaux. Créer la première école de maraîchage biologique municipale. Côté transports, arrêter de voir trop grand car une troisième ligne de métro accaparerait tout le budget sans rien changer concrètement. Il faut rendre les transports en commun assez confortables et économiques pour que les Toulousains choisissent d’eux-mêmes de laisser leur voiture. Quant à la sécurité, c’est un problème crucial qu’il faut prendre à la racine en rassurant les Toulousains par une présence humaine et de terrain et en reliant éducation et culture.

Quel est votre objectif pour ces élections ?

Etre dans l’exécutif au prochain mandat.

Pensez-vous que cette campagne sera respectueuse ?

Oui. C’est obligé. Ce serait un manque de respect vis-à-vis des Toulousains que de passer son temps à se critiquer les uns les autres alors que la campagne électorale est le second volet de la démocratie représentative. Donc il faut respecter ce droit des Toulousains d’avoir un bilan objectif vrai de ce qui a marché ou non.

Propos recueillis par Aurélie Renne

CV

Profession : professeur des lycées en biotechnologies

Actuellement adjointe à l’environnement, la santé et la restauration

2001 : conseillère municipale à Pau

2008 : élue tête de liste des Verts

2012 : quitte EELV

 

  

 

 



UN COMMENTAIRE SUR Spécial Municipales: Les candidats vous parlent

  1. Gold31 dit :

    Coup de gueule de Gold31 à l’attention de nos huit candidats

    Il est assez hallucinant de constater que pas un seul des 8 candidats qui se sont exprimés ici, n’a évoqué l’unique grand projet qui vaille pour les toulousains, à savoir : ” l’amélioration de leur droit de Cité”. (au sens romain du terme).

    Par droit de Cité, entendez : le droit pour nos petits retraités à pouvoir continuer de vivre en ville malgré une retraite à 400 € par mois pour certains…

    Par droit de Cité, entendez : le droit des malades atteints de la maladie d’Alzheimer à pouvoir bénéficier d’une prise en charge à 100% par la ville (au lieu d’être à la charge de leurs enfants à 2200 € par mois pour un placement en maison spécialisée)….

    Par droit de cité, entendez: améliorer le quotidien de nos étudiants, et notamment celui de ceux qui n’ont pas papa et maman pour payer leur loyer…et leurs frais de bouche.

    Tout cela vaut toutes les 3èmes lignes de Métro, et toutes les lignes TGV qu’on peut imaginer! (mais penser qu’il aura fallu 6 années de réflexion à tous nos candidats pour ne penser qu’aux transports, est carrément affligeant).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Le temps imparti est dépassé. Merci de saisir de nouveau le CAPTCHA.