Sacha Briand: « Inscrivons-nous dans un esprit de reconquête »

Le conseiller régional UMP était resté silencieux depuis l’élection interne de l’UMP, qui s’est conclue par le fiasco que tout le monde connaît. Lui était pro-Fillon. Aujourd’hui il a également tourné la page de l’élection législative perdue face à Catherine Lemorton (sur la première circonscription) pour commenter le raté de Martin Malvy sur le dossier TLT, et pour envisager l’avenir avec l’échéance municipale. Mais lui qui est le leader de l’opposition blagnacaise, envisage-t-il son avenir politique face à Bernard Keller… Ou sur Toulouse ? Nous lui avons posé toutes les questions.

Vous étiez un soutien à François Fillon lors de ce scrutin pour la présidence de votre parti. La sortie de crise, avec un nouveau vote au mois de septembre, vous convient-elle ?

De toute façon, il fallait en sortir. Toute solution, pourvu qu’elle soit acceptée par tout le monde, est une bonne solution. Ce qui compte aujourd’hui, c’est que l’on puisse tourner la page, et que l’on s’inscrive dans un esprit de reconquête…

Fillon et Copé doivent-ils à nouveau être candidats en septembre ?

Il appartient aux deux protagonistes de se prononcer, mais je pense qu’un grand nombre d’adhérents espère une troisième personne. Nous n’accepterons pas une réédition de cette opposition.

Le débat parlementaire sur la question du mariage pour tous est entamé. Votre opinion sur ce dossier ?

J’ai décidé de ne pas prendre position officiellement sur ce sujet même si je suis extrêmement critique à l’égard de François Hollande, qui au moment où il connaît des difficultés importantes sur le terrain économique et social, a choisi de lancer un débat de crispation pour la société française.

Et sur le fond ?

Je ne suis pas opposé sur le principe de reconnaître l’union homosexuelle, mais derrière le mariage, il y a la question de l’adoption et potentiellement de la GPA (gestation pour autrui) ou de la PMA (procréation médicalement assistée) ; autant de débats complexes à traiter. Je peux d’ailleurs facilement démontrer que ce serait une folie d’autoriser l’adoption par des couples homosexuels si l’on souhaite qu’elle soit réellement possible. Je suis convaincu que nous aurions pu, sur la base d’un débat avec l’ensemble des protagonistes, aboutir à un texte consensuel.

A la région, l’actualité c’est l’avis négatif rendu par la commission de déontologie de la fonction publique territoriale, en ce qui concerne le projet de nomination du directeur de cabinet de Martin Malvy à la tête de TLT. Cela semble être une non-surprise pour vous…

En effet ce n’est pas une surprise car tout laissait à penser que Mr Philippe Joaquim avait eu à prendre connaissance directement des dossiers relatifs à l’avenir de TLT, de par sa fonction, et de par son passé professionnel notamment à Arte. Il n’était donc pas possible qu’il puisse exercer des fonctions au sein de cette télévision, pour laquelle la région vient d’allouer une somme extrêmement importante. J’ai par ailleurs entendu le président Malvy dire qu’il n’avait pas été au courant de toute cette affaire… Il faut arrêter de prendre les gens pour des idiots ! S’il n’était pas au courant, cela poserait un problème de compétences et de présence de sa part. Soyons sérieux, il était forcément au courant… Il se désengage aujourd’hui de manière assez peu élégante vis-à-vis de son plus proche collaborateur.

« La greffe Cohen n’a pas pris »

Parlons des Municipales. Comment jugez-vous le bras de fer que se livrent actuellement Jean-Luc Moudenc et Christine de Veyrac pour la tête de liste d’opposition à Toulouse ?

Nous avons une véritable opportunité de reprendre la ville de Toulouse. J’ai le sentiment que la greffe Cohen n’a pas pris. Objectivement Toulouse vient de vivre cinq années presque blanches. Cependant, pour gagner cette élection, nous avons le devoir d’être unis. C’est la condition indispensable. A partir du moment où pour tout le monde la liste unique sera une évidence, il sera alors temps, pour l’ensemble des forces politiques concernés et des membres de la société civile intéressés, de se rassembler pour réfléchir à celui ou celle qui est le mieux à même de conduire cette liste unique. Ce qui est certain, c’est que les décisions qui seront prises à Paris, comme celles qui seront prises en local, tendent toutes vers la composition d’une liste unique.

Et vous ? Irez-vous sur la liste toulousaine ou mènerez-vous un nouveau combat sur Blagnac ?

Il est encore un peu tôt pour se positionner. Je prendrai ma décision dans les prochaines semaines. Je vais analyser là où je pourrai être le plus utile et le plus efficace… Une grande partie de ma vie professionnelle et personnelle est sur Toulouse, donc je m’interroge, et les choses sont ouvertes.

Propos recueillis par Thomas Simonian



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